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1964, une école catholique dans le Bronx.Le père Flynn, un prêtre de la paroisse est soupçonné d’avoir fait des attouchements sur un garçon de douze ans.Soeur Aloysius, directrice de l’école, à de sérieux doutes sur la moralité du prêtre mais n’arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi. Quand soeur James, une soeur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l’école, soeur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre.


Quand on voit la pochette du film, on se dit «oulala, ça se passe chez les cathos, ça va être long » Eh bien pas tant que ça finalement, quand y regarde de plus près, le contexte religieux, on l’oublie bien vite. Et pour cause, on ne nous bassine pas à coup de cantiques (même si c’est un peu présent quand même, mais il faut bien planter un décors et dessiner des personnages !) En effet, nous sommes plongés dans le sujet, ô combien glauque, dès les premières minutes : on voit les yeux apeurés de la none, le visage antipathique de la directrice et le sourire louche du prêtre donc on appuie immédiatement sur le bouton «suspens» et on attend en retenant sa respiration. Oui, on attends. Mais il ne s’agit pas là d’une attente passive, bien au contraire puisque le duo Meryl Strepp - Philippe Seymour Hoffman nous offre une confrontation si forte et si intense que nous, spectateurs, on reste quand même un peu sur le cul (si,si, faut se l’avouer, ils sont très bon tout les deux). Par ailleurs, même si le sujet n’est pas drôle drôle, Meryl Streep (alias Soeur Aoysius pour ceux qui n’ont pas suivi) nous offre quelques touches délicates d’humour, non pas cabotine mais voulant plutôt dire «On souffle un peu, ça va bien se passer, oubliez pas que nous sommes dans un collège, qu’il y à donc plein d’enfants et que les règles de la bienséance font que ça ne va pas se finir en orgie pédophile.» 
Assurément, le huis clos de la pièce est restitué, le jeu théâtral est omniprésent pour le plus grand plaisir des amateurs de théâtre (ce qui, a contrario, peut légèrement chagriner les cinéphiles qui s’attendaient à voir du cinéma et non pas du théâtre filmé) Mais sous le jeu compact des comédiens (y compris pour la naïve Amy Adams) se cache une strate importante du mécanisme humain : la capacité que nous avons à nous créer des convictions, des certitudes, et, si nous allons plus loin, car ce n’est pas tout à fait anodin si la brochette de personnage est dévouée à Dieu, des croyances que nous sommes capables de nous imposer. Au final, c’est un peu dans un essai pseudo catholico-philosophique sur la notion de doute, qui est ici traitée en filigrane, comme  une lame de fond qui parcours le coeur de chacun des personnages et teinte les regards d’une puissance d’esprit assez impressionnante, que nous sommes plongés dans les rouages de la suspicion. 
Bon, certes, quand on y repense au moment du générique, le prête, il avait un peu un tête de violeur d’enfants, avec sa bonhommie, son charisme et son anticonformisme. C’était quand même le portrait type d’un monsieur pas clair qui fait dire aux parents «Regarde le monsieur, fiston, lui, tu t’en approche pas, même s’il à une jolie camionnette» 
Pour finir, nous retiendrons de ce film que le dénouement, ici caractérisé par le procédé de «chute» monumentale est renforcé par l’excellence de Meryl Streep qui nous montre que, dans la vie, tout n’est pas noir.  Même si, au final, le plus triste dans l’affaire, c’est quand l’enfant se rend compte qu’il n’y à PAS de bonbons au fond de la camionnette. 

1964, une école catholique dans le Bronx.
Le père Flynn, un prêtre de la paroisse est soupçonné d’avoir fait des attouchements sur un garçon de douze ans.
Soeur Aloysius, directrice de l’école, à de sérieux doutes sur la moralité du prêtre mais n’arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi. Quand soeur James, une soeur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l’école, soeur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre.


Quand on voit la pochette du film, on se dit «oulala, ça se passe chez les cathos, ça va être long » Eh bien pas tant que ça finalement, quand y regarde de plus près, le contexte religieux, on l’oublie bien vite. Et pour cause, on ne nous bassine pas à coup de cantiques (même si c’est un peu présent quand même, mais il faut bien planter un décors et dessiner des personnages !) En effet, nous sommes plongés dans le sujet, ô combien glauque, dès les premières minutes : on voit les yeux apeurés de la none, le visage antipathique de la directrice et le sourire louche du prêtre donc on appuie immédiatement sur le bouton «suspens» et on attend en retenant sa respiration. Oui, on attends. Mais il ne s’agit pas là d’une attente passive, bien au contraire puisque le duo Meryl Strepp - Philippe Seymour Hoffman nous offre une confrontation si forte et si intense que nous, spectateurs, on reste quand même un peu sur le cul (si,si, faut se l’avouer, ils sont très bon tout les deux). Par ailleurs, même si le sujet n’est pas drôle drôle, Meryl Streep (alias Soeur Aoysius pour ceux qui n’ont pas suivi) nous offre quelques touches délicates d’humour, non pas cabotine mais voulant plutôt dire «On souffle un peu, ça va bien se passer, oubliez pas que nous sommes dans un collège, qu’il y à donc plein d’enfants et que les règles de la bienséance font que ça ne va pas se finir en orgie pédophile.» 

Assurément, le huis clos de la pièce est restitué, le jeu théâtral est omniprésent pour le plus grand plaisir des amateurs de théâtre (ce qui, a contrario, peut légèrement chagriner les cinéphiles qui s’attendaient à voir du cinéma et non pas du théâtre filmé) Mais sous le jeu compact des comédiens (y compris pour la naïve Amy Adams) se cache une strate importante du mécanisme humain : la capacité que nous avons à nous créer des convictions, des certitudes, et, si nous allons plus loin, car ce n’est pas tout à fait anodin si la brochette de personnage est dévouée à Dieu, des croyances que nous sommes capables de nous imposer. Au final, c’est un peu dans un essai pseudo catholico-philosophique sur la notion de doute, qui est ici traitée en filigrane, comme  une lame de fond qui parcours le coeur de chacun des personnages et teinte les regards d’une puissance d’esprit assez impressionnante, que nous sommes plongés dans les rouages de la suspicion. 

Bon, certes, quand on y repense au moment du générique, le prête, il avait un peu un tête de violeur d’enfants, avec sa bonhommie, son charisme et son anticonformisme. C’était quand même le portrait type d’un monsieur pas clair qui fait dire aux parents «Regarde le monsieur, fiston, lui, tu t’en approche pas, même s’il à une jolie camionnette» 

Pour finir, nous retiendrons de ce film que le dénouement, ici caractérisé par le procédé de «chute» monumentale est renforcé par l’excellence de Meryl Streep qui nous montre que, dans la vie, tout n’est pas noir.  Même si, au final, le plus triste dans l’affaire, c’est quand l’enfant se rend compte qu’il n’y à PAS de bonbons au fond de la camionnette. 


L’école Claude Mathieu, (art et techniques de l’acteur), école de formation d’acteurs a été fondée en 1990 par son actuel directeur. Basée sur l’authenticité de l’apprentissage et de  l’artisanat cet établissement, composé d’une équipe d’une quinzaine de professeurs, offre un large choix de disciplines (entre autres : clown, masque, acting in English, interprétations diverses - classique, moderne - travail vocal, corporel et improvisation) durant un cursus de trois ans. C’est rue l’Olive (XVIIIème arrondissement) au fond d’une cour intérieure que Claude Mathieu, ancien assistant de René Simon, ex co-directeur du Studio 34, clame à chaque nouvelle promotion son amour pour le théâtre. Dans le cocon de son bureau, nous avons évoqué son parcours :

1 - Quel était votre rêve d’enfant ? 
Tout petit je m’échappais dans le rêve, je jouais des comédies écrites par l’un de mes frères avec, pour seul public, ma famille. Tous mes jeux avec mes camarades étaient basés sur des situations, des personnages à inventer. 
2 - Quels sont vos premiers contacts avec le théâtre ?
J’ai débuté au Conservatoire de Dijon à 16 ans : ma première expérience fut Poil de carottede Jules Renard ; j’ai eu la chance d’interpréter ce premier rôle grâce à mon jeune âge. Ça à été le coup de foudre. J’ai eu immédiatement la passion de l’échange avec mes partenaires et avec le public. Puis est venu Le Paquebot Tenacity de Charles Vilbrac dont la création avait été réalisée par Jacques Copeau au Vieux-Colombier ; un élève du Conservatoire à voulu monter cette pièce par filiation à Jacques Copeau qui nous avait accordé son patronage mais n’a pas pu  assister à une représentation car il était déjà très malade. Ce fut donc un hommage. C’est là que j’ai découvert la notion d’héritage par rapport à ce père du théâtre contemporain et cette notion d’échange, primordiale au théâtre. 
3 - Comment travailliez vous vos personnages ?
 Je n’avais pas de méthode particulière, je travaillais à l’instinct. N’ayant pas une mémoire visuelle mais auditive, je lisais deux ou trois fois mon texte puis le répétais avec des tiers. 
Pédagogue, j’ai beaucoup évolué : le travail change en fonction des êtres, des acteurs, des personnages. Hier, avec René Simon, nous travaillions surtout sur l’instinct, le viscéral ; aujourd’hui, nous ajoutons à cet élément capital un gros travail sur le corps, l’espace, la compréhension inlassable, profonde, du texte. Très exigeant, je n’ai pas perdu ce goût du perfectionnisme qui me préoccupait tant à mes débuts.
4 - Quel a été le déclic précis pour fonder l’école Claude Mathieu ? 
J’étais, à l’époque, co-directeur, avec Philippe Brigaud, de l’ex Studio 34, sous l’égide d’un gérant qui ne nous laissait pas évoluer comme bon nous semblait. Je sentais que la structure du Studio 34 était un frein, à la fois artistique, éthique et matériel, qu’il me fallait briser ; mais, avant le Studio, je manquais de confiance en moi ; il m’a fallu du temps pour vaincre une excessive modestie et prendre la décision de me rapprocher de mon rêve d’école.  5 - Comment caractériseriez-vous votre entourage, c’est-à-dire, vos professeurs et vos élèves ?  
Ce qui domine, je crois, c’est l’authenticité, la vérité humaine. Pour les professeurs, je sais que je peux compter sur leurs compétences, leur dévouement, et leur diversité ; ils ont un point commun : ils croient à l’artisanat de ce métier et de son apprentissage. Aux apprentis comédiens, je demande sincérité, goût du travail, esprit de groupe et absence de cabotinage.  6 - À quoi reconnait-on les élèves de Claude Mathieu après votre formation ? 
On dit souvent qu’un professeur marque ces élèves, ne serait-ce que par mimétisme. Or il y à actuellement dans l’école seize professeurs, tous différents … Alors ?! Cependant, on peut reconnaître les jeunes comédiens formés rue l’Olive à leur bonne technique, leur absence de prétention, et une certaine façon de travailler. 7 - Que diriez-vous à ceux qui ne passeront pas par votre école ? 
Je leur dis : Il faut réussir sa vie ; la réussir à ses yeux ; pouvoir se dire : «C’est ça que j’ai voulu faire !» il faut rester au plus près de son désir intime, au plus près de son rêve, toujours essayer de garder son cap. Il ne faut jamais tomber dans l’amertume ; il n’y à rien de plus triste que l’amertume. 8 - Quel est votre moteur pour avancer ? 
La passion, l’intérêt pour les autres, l’amour de la VIE ! 9 - Quels sont vos auteurs de prédilection ? 
D’abord Racine, parce que c’est l’art pur : splendeur de la forme, éternité du fond ; Jules Renard, un homme de grande souffrance et de grande intelligence qui possédait une étonnante concision du verbe ; mais tant d’autres : Claudel (la lutte entre la chair et l’esprit) , Molière, Koltès, Lagarce … 
10 - Et le mot de la fin ? 
Ce mot de mon cher René Simon : «Le talent est très utile au théâtre, et le travail tout de suite après. Car le travail sans le talent, ce n’est rien, mais le talent sans travail, ce n’est pas grand chose.» 

L’école Claude Mathieu, (art et techniques de l’acteur), école de formation d’acteurs a été fondée en 1990 par son actuel directeur. Basée sur l’authenticité de l’apprentissage et de  l’artisanat cet établissement, composé d’une équipe d’une quinzaine de professeurs, offre un large choix de disciplines (entre autres : clown, masque, acting in English, interprétations diverses - classique, moderne - travail vocal, corporel et improvisation) durant un cursus de trois ans. C’est rue l’Olive (XVIIIème arrondissement) au fond d’une cour intérieure que Claude Mathieu, ancien assistant de René Simon, ex co-directeur du Studio 34, clame à chaque nouvelle promotion son amour pour le théâtre. Dans le cocon de son bureau, nous avons évoqué son parcours :

1 - Quel était votre rêve d’enfant ? 

Tout petit je m’échappais dans le rêve, je jouais des comédies écrites par l’un de mes frères avec, pour seul public, ma famille. Tous mes jeux avec mes camarades étaient basés sur des situations, des personnages à inventer. 


2 - Quels sont vos premiers contacts avec le théâtre ?

J’ai débuté au Conservatoire de Dijon à 16 ans : ma première expérience fut Poil de carottede Jules Renard ; j’ai eu la chance d’interpréter ce premier rôle grâce à mon jeune âge. Ça à été le coup de foudre. J’ai eu immédiatement la passion de l’échange avec mes partenaires et avec le public. Puis est venu Le Paquebot Tenacity de Charles Vilbrac dont la création avait été réalisée par Jacques Copeau au Vieux-Colombier ; un élève du Conservatoire à voulu monter cette pièce par filiation à Jacques Copeau qui nous avait accordé son patronage mais n’a pas pu  assister à une représentation car il était déjà très malade. Ce fut donc un hommage. C’est là que j’ai découvert la notion d’héritage par rapport à ce père du théâtre contemporain et cette notion d’échange, primordiale au théâtre. 


3 - Comment travailliez vous vos personnages ?

Je n’avais pas de méthode particulière, je travaillais à l’instinct. N’ayant pas une mémoire visuelle mais auditive, je lisais deux ou trois fois mon texte puis le répétais avec des tiers. 

Pédagogue, j’ai beaucoup évolué : le travail change en fonction des êtres, des acteurs, des personnages. Hier, avec René Simon, nous travaillions surtout sur l’instinct, le viscéral ; aujourd’hui, nous ajoutons à cet élément capital un gros travail sur le corps, l’espace, la compréhension inlassable, profonde, du texte. Très exigeant, je n’ai pas perdu ce goût du perfectionnisme qui me préoccupait tant à mes débuts.


4 - Quel a été le déclic précis pour fonder l’école Claude Mathieu ? 

J’étais, à l’époque, co-directeur, avec Philippe Brigaud, de l’ex Studio 34, sous l’égide d’un gérant qui ne nous laissait pas évoluer comme bon nous semblait. Je sentais que la structure du Studio 34 était un frein, à la fois artistique, éthique et matériel, qu’il me fallait briser ; mais, avant le Studio, je manquais de confiance en moi ; il m’a fallu du temps pour vaincre une excessive modestie et prendre la décision de me rapprocher de mon rêve d’école.  

5 - Comment caractériseriez-vous votre entourage, c’est-à-dire, vos professeurs et vos élèves ?  

Ce qui domine, je crois, c’est l’authenticité, la vérité humaine. Pour les professeurs, je sais que je peux compter sur leurs compétences, leur dévouement, et leur diversité ; ils ont un point commun : ils croient à l’artisanat de ce métier et de son apprentissage.
Aux apprentis comédiens, je demande sincérité, goût du travail, esprit de groupe et absence de cabotinage.  


6 - À quoi reconnait-on les élèves de Claude Mathieu après votre formation ? 

On dit souvent qu’un professeur marque ces élèves, ne serait-ce que par mimétisme. Or il y à actuellement dans l’école seize professeurs, tous différents … Alors ?! Cependant, on peut reconnaître les jeunes comédiens formés rue l’Olive à leur bonne technique, leur absence de prétention, et une certaine façon de travailler. 


7 - Que diriez-vous à ceux qui ne passeront pas par votre école ? 

Je leur dis : Il faut réussir sa vie ; la réussir à ses yeux ; pouvoir se dire : «C’est ça que j’ai voulu faire !» il faut rester au plus près de son désir intime, au plus près de son rêve, toujours essayer de garder son cap. Il ne faut jamais tomber dans l’amertume ; il n’y à rien de plus triste que l’amertume. 


8 - Quel est votre moteur pour avancer ? 

La passion, l’intérêt pour les autres, l’amour de la VIE ! 


9 - Quels sont vos auteurs de prédilection ? 

D’abord Racine, parce que c’est l’art pur : splendeur de la forme, éternité du fond ; Jules Renard, un homme de grande souffrance et de grande intelligence qui possédait une étonnante concision du verbe ; mais tant d’autres : Claudel (la lutte entre la chair et l’esprit) , Molière, Koltès, Lagarce … 


10 - Et le mot de la fin ? 

Ce mot de mon cher René Simon : «Le talent est très utile au théâtre, et le travail tout de suite après. Car le travail sans le talent, ce n’est rien, mais le talent sans travail, ce n’est pas grand chose.» 


Ainsi donc Diane Kruger enfile la robe de Marie Antoinette et illustre la délicieuse rumeur des amours lesbiens de celle qui voulu donner de la brioche aux Français. Dans le décor somptueusement neuf du château de Versailles, la reine de France à l’accent germanique erre en se satisfaisant de quelques menus plaisirs comme celui de l’étude de la mode du siècle ou encore de quelques légères lectures orchestrées par Sidonie Laborde interprétée par Léa Seydoux au visage lisse et quelque peu malsain dans la persistance de ses regards. Nous soulignerons par ailleurs que la préférée de la reine, Mme de Poliniac (Virginie Ledoyen) à été traité comme un personnage « Tais-toi et soit belle », exerçant sa domination sur la reine par ses yeux de biche et son visage d’ange, qui parle peu mais bien et qui reste assez correctement conservée pour que Benoit Jacquôt puisse se permettre un plan séquence nu intégral de la belle endormie. 

Outre le caractère historico-véridique du film traduit part un Louis XVI (Xavier Beauvois) suant la désolation de sa puissance déchue, nous retiendrons la délicate présence de Noémie Lvovsky qui use à outrance de son penchant pour les films d’époque dans lesquels elle excelle et interprète exclusivement des femmes de seconde main à l’air hautain de fausse riche (à quand un film contemporain, un vrai ! Vite !). Bon certes, on note la présence «discrète» mais essentielles du Français avec Julie Marie Parmentier (Honorine), Grégory Gadebois (Le Comte de Provence) et Michel Robin (Jacob Nicolas Moreau) qui ne font que parfaire le délicat panel d’acteurs. Plongée dans une esthétique finement léchée, cette tripotée de talents évolue dans de magnifiques étoffes et nous présente la vie souterraine de la Cour. Celle faite de conversations à portes closes, de bruit de couloirs (longs, les couloirs, très longs) ainsi que de la vie anodine et légère du petit personnel de la puissance royale française.Revenons sur le sujet, nous disions donc, les hypothétiques amours féminines de la reine. Le trio est agréablement  dessiné. Les femmes s’aiment et se haïssent, mais en finesse. Cependant, selon la grande loi du trio amoureux qui définit que si A, B et C doivent vivre ensemble, on ne parvient jamais à produire : A + B + C = Parfait Bonheur. Par conséquent, la règle exige que ce soit C qui dégage (formulé donc sous la forme : A + B - C = Amours Idylliques) C, en l’occurrence c’est Léa Seydoux, possédée par un amour obsédant et interdit envers sa maîtresse, passant sous silence les caprices de sa reine, devenant confidente, tantôt bafouée, tantôt brisée, elle court au péril de sa vie pour alimenter chaque jour la flamme d’un amour adolescent au profit de B (ici Virginie Ledoyen) qui opte pour un amour moins catholique mais plus fusionnel en tenant d’une main de fer la reine (ici A) assurément soumise. 

Au final, on assiste à une jolie fresque tressée de sentiments fort, de passions puissantes. Traitée avec pudeur, retenue et dotée d’une plastique parfaite, peut-être trop mais qu’importe, c’est beau, alors on dit rien et on en profite.  

Ainsi donc Diane Kruger enfile la robe de Marie Antoinette et illustre la délicieuse rumeur des amours lesbiens de celle qui voulu donner de la brioche aux Français. Dans le décor somptueusement neuf du château de Versailles, la reine de France à l’accent germanique erre en se satisfaisant de quelques menus plaisirs comme celui de l’étude de la mode du siècle ou encore de quelques légères lectures orchestrées par Sidonie Laborde interprétée par Léa Seydoux au visage lisse et quelque peu malsain dans la persistance de ses regards. Nous soulignerons par ailleurs que la préférée de la reine, Mme de Poliniac (Virginie Ledoyen) à été traité comme un personnage « Tais-toi et soit belle », exerçant sa domination sur la reine par ses yeux de biche et son visage d’ange, qui parle peu mais bien et qui reste assez correctement conservée pour que Benoit Jacquôt puisse se permettre un plan séquence nu intégral de la belle endormie. 



Outre le caractère historico-véridique du film traduit part un Louis XVI (Xavier Beauvois) suant la désolation de sa puissance déchue, nous retiendrons la délicate présence de Noémie Lvovsky qui use à outrance de son penchant pour les films d’époque dans lesquels elle excelle et interprète exclusivement des femmes de seconde main à l’air hautain de fausse riche (à quand un film contemporain, un vrai ! Vite !). Bon certes, on note la présence «discrète» mais essentielles du Français avec Julie Marie Parmentier (Honorine), Grégory Gadebois (Le Comte de Provence) et Michel Robin (Jacob Nicolas Moreau) qui ne font que parfaire le délicat panel d’acteurs. Plongée dans une esthétique finement léchée, cette tripotée de talents évolue dans de magnifiques étoffes et nous présente la vie souterraine de la Cour. Celle faite de conversations à portes closes, de bruit de couloirs (longs, les couloirs, très longs) ainsi que de la vie anodine et légère du petit personnel de la puissance royale française.

Revenons sur le sujet, nous disions donc, les hypothétiques amours féminines de la reine. Le trio est agréablement  dessiné. Les femmes s’aiment et se haïssent, mais en finesse. Cependant, selon la grande loi du trio amoureux qui définit que si A, B et C doivent vivre ensemble, on ne parvient jamais à produire : A + B + C = Parfait Bonheur. Par conséquent, la règle exige que ce soit C qui dégage (formulé donc sous la forme : A + B - C = Amours Idylliques) C, en l’occurrence c’est Léa Seydoux, possédée par un amour obsédant et interdit envers sa maîtresse, passant sous silence les caprices de sa reine, devenant confidente, tantôt bafouée, tantôt brisée, elle court au péril de sa vie pour alimenter chaque jour la flamme d’un amour adolescent au profit de B (ici Virginie Ledoyen) qui opte pour un amour moins catholique mais plus fusionnel en tenant d’une main de fer la reine (ici A) assurément soumise. 

Au final, on assiste à une jolie fresque tressée de sentiments fort, de passions puissantes. Traitée avec pudeur, retenue et dotée d’une plastique parfaite, peut-être trop mais qu’importe, c’est beau, alors on dit rien et on en profite.  


Âgé de 21 ans et très attiré par le milieu de la photographie, du dessin, de la peinture et de la mode (cela va de paire me direz-vous)  Guillaume, sautant de sa Normandie natale jusque dans la capitale, après un CAP Signalétique Enseigne et Décors à Rouen (où il découvre les techniques de la peinture et de l’adhésif décoratif), un Brevet des Métiers d’Arts en décoration de surfaces et volumes à Paris (où il y travaille l’art du trompe l’oeil, les textures et les differentes peintures) dont il sort Major de sa promotion et une classe préparatoire en arts à l’école supérieur d’art de Rueil Malmaison, il plonge à bras le corps dans SON univers. Un petit monde pop, coloré et acidulé dans lequel le port de lunettes de soleil est prescrit pour ne pas s’hypnotiser face à son visuel saisissant.
Vous l’aurez compris, entre la photographie, la peinture, le dessin, Guillaume ne sait plus ou donner de la tête. Il laisse donc trainer son pinceau sur un peu tout les supports et appose son oeil artistique, frais et haut en couleurs, sur le monde bariolé qui l’entoure.
Allez, il n’échappe à la règle, dix questions rapides et concises pour tâcher d’en savoir un peu plus sur cet enfant de l’art né sans doute avec un pinceau dans la main : 


1 - Comment est venue ta passion pour la création ?C’est un besoin de m’exprimer avant tout. Je crée lorsque j’ai une idée, lorsque j’ai une envie. J’ai besoin de poser mes idées pour réaliser du concret avant que ça m’échappe parce que j’ai un cerveau en fusion qui ne fonctionne que par période (de créativité). La création me permet l’absence de frustration. 
2 - Pour quel(s) but(s) ? Partager, partager, partager, mes envies et mes idées, mon univers et rencontrer du monde à travers lui dans une optique de projets professionnels.
3 - Dans quel(s) grand(s) mouvement(s) penses tu t’inspirer ? Sans hésiter le pop art ! Pour les couleurs, les formes etc … C’est dans cette période que j’ai trouvé mes maîtres et ceux qui m’ont donné avant tout le courage de suivre leur chemin. J’ai bien évidement jeté un oeil dans les autres grands mouvements afin de trouver mes repères et de définir mes envies. Mais, il faut le dire, certains courants ne m’inspire pas. Cependant, je surveille toujours les artistes émergeants qui se rapprochent de mon style, je pousse souvent les portes des petites galeries lorsque qu’une oeuvre me tape dans l’oeil . 4 - N’as tu guère peur du déjà-vu ? Ça, c’est la réflexion quotidienne ! Celle qui se pose à chaque début de projet. Celle qui peux aussi tuer l’envie de créer. Bien sûr que j’en ai peur, mais aujourd’hui qui n’a jamais fait du déjà-vu ? Alors oui, certains diront que je n’ai guère d’idées ou de style, d’autres diront que je ne fait que de la copie mais qu’importe ! Il est sûr que je ne pense pas ré-inventer l’art ou devenir le pionnier d’un grand mouvement. Mais voila lorsque je fais une chose, j’essaie d’innover, et puis il m’arrive de revenir sur certains procédés pour les améliorer ou en faire des séries, de ce fait, cette démarche s’inscrit pas dans du déjà-vu mais dans perspective de continuité .
5 - Quel est l’intérêt dans le contexte actuel de portraitiser ceux qui le sont déjà à outrance ?Dans mes premiers travaux de peinture j’ai pratiqué le portrait stylisé. J’ai donc, depuis quelques années, réalisé beaucoup de portraits. J’ai eu beaucoup de commandes, en 4 années j’ai dû réaliser une quarantaine de portraits de personnes de tous âges. Puis j’ai souhaité toucher un plus large public, parce que faire le portrait de «Mamie Henriette» ou de « Tonton Claude» n’intéressaient qu’un cercle familial beaucoup trop restreint. Alors j’ai commencer ma série de performance. Au départ, j’ai pris cela comme un exercice puisque j’ai commencé par mon autoportrait.  Puis j’ai compris que pour toucher encore plus de monde je devais réaliser des portraits de personnes célèbres que l’on peut reconnaitre d’un coup d’oeil. J’ai donc fait le portrait de Rihanna, de Karl Lagerfeld après l’avoir vu, Lady Gaga suite à un concours, de Mika suite à un concert, d’Adèle suite à son dernier album que j’ai du écouter 60 fois ! (rires) et puis celui d’Amy Winehouse suite à sa disparition. Ces personnalités m’ont toute touché et c’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de réaliser leurs portraits. Bien évidement, je sais que je ne peux pas imposer mon style avec ce type de peinture, des peintre performers il y en a des millions ! Il suffit de regarder sur internet, de voir le nombres de performances vidéos est monstrueux. Je suis une fourmi dans une fourmilière. Ceci dit, je ne considère pas ces portraits comme étant le plus important dans mon travail, pour moi c’est sont des exercices de style. 
6 - L’univers artistique dans lequel tu évolues n’est-il pas restrictif ?Oui et non. En peinture j’aurais tendance à dire oui puisque l’on retrouve souvent le même procédé, les même couleurs etc … pour le reste c’est mitigé . Je lie plusieurs univers au mien. Cela devient un melting-pot artistique. Notamment une chose qui est flagrante c’est le contraste très poussé entre mes travaux en noir et blanc et ceux en couleurs. Je passe d’un extrême à l’autre mais c’est aussi ça mon univers, un monde incertain, qui peut changer d’un moment a l’autre, au grès de mes idées et de mes envies. J’essaie tout de même de rester dans la même voie, le même milieu, comme une sorte de signature posée sur mes créations, que l’on se dise “Ça ressemble à du Guii Mart ” un peu comme du Keith Haring ou Basquiat. Créer un style imposé et reconnaissable.
7 - À quand les créations dans lesquelles s’inscrivent des réflexions, des interrogations (sans pour autant délaisser l’esthétisme grâce auquel tu prime) ? Pour l’instant ce n’est pas ce qui me préoccupe (d’où le fait que je ne m’attribue pas entièrement le statut d’artiste) puisque je ne réfléchis pas à la perception public de mes tableaux. Je préfère me définir comme un créateur d’images et non comme un artiste peintre. Il existe des artistes qui affirment que leurs travaux ne sont jamais aboutis et définitifs, ils ne cherchent pas à poser un nom, une réflexion ou un argumentaire dessus, ils se contentent de produire. Je suis de ceux là, moi je compose, découpe, recoupe, peint, colorise, colle, mixte, bref, c’est la création avant la réflexion. Je compose, non pas pour définir, dénoncer, interroger, juste pour assouvir ma créativité.
8 - Selon toi, comment est perçu tes créations par le public ?Naze, Ouah, Ouais, Oh Cool, Rooh le mec, Ok aucun style, Ça déchire, Superbe, Il aurait pu faire mieux, Je déteste, C’est beau, J’adore, Bof, Nul, De la pure copie, C’est original, Monstrueux, Pop, Joli, Sans intérêt, Magnifique .
9 - Un projet en cours ?Photo et ou vidéo, mais a voir . 10 - Et le mot de la fin ?  MerciBien sûr : Vous pourrez pour le plaisir des yeux, trouver les créations de ce jeune artiste ici, et puis là et même par là !

Âgé de 21 ans et très attiré par le milieu de la photographie, du dessin, de la peinture et de la mode (cela va de paire me direz-vous)  Guillaume, sautant de sa Normandie natale jusque dans la capitale, après un CAP Signalétique Enseigne et Décors à Rouen (où il découvre les techniques de la peinture et de l’adhésif décoratif), un Brevet des Métiers d’Arts en décoration de surfaces et volumes à Paris (où il y travaille l’art du trompe l’oeil, les textures et les differentes peintures) dont il sort Major de sa promotion et une classe préparatoire en arts à l’école supérieur d’art de Rueil Malmaison, il plonge à bras le corps dans SON univers. Un petit monde pop, coloré et acidulé dans lequel le port de lunettes de soleil est prescrit pour ne pas s’hypnotiser face à son visuel saisissant.

Vous l’aurez compris, entre la photographie, la peinture, le dessin, Guillaume ne sait plus ou donner de la tête. Il laisse donc trainer son pinceau sur un peu tout les supports et appose son oeil artistique, frais et haut en couleurs, sur le monde bariolé qui l’entoure.

Allez, il n’échappe à la règle, dix questions rapides et concises pour tâcher d’en savoir un peu plus sur cet enfant de l’art né sans doute avec un pinceau dans la main :


1 - Comment est venue ta passion pour la création ?
C’est un besoin de m’exprimer avant tout. Je crée lorsque j’ai une idée, lorsque j’ai une envie. J’ai besoin de poser mes idées pour réaliser du concret avant que ça m’échappe parce que j’ai un cerveau en fusion qui ne fonctionne que par période (de créativité). La création me permet l’absence de frustration.

2 - Pour quel(s) but(s) ?
Partager, partager, partager, mes envies et mes idées, mon univers et rencontrer du monde à travers lui dans une optique de projets professionnels.

3 - Dans quel(s) grand(s) mouvement(s) penses tu t’inspirer ?
Sans hésiter le pop art ! Pour les couleurs, les formes etc … C’est dans cette période que j’ai trouvé mes maîtres et ceux qui m’ont donné avant tout le courage de suivre leur chemin. J’ai bien évidement jeté un oeil dans les autres grands mouvements afin de trouver mes repères et de définir mes envies. Mais, il faut le dire, certains courants ne m’inspire pas. Cependant, je surveille toujours les artistes émergeants qui se rapprochent de mon style, je pousse souvent les portes des petites galeries lorsque qu’une oeuvre me tape dans l’oeil .

4 - N’as tu guère peur du déjà-vu ?
Ça, c’est la réflexion quotidienne ! Celle qui se pose à chaque début de projet. Celle qui peux aussi tuer l’envie de créer. Bien sûr que j’en ai peur, mais aujourd’hui qui n’a jamais fait du déjà-vu ? Alors oui, certains diront que je n’ai guère d’idées ou de style, d’autres diront que je ne fait que de la copie mais qu’importe ! Il est sûr que je ne pense pas ré-inventer l’art ou devenir le pionnier d’un grand mouvement. Mais voila lorsque je fais une chose, j’essaie d’innover, et puis il m’arrive de revenir sur certains procédés pour les améliorer ou en faire des séries, de ce fait, cette démarche s’inscrit pas dans du déjà-vu mais dans perspective de continuité .

5 - Quel est l’intérêt dans le contexte actuel de portraitiser ceux qui le sont déjà à outrance ?
Dans mes premiers travaux de peinture j’ai pratiqué le portrait stylisé. J’ai donc, depuis quelques années, réalisé beaucoup de portraits. J’ai eu beaucoup de commandes, en 4 années j’ai dû réaliser une quarantaine de portraits de personnes de tous âges. Puis j’ai souhaité toucher un plus large public, parce que faire le portrait de «Mamie Henriette» ou de « Tonton Claude» n’intéressaient qu’un cercle familial beaucoup trop restreint. Alors j’ai commencer ma série de performance. Au départ, j’ai pris cela comme un exercice puisque j’ai commencé par mon autoportrait.  Puis j’ai compris que pour toucher encore plus de monde je devais réaliser des portraits de personnes célèbres que l’on peut reconnaitre d’un coup d’oeil. J’ai donc fait le portrait de Rihanna, de Karl Lagerfeld après l’avoir vu, Lady Gaga suite à un concours, de Mika suite à un concert, d’Adèle suite à son dernier album que j’ai du écouter 60 fois ! (rires) et puis celui d’Amy Winehouse suite à sa disparition. Ces personnalités m’ont toute touché et c’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de réaliser leurs portraits. Bien évidement, je sais que je ne peux pas imposer mon style avec ce type de peinture, des peintre performers il y en a des millions ! Il suffit de regarder sur internet, de voir le nombres de performances vidéos est monstrueux. Je suis une fourmi dans une fourmilière. Ceci dit, je ne considère pas ces portraits comme étant le plus important dans mon travail, pour moi c’est sont des exercices de style.

6 - L’univers artistique dans lequel tu évolues n’est-il pas restrictif ?
Oui et non. En peinture j’aurais tendance à dire oui puisque l’on retrouve souvent le même procédé, les même couleurs etc … pour le reste c’est mitigé . Je lie plusieurs univers au mien. Cela devient un melting-pot artistique. Notamment une chose qui est flagrante c’est le contraste très poussé entre mes travaux en noir et blanc et ceux en couleurs. Je passe d’un extrême à l’autre mais c’est aussi ça mon univers, un monde incertain, qui peut changer d’un moment a l’autre, au grès de mes idées et de mes envies. J’essaie tout de même de rester dans la même voie, le même milieu, comme une sorte de signature posée sur mes créations, que l’on se dise “Ça ressemble à du Guii Mart ” un peu comme du Keith Haring ou Basquiat. Créer un style imposé et reconnaissable.

7 - À quand les créations dans lesquelles s’inscrivent des réflexions, des interrogations (sans pour autant délaisser l’esthétisme grâce auquel tu prime) ?
Pour l’instant ce n’est pas ce qui me préoccupe (d’où le fait que je ne m’attribue pas entièrement le statut d’artiste) puisque je ne réfléchis pas à la perception public de mes tableaux. Je préfère me définir comme un créateur d’images et non comme un artiste peintre. Il existe des artistes qui affirment que leurs travaux ne sont jamais aboutis et définitifs, ils ne cherchent pas à poser un nom, une réflexion ou un argumentaire dessus, ils se contentent de produire. Je suis de ceux là, moi je compose, découpe, recoupe, peint, colorise, colle, mixte, bref, c’est la création avant la réflexion. Je compose, non pas pour définir, dénoncer, interroger, juste pour assouvir ma créativité.

8 - Selon toi, comment est perçu tes créations par le public ?
Naze, Ouah, Ouais, Oh Cool, Rooh le mec, Ok aucun style, Ça déchire, Superbe, Il aurait pu faire mieux, Je déteste, C’est beau, J’adore, Bof, Nul, De la pure copie, C’est original, Monstrueux, Pop, Joli, Sans intérêt, Magnifique .

9 - Un projet en cours ?
Photo et ou vidéo, mais a voir .

10 - Et le mot de la fin ?
Merci

Bien sûr : Vous pourrez pour le plaisir des yeux, trouver les créations de ce jeune artiste ici, et puis et même par  !




Né à Clamart en 1993, le petit Ian, calme et solitaire, est exilé en Normandie dans une cellule résistante face à la mondialisation et de toutes choses barbares. Il y découvre la littérature durant un été lycéen. De fil en aiguille, il se lance dans l’écriture lors d’une période sombre pour chercher à «évacuer un surplus d’émotions». De là, nait la passion pour la page vierge. Actuellement en L1 de Mathématiques à Jussieu, le petit Ian voulant devenir grand réalise que la réorientation littéraire n’a jamais fait de mal à personne et y songe plus que jamais. Comme ses contemporains, le petit Ian, sociable et bon vivant, cherche un sens à la Vie. Témoin et acteur d’une génération relativement paumée, il écrit et écrit encore afin de répondre à ses camarades aussi désoeuvrés et lucides que lui face au monde dans lequel il évolue tant bien que mal. Ainsi, le petit Ian écrit et rêve de trouver par la Littérature des réponses qui lui permettrons d’avancer, d’atteindre la substantifique moelle de la Vie et ainsi faire en sorte que le petit Ian devienne grand. Et le voilà en ce froid mardi de janvier à Abbesses racontant à une oreille attentive ses premiers pas dans le monde des Lettres.


1 - Pourquoi l’écriture ? 
Je dirais par hasard. Par passion pour la littérature, c’est sûr, qui m’est venue il a y deux ans. J’ai voulu m’essayer, je vivais une période assez sombre où j’ai beaucoup intériorisé les conséquences des évènements qui se déroulaient devant moi. L’écriture m’a permis de déverser ce trop-plein. Au début, c’était strictement personnel, il n’y avait aucune dimension artistique dans mes écrits, c’était juste pour me vider puis la forme est venue petit à petit. Avec du recul, je dirais que seule l’écriture posée sur un papier permet de se livrer comme on se dévoile à un confident, un confident qui reste objective face à toi. C’est une manière de ne pas prendre de risque tout en se soulageant l’âme. 2 - A voir tes premiers écrits, aurais-tu une tendance à la forme de la nouvelle ? Oui, en ce moment du moins, je suis en période d’essai dans cette forme là, je ne suis qu’un tout nouveau né plongé dans le monde de la littérature et j’ai encore tout à apprendre. Pour m’avancer, je me suis inscrit à l’atelier d’écriture de Emmanuel Bing pour tenter tout les horizons qui se profilent devant moi.  3 - Les sujets de tes textes se ciblent sur les mouvements de l’âme, les illusions et les questions existentielles d’un jeune garçon de ton âge. Tente tu de dresser un portrait de la jeunesse ou du moins de la tienne et n’as tu pas peur de tomber dans le cliché, la mièvrerie ? J’essaye de m’approcher le plus possible de ma génération, j’ai entendu quelque part que cette dernière était gavée et qu’elle vomit tout ce qu’on lui donne, et je me suis sentis concerné. Je pense qu’on est beaucoup à être dans ce mal-être. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de «crise d’adolescence» mais je pense que c’est avant cette crise qu’on est le plus paisible, et c’est la prise de conscience qui nous amène à ce mal-être, sinon nous n’aurions pas à ressentir le désir de nous révolter contre notre environnement. Après, face au cliché et à la mièvrerie, certes, des personnes plus âgées ne prennent pa mes écrits au sérieux mais il y à une bonne réception de la part des jeunes gens comme moi, de personnes de ma génération, car ils se retrouvent dans mes écrits, donc je continue. Après tout, je pense ne pas être tombé dans la mélancolie, j’essaye au maximum d’imbiber mes textes d’émotions mais parallèlement, je travaille à me retirer le plus possible du texte pour le rendre plus accessible. En prenant du recul, en appliquant cette directive, je vais être en capacité de me mieux gérer mon écriture parce que le pas est infime entre l’écriture pour soi et l’écriture pour les autres. 4 - Comment se fait le choix des mots, qui sont justes mais parfois très forts face au contexte dans lequel tu les plonge ?J’aime la précision et j’ai horreur de la répétition. J’emploie la grande diversité du vocabulaire pour montrer la complexité des émotions. J’essaye de faire tout pour faire voyager le lecteur dans mon labyrinthe. J’y glisse parfois quelques cul de sac, quelques passages étonnants et quelques guet-apens pour essayer de le surprendre. 5 - Et maintenant que tu publies tes textes sur Facebook, pour qui écris tu ? Depuis la publication, l’écriture a pris une autre dimension, avant mes textes étaient sous cadenas tout simplement parce qu’ils étaient moi. À l’époque j’étais plutôt solitaire et je trouvais périlleux de publier mes textes, ce serait comme me livrer à nu sur un plateau d’argent à la face du monde. Puis, je me suis rendu compte que ces textes se retrouvaient dans d’autres personnes, et ça m’a donné l’impulsion pour la publication. Au bout du compte à force d’écrire pour soi, on fini par tourner en rond et ça devient frustrant de ne n’avoir ni de pouvoir se développer d’avantage ni d’avoir de retour. 6 - Donc la finalité serait la publication papier ? J’y pense, mais je n’ai pas la prétention de me faire publier maintenant, je pourrais mais je pense qu’il vaut mieux roder la machine avant de la présenter. Je suis maintenant dans l’étude de la littéture, j’essaye de lire le plus de livres afin de voir ce qui a été fait auparavant et extraire tout le substrat des autres afin d’éviter la pâle copie. 7 - Pour l’instant tu utilise Facebook pour publier tes textes, tu n’es pas sans savoir que toute donnée mise en ligne via cette base est automatiquement plongée dans le domaine publique. Tu crains pas une éventuelle usurpation ? C’est un risque il est vrai. Mais après je choisis les personnes à qui je donne accès à mes textes. Cependant, il faut que je réfléchisse au problème. Mes premières publications n’étaient dues qu’à l’euphorie du partage. Il y à aussi que mon niveau n’est pas assez bon pour que je puisse craindre l’usurpation. Après tout, je pense qu’il faut prendre des risques pour tenter de se faire connaître. 8 - Qu’est ce qui te différencie des autres auteurs naissants de ton âge ? Dans la manière de dire les choses. Certaines choses vont être plus parlantes pour certaines personnes et d’autres non. Je pense que l’écriture c’est passer au dessus du langage universel, ou plutôt conventionnel. Je pose sur du papier une perception brute sans apports, c’est subjectif ! Mais aujourd’hui, qu’est ce qui n’est pas subjectif ? (rire) 9 - Quelques auteurs en particulier ?  Sartre et Vian, pour l’ensemble de leurs oeuvres, Verlaine pour ses «Poèmes saturniens», Hugo pour ses «Contemplations» et Lautréamont pour ses «Chants de Maldoror».
10 - Et le mot de la fin ? Créer
Et c’est tout beau, c’est tout chaud, un extrait de « Harcelé »:
« Isolé, mon univers dans son expansion se constitue de plus en plus de matière noire ; n’ayant personne pour évacuer cette déflagration grandissante qui ne laisse rien derrière elle qu’un nuage de cendres, mêlé à la pluie salée de mes pleurs désespérés, j’étouffe. Fréquemment, une vieillarde vient me voir lorsque je suis seul, dehors, dans la rue, dans les bois, dans ma chambre. Elle s’approche d’un pas flottant, elle glisse sur le sol, vêtue de noir, morbide mais sereine. Une fois à mon oreille, elle me susurre : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? Rien ne te retient dans ce monde, aucune chose, personne. Partir sans aucun bruit, par une belle soirée d’automne, avoir pour unique cortège funèbre des milliers de feuilles mortes, une brume grise, un silence hanté par le hululement lugubre d’une chouette grave. Je peux t’offrir ça. Laisse ces aveugles errer dans leurs propres déjections, abandonne ces fous avides de vide, désirants plus que tout obtenir de futiles choses, du vide, ils désirent du vide. Viens avec moi. » Un glacial frisson rampe le long de ma colonne vertébrale, tel une larve rongeant mon échine. Le spasme de l’indécision. Après tout elle n’a pas tort, toutes mes ancres sont coupées, tranchées par la hache douloureuse de la tristesse. Je ne suis plus que pour moi, je dispose ainsi de mon existence. Revoilà l’éternel tourmenteur : le choix. Je n’ai aucune raison de vivre, ni de mourir. Je stagne. Je barbotte dans une eau croupie, débordante de sangsues, d’amibes, de cadavres. Libre, j’ai choisi de résider dans ces marécages répugnants, à l’odeur trop fortes d’intestins d’éventrés en décomposition, accueillant des légions de vermines. Je feins d’être un corps inerte, j’imite mes défunts voisins mais la frigorifique pluie ne me rappelle que trop tôt ma visqueuse existence, celle qui m’est propre. J’existe pour moi, eux n’existent que par moi, soulagés d’une existence de moins. Je hais Descartes. Même dans ce marais la vieille femme au voile sombre vient me perturber de son discours trop réaliste : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Je fuis, loin des aveugles, loin des morts, encore plus loin des vivants ; mais cet obscur corbeau traverse les tempêtes aux foudres vengeresses, les ouragans aux vents dévastateurs, les mers déchainées aux lames destructrices, les tremblements de terre aux vibrations pourfendeuses, les espaces aux vides gelés. Elle me traque sans relâche, sachant que seule son aide peut m’être précieuse. Mais je fuis, comme le fou au bruit d’une porte qui claque, comme le stupide démon au bruissement du nom « Jésus ». Je fuis, à la recherche d’une raison, sous les cailloux, dans les hautes canopées, parmi les fourmis, entre les nuages gorgés d’ombre. Et quand ayant cru trouver cette raison dans des âmes humaines, je ne fis que ralentir ma course folle, abusé par un traquenard sentimentale, plein de perfidies, traîtres! Vous vous étiez peint des iris sur vos paupières closes mais vos globes sont tout aussi blancs, livides, que ceux des autres. Et je fuis, j’entends toujours dans mon sillage : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Sage décision. »

Né à Clamart en 1993, le petit Ian, calme et solitaire, est exilé en Normandie dans une cellule résistante face à la mondialisation et de toutes choses barbares. Il y découvre la littérature durant un été lycéen. De fil en aiguille, il se lance dans l’écriture lors d’une période sombre pour chercher à «évacuer un surplus d’émotions». De là, nait la passion pour la page vierge. Actuellement en L1 de Mathématiques à Jussieu, le petit Ian voulant devenir grand réalise que la réorientation littéraire n’a jamais fait de mal à personne et y songe plus que jamais. Comme ses contemporains, le petit Ian, sociable et bon vivant, cherche un sens à la Vie. Témoin et acteur d’une génération relativement paumée, il écrit et écrit encore afin de répondre à ses camarades aussi désoeuvrés et lucides que lui face au monde dans lequel il évolue tant bien que mal. Ainsi, le petit Ian écrit et rêve de trouver par la Littérature des réponses qui lui permettrons d’avancer, d’atteindre la substantifique moelle de la Vie et ainsi faire en sorte que le petit Ian devienne grand. Et le voilà en ce froid mardi de janvier à Abbesses racontant à une oreille attentive ses premiers pas dans le monde des Lettres.

1 - Pourquoi l’écriture ? 
Je dirais par hasard. Par passion pour la littérature, c’est sûr, qui m’est venue il a y deux ans. J’ai voulu m’essayer, je vivais une période assez sombre où j’ai beaucoup intériorisé les conséquences des évènements qui se déroulaient devant moi. L’écriture m’a permis de déverser ce trop-plein. Au début, c’était strictement personnel, il n’y avait aucune dimension artistique dans mes écrits, c’était juste pour me vider puis la forme est venue petit à petit. Avec du recul, je dirais que seule l’écriture posée sur un papier permet de se livrer comme on se dévoile à un confident, un confident qui reste objective face à toi. C’est une manière de ne pas prendre de risque tout en se soulageant l’âme.

2 - A voir tes premiers écrits, aurais-tu une tendance à la forme de la nouvelle ?
Oui, en ce moment du moins, je suis en période d’essai dans cette forme là, je ne suis qu’un tout nouveau né plongé dans le monde de la littérature et j’ai encore tout à apprendre. Pour m’avancer, je me suis inscrit à l’atelier d’écriture de Emmanuel Bing pour tenter tout les horizons qui se profilent devant moi.

3 - Les sujets de tes textes se ciblent sur les mouvements de l’âme, les illusions et les questions existentielles d’un jeune garçon de ton âge. Tente tu de dresser un portrait de la jeunesse ou du moins de la tienne et n’as tu pas peur de tomber dans le cliché, la mièvrerie ?
J’essaye de m’approcher le plus possible de ma génération, j’ai entendu quelque part que cette dernière était gavée et qu’elle vomit tout ce qu’on lui donne, et je me suis sentis concerné. Je pense qu’on est beaucoup à être dans ce mal-être. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de «crise d’adolescence» mais je pense que c’est avant cette crise qu’on est le plus paisible, et c’est la prise de conscience qui nous amène à ce mal-être, sinon nous n’aurions pas à ressentir le désir de nous révolter contre notre environnement. Après, face au cliché et à la mièvrerie, certes, des personnes plus âgées ne prennent pa mes écrits au sérieux mais il y à une bonne réception de la part des jeunes gens comme moi, de personnes de ma génération, car ils se retrouvent dans mes écrits, donc je continue. Après tout, je pense ne pas être tombé dans la mélancolie, j’essaye au maximum d’imbiber mes textes d’émotions mais parallèlement, je travaille à me retirer le plus possible du texte pour le rendre plus accessible. En prenant du recul, en appliquant cette directive, je vais être en capacité de me mieux gérer mon écriture parce que le pas est infime entre l’écriture pour soi et l’écriture pour les autres.

4 - Comment se fait le choix des mots, qui sont justes mais parfois très forts face au contexte dans lequel tu les plonge ?
J’aime la précision et j’ai horreur de la répétition. J’emploie la grande diversité du vocabulaire pour montrer la complexité des émotions. J’essaye de faire tout pour faire voyager le lecteur dans mon labyrinthe. J’y glisse parfois quelques cul de sac, quelques passages étonnants et quelques guet-apens pour essayer de le surprendre.

5 - Et maintenant que tu publies tes textes sur Facebook, pour qui écris tu ?
Depuis la publication, l’écriture a pris une autre dimension, avant mes textes étaient sous cadenas tout simplement parce qu’ils étaient moi. À l’époque j’étais plutôt solitaire et je trouvais périlleux de publier mes textes, ce serait comme me livrer à nu sur un plateau d’argent à la face du monde. Puis, je me suis rendu compte que ces textes se retrouvaient dans d’autres personnes, et ça m’a donné l’impulsion pour la publication. Au bout du compte à force d’écrire pour soi, on fini par tourner en rond et ça devient frustrant de ne n’avoir ni de pouvoir se développer d’avantage ni d’avoir de retour.

6 - Donc la finalité serait la publication papier ?
J’y pense, mais je n’ai pas la prétention de me faire publier maintenant, je pourrais mais je pense qu’il vaut mieux roder la machine avant de la présenter. Je suis maintenant dans l’étude de la littéture, j’essaye de lire le plus de livres afin de voir ce qui a été fait auparavant et extraire tout le substrat des autres afin d’éviter la pâle copie.

7 - Pour l’instant tu utilise Facebook pour publier tes textes, tu n’es pas sans savoir que toute donnée mise en ligne via cette base est automatiquement plongée dans le domaine publique. Tu crains pas une éventuelle usurpation ?
C’est un risque il est vrai. Mais après je choisis les personnes à qui je donne accès à mes textes. Cependant, il faut que je réfléchisse au problème. Mes premières publications n’étaient dues qu’à l’euphorie du partage. Il y à aussi que mon niveau n’est pas assez bon pour que je puisse craindre l’usurpation. Après tout, je pense qu’il faut prendre des risques pour tenter de se faire connaître.

8 - Qu’est ce qui te différencie des autres auteurs naissants de ton âge ?
Dans la manière de dire les choses. Certaines choses vont être plus parlantes pour certaines personnes et d’autres non. Je pense que l’écriture c’est passer au dessus du langage universel, ou plutôt conventionnel. Je pose sur du papier une perception brute sans apports, c’est subjectif ! Mais aujourd’hui, qu’est ce qui n’est pas subjectif ? (rire)

9 - Quelques auteurs en particulier ?
Sartre et Vian, pour l’ensemble de leurs oeuvres, Verlaine pour ses «Poèmes saturniens», Hugo pour ses «Contemplations» et Lautréamont pour ses «Chants de Maldoror».

10 - Et le mot de la fin ?
Créer


Et c’est tout beau, c’est tout chaud, un extrait de « Harcelé »:


« Isolé, mon univers dans son expansion se constitue de plus en plus de matière noire ; n’ayant personne pour évacuer cette déflagration grandissante qui ne laisse rien derrière elle qu’un nuage de cendres, mêlé à la pluie salée de mes pleurs désespérés, j’étouffe. Fréquemment, une vieillarde vient me voir lorsque je suis seul, dehors, dans la rue, dans les bois, dans ma chambre. Elle s’approche d’un pas flottant, elle glisse sur le sol, vêtue de noir, morbide mais sereine. Une fois à mon oreille, elle me susurre : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? Rien ne te retient dans ce monde, aucune chose, personne. Partir sans aucun bruit, par une belle soirée d’automne, avoir pour unique cortège funèbre des milliers de feuilles mortes, une brume grise, un silence hanté par le hululement lugubre d’une chouette grave. Je peux t’offrir ça. Laisse ces aveugles errer dans leurs propres déjections, abandonne ces fous avides de vide, désirants plus que tout obtenir de futiles choses, du vide, ils désirent du vide. Viens avec moi. » Un glacial frisson rampe le long de ma colonne vertébrale, tel une larve rongeant mon échine. Le spasme de l’indécision. Après tout elle n’a pas tort, toutes mes ancres sont coupées, tranchées par la hache douloureuse de la tristesse. Je ne suis plus que pour moi, je dispose ainsi de mon existence. Revoilà l’éternel tourmenteur : le choix. Je n’ai aucune raison de vivre, ni de mourir. Je stagne. Je barbotte dans une eau croupie, débordante de sangsues, d’amibes, de cadavres. Libre, j’ai choisi de résider dans ces marécages répugnants, à l’odeur trop fortes d’intestins d’éventrés en décomposition, accueillant des légions de vermines. Je feins d’être un corps inerte, j’imite mes défunts voisins mais la frigorifique pluie ne me rappelle que trop tôt ma visqueuse existence, celle qui m’est propre. J’existe pour moi, eux n’existent que par moi, soulagés d’une existence de moins. Je hais Descartes. Même dans ce marais la vieille femme au voile sombre vient me perturber de son discours trop réaliste : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Je fuis, loin des aveugles, loin des morts, encore plus loin des vivants ; mais cet obscur corbeau traverse les tempêtes aux foudres vengeresses, les ouragans aux vents dévastateurs, les mers déchainées aux lames destructrices, les tremblements de terre aux vibrations pourfendeuses, les espaces aux vides gelés. Elle me traque sans relâche, sachant que seule son aide peut m’être précieuse. Mais je fuis, comme le fou au bruit d’une porte qui claque, comme le stupide démon au bruissement du nom « Jésus ». Je fuis, à la recherche d’une raison, sous les cailloux, dans les hautes canopées, parmi les fourmis, entre les nuages gorgés d’ombre. Et quand ayant cru trouver cette raison dans des âmes humaines, je ne fis que ralentir ma course folle, abusé par un traquenard sentimentale, plein de perfidies, traîtres! Vous vous étiez peint des iris sur vos paupières closes mais vos globes sont tout aussi blancs, livides, que ceux des autres. Et je fuis, j’entends toujours dans mon sillage : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Sage décision. »


« Anne, journaliste dans un grand magazine féminin, enquête sur la prostitution estudiantine. Alicja et Charlotte, étudiantes à Paris, se confient à elle sans tabou ni pudeur. Ces confessions vont trouver chez Anne un écho inattendu. Et c’est toute sa vie qui va en être bouleversée. » 

En fait , Elles, c’est un peu un bon roman de Sade : Trois scènes de cul pour une séquence de réflexion. 
Certes, Juliette Binoche vaut coup d’oeil niveau prestation. Hurler de rire en crachant des pâtes, c’est sensationnel, mais malgré son naturel désarmant en bourgeoise parisienne fatiguée par sa vie de couple foireuse, l’éducation douteuse de ses fils et son job tellement pourri qu’elle mets une semaine à torcher une première de couverture, on à du mal à être touché par le malheur de cette pauvre femme sexuellement frustrée, humainement démotivée, mais professionnellement volontaire ! (Quoiqu’il lui en coûte d’ailleurs)  
Faut dire aussi que quand on veut traiter un sujet aussi délicat que la prostitution estudiantine EN MÊME TEMPS que les déboires familiaux d’une mère qui bouffe bio, c’est pas facile d’éviter le faux pas.  
Admettons que l’esthétique en vaut le coup : On montre tout mais on reste dans le domaine moral. Enfin, moral, pas vraiment, puisqu’à voir les silhouettes se détacher sur le grand écran en se levant au fur et à mesure pour quitter la salle parce que, selon les dires de Madame J’ai-mes-valeurs et de sa fille Mademoiselle Je-vis-dans-un-monde-tout-rose, le sujet est«révoltant», «inadmissible», «improbable» et «inexistant». Ainsi donc, curieuses personnes pourtant majeures et vaccinées, vous faites de la prostitution estudiantine un mythe urbain qui n’a jamais été confirmé ? Voilà, Elles, c’est du lourd, du lourd sur la conscience, un peu comme Polisse de Maïwenn (2012) mais bon, en ce moment, c’est la tendance, on aime choquer les esprits, juste assez pour les remettre à leur juste place.  Ainsi donc après trois scènes de fellations, deux de coït et une de sodomie à la bouteille de champagne, on se dit en sortant : «Mais en fait, c’était quoi le sujet ?» Faire du porno propre genre L’empire des sens, re-re-re et refait ? Parler de prostitution bien que le sujet à déjà été suffisament traité dans l’Apollonide de B. Bonello ? Illustrer les déboires d’une parisienne tellement stéréotypée que ça en deviendrait vexant pour qui se retrouverait dans le personnage ?  Ouais, bon, même si la Binoche nous offre un large répertoire très agréable de ces jeux de regards, on ira pas dire à ses amis étudiants : Ouais je suis trop d’accord, la prostitution estudiantine, c’est dégueulasse ! » mais bien plutôt : «Hier j’ai vu un film, j’ai pas pigé le sujet.»  

« Anne, journaliste dans un grand magazine féminin, enquête sur la prostitution estudiantine. Alicja et Charlotte, étudiantes à Paris, se confient à elle sans tabou ni pudeur. Ces confessions vont trouver chez Anne un écho inattendu. Et c’est toute sa vie qui va en être bouleversée. » 

En fait , Elles, c’est un peu un bon roman de Sade : Trois scènes de cul pour une séquence de réflexion. 

Certes, Juliette Binoche vaut coup d’oeil niveau prestation. Hurler de rire en crachant des pâtes, c’est sensationnel, mais malgré son naturel désarmant en bourgeoise parisienne fatiguée par sa vie de couple foireuse, l’éducation douteuse de ses fils et son job tellement pourri qu’elle mets une semaine à torcher une première de couverture, on à du mal à être touché par le malheur de cette pauvre femme sexuellement frustrée, humainement démotivée, mais professionnellement volontaire ! (Quoiqu’il lui en coûte d’ailleurs)  

Faut dire aussi que quand on veut traiter un sujet aussi délicat que la prostitution estudiantine EN MÊME TEMPS que les déboires familiaux d’une mère qui bouffe bio, c’est pas facile d’éviter le faux pas.  

Admettons que l’esthétique en vaut le coup : On montre tout mais on reste dans le domaine moral. Enfin, moral, pas vraiment, puisqu’à voir les silhouettes se détacher sur le grand écran en se levant au fur et à mesure pour quitter la salle parce que, selon les dires de Madame J’ai-mes-valeurs et de sa fille Mademoiselle Je-vis-dans-un-monde-tout-rose, le sujet est«révoltant», «inadmissible», «improbable» et «inexistant». Ainsi donc, curieuses personnes pourtant majeures et vaccinées, vous faites de la prostitution estudiantine un mythe urbain qui n’a jamais été confirmé ?

Voilà, Elles, c’est du lourd, du lourd sur la conscience, un peu comme Polisse de Maïwenn (2012) mais bon, en ce moment, c’est la tendance, on aime choquer les esprits, juste assez pour les remettre à leur juste place.

Ainsi donc après trois scènes de fellations, deux de coït et une de sodomie à la bouteille de champagne, on se dit en sortant : «Mais en fait, c’était quoi le sujet ?» Faire du porno propre genre L’empire des sens, re-re-re et refait ? Parler de prostitution bien que le sujet à déjà été suffisament traité dans l’Apollonide de B. Bonello ? Illustrer les déboires d’une parisienne tellement stéréotypée que ça en deviendrait vexant pour qui se retrouverait dans le personnage ?

Ouais, bon, même si la Binoche nous offre un large répertoire très agréable de ces jeux de regards, on ira pas dire à ses amis étudiants : Ouais je suis trop d’accord, la prostitution estudiantine, c’est dégueulasse ! » mais bien plutôt : «Hier j’ai vu un film, j’ai pas pigé le sujet.»  


C’est dans son quartier des Abbesses que Tony Mpoudja, auteur, comédien, acteur et musicien, a bien voulu revenir sur son parcours artistique. Actuellement dans La Tempête de W. Shakespeare et dans l’Odyssée, mise en scène de Irina Brook, Tony Mpoudja, dans une ambiance agréable et décontractée, vient à me parler de la pluralité de ses passions.

1- Entre le cinéma, le théâtre, la musique et la littérature, est-ce que tu te considères comme un artiste complet ? Je ne me considère pas encore comme un artiste complet (rires) puisqu’il y a des choses qui sont en projet et que, dans cette société moderne, on n’est un artiste qu’à partir du moment où il y a un succès. Mais en tout cas, je me considère comme un artiste.
2- Dans quel ordre te sont venues tes envies ? Est-ce que tu as eu une évolution particulière dans les différents arts ?  J’ai commencé par le cinéma il y 13 ans, par un film La Squale, une aventure qui a duré un an et demi. À la base, je voulais être professeur d’EPS, mais je me suis dirigé vers une carrière artistique après La Squale. J’ai eu la chance d’avoir le Prix d’interprétation masculine du festival de Paris en 2001 pour ce long-métrage. Puis j’ai commencé à faire du théâtre, vous allez me dire « Le Théâtre, le cinéma, c’est le même métier ! », mais je considère que, même s’il s’agit du même corps, on utilise un support différent et ce sont deux perceptions différentes du jeu que j’ai beaucoup aimé. Après quelques années à faire des films, de la télé et du théâtre, la musique m’est apparue, alors que je tournais un film, je crois que c’est le hasard qui a tout mélangé.  Dans Dans tes rêves, je jouais un rappeur, j’ai donc d’une certaine manière rencontré la musique par le cinéma. Comme je devais tourner des scènes où je devais être un vrai chanteur, muni de vrais textes, devant un public bien réel et comme je suis un peu orgueilleux, j’ai voulu que le public ne voit pas un comédien en train de chanter mais un véritable chanteur. En fait, c’est ma vraie passion d’acteur qui m’a fait avoir mes autres envies par la suite. Je me suis dit « si tu chantes, c’est dommage de pas écrire ce que tu veux chanter », donc j’ai commencé à écrire. Devenir auteur de chansons m’est survenu en même temps que le fait de chanter. Cependant, l’écriture m’est venue avec le théâtre parce que pour moi, le théâtre ça a toujours été un texte donc je me suis mis à écrire, bon, ce n’était pas des pièces mais je commençais à mettre des mots sur un papier pour donner un sens d’une certaine manière à mon existence créative.
3- Tu peux nous en dire plus sur ton livre qui va paraître en 2012 ? Alors, mon livre, c’est un peu tombé comme une cerise sur un gâteau. Dans Entre nous (titre en cours de modification), je me sers des objets pour parler des êtres humains. C’est donc un recueil de nouvelles dans lequel on suit une robe qui à rendez-vous avec un smoking et il se trouve que ce smoking est un loubard ou encore l’histoire d’une vieille télévision qui en a marre de transmettre de mauvaises images et qui souhaiterait s’éteindre. À travers toutes mes nouvelles, je parle de l’Humanité puisqu’elle est maintenant au centre de tout et parfois nous avons besoin de voir ce qu’il y a autour de nous pour se connaître soi-même. Je raconte donc d’une certaine manière ce qui nous sensibilise d’une manière éloignée, distanciée, avec de l’imagination.  4- Tony et les Cyclopes, quand on voit les titres comme « Pénélope », « 7ème art », « Cinéma », « C de Cyclope » on constate que tu fais référence aux autres arts. Pourquoi avoir choisi comme basse l’Odyssée de Homère ? C’est très simple, j’ai la chance de travailler  avec une metteure en scène très talentueuse qui s’appelle Irina Brook, qui a monté l’Odyssée de Homère dans laquelle j’ai joué. J’ai commencé le travail avec elle en jouant plusieurs personnages. J’ai commencé par Pénélope puis Circé et le Cyclope. Ça m’a marqué cette histoire parce que je l’avais apprise à l’école et tout d’un coup commencer à réfléchir, monter sur scène et se demander ce que l’on ressent quand on est dans la peau d’un Cyclope, que l’on est grand et pas content parce que papa nous a abandonné, etc. Étrangement, je me suis senti très proche de ce personnage, parce que c’est un géant qui a un coeur, qui veut pas manger les humains et c’est dans cette énergie, cette relation que je me suis confondu dans ce personnage. Je suis donc parti dans cette idée de Tony et les Cyclopes comme c’était mon énergie à ce moment là et que je considère tout l’univers de Homère comme la base de la civilisation moderne j’ai voulu m’exprimer à travers ces mythes. Après tout, je trouve que les mythes racontent beaucoup mieux l’histoire de l’humain que les médias.
5- Comment est née ta collaboration avec Irina Brook ? Je travaillais avec son père (Peter Brook), j’avais rencontré Irina dans le cadre d’une soirée. Deux, trois ans après j’ai arrêté de travailler avec Peter et je me suis plongé dans le cinéma mais Irina à voulu me rencontrer pour un workshop. Par la suite, elle m’a proposé de jouer dans la pièce et on a commencé notre collaboration. Maintenant, je joue le rôle de Caliban dans La Tempête de W. Shakespeare. 6- Peux-tu approfondir ton avis sur la différence entre le cinéma et le théâtre ? Dans le cinéma, il y a quelque chose de très plastique, j’adore cet art parce que j’aime le rapport avec l’image, même si c’est un rapport très moderne qui ne date pas de si longtemps : fin XIXème, c’est pas si vieux. Je ne voulais pas faire de cinéma avant, mais une fois que tu commences, tu ne peux plus t’arrêter. Comme un drogué, tu as envie d’avoir ce rapport à l’image le plus souvent possible. Mais au-delà de ça, c’est aussi une vérité que la caméra demande c’est un exercice qui n’est pas évident, proche aussi de la photo, cet exercice me plaît, j’aime créer des personnages photogéniques, m’intégrer dans une histoire, monter cette histoire avec un metteur en scène, un scénariste et donner vie à des personnages qui étaient couchés sur papier. Ça c’est ce qui me plaît au cinéma. Après dans le Théâtre, il y a un exercice qui est beaucoup plus difficile pour moi dans le sens où, on doit être dans une concentration constante et que nous devons toujours être sur le qui-vive. Donc ce sont deux exercices très différents que j’apprécie.
7- Ton premier grand rapport à l’image, comment l’as-tu vécu ? C’était lors de La Squale, j’ai été découvert lors d’un casting sauvage en 1998, je sortais des cours et il y a avait un directeur de casting qui m’a vu passer et il m’a demandé si ça me plairait de faire un casting, donc j’ai dis « Ouais pourquoi pas », j’avais un peu la côte dans mon lycée donc j’y suis allé. Je l’ai passé, le premier jour ils ne me disent rien, ils me demandent de revenir le lendemain. Idem, je devais revenir le jour suivant, et comme ça pendant 2 semaines consécutives ce qui est assez rare lors d’une période d’audition. Et à la fin de ces deux semaines, j’ai été retenu pour  ce film et à partir de là on nous avait préparé pour qu’on puisse envisager cette carrière, je l’ai envisagé et j’ai tout de suite tourné après, les agences sont venues, mais c’est vrai qu’il y a une minorité d’artistes, visibles, qui puissent travailler assez régulièrement dans le cinéma. 8 - Comment définirais-tu ta musique ? Ma musique, c’est comme quand tu es dans ta chambre et que tu écoutes pour la première fois « Where did you sleep last night » de Kurt Cobain et tu es en train de chanter sur ton lit. Moi j’adore la musique classique, particulièrement la musique de chambre. Mais après pour moi, la musique qu’on fait, c’est des potes qui ont du talent et qui veulent composer pour des auditeurs comme s’ils étaient dans leur chambre, comme s’ils étaient dans l’écoute la plus intime qui soit. La musique, ce que ça provoque chez moi c’est que j’ai vraiment la sensation d’exister quand je monte sur scène, quand je chante des textes qui sont les miens dans un univers que je connais bien, j’ai l’impression de faire passer une énergie, plus qu’un message je fais passer une énergie. J’ai envie que le public reparte de la salle avec quelque chose de positif. 9- Quel était ton rêve d’enfant ? Étant petit je voulais être clown. Je le sais parce qu’il y a des photos où j’étais déguisé en clown de toutes les couleurs et je faisais rire tous le monde. 10- Quelles sont tes formations artistiques ? J’ai appris sur le tas mais j’ai eu un peu de formation, un atelier théâtre quand j’étais au lycée. D’ailleurs je tiens à encourager tous les professeurs de théâtre qui font découvrir cet art à des élèves qui n’ont pas l’occasion de voir le théâtre autrement que par l’éducation (le premier rapport que j’ai eu avec le théâtre c’était via l’école). Après, avoir fait La Squale, on a été coaché par une professeur de théâtre pendant un an et demi puis est venue ma collaboration avec Peter Brook, ma plus grande formation a été avec lui. Je ne suis pas passé par une institution, on m’a proposé le Conservatoire, mais je sais que, pour une question de personnalité et parce que je n’ai pas trop l’esprit scolaire, j’ai préféré éviter. Musicalement, je suis un autodidacte, j’ai pris un peu de cours de guitare, un peu de cours de piano, j’aurais pu en prendre d’avantage mais je me sentais bien plus exister par les notes que je créais. 11- Est ce que tu aurais un conseil pour les artistes émergeants ? Je n’aime pas trop le mot conseil mais par rapport à mon parcours je dirais qu’il faut transmettre, chercher à transmettre, tout le temps.
12 - Et le mot de la fin ? Underground

C’est dans son quartier des Abbesses que Tony Mpoudja, auteur, comédien, acteur et musicien, a bien voulu revenir sur son parcours artistique. Actuellement dans La Tempête de W. Shakespeare et dans l’Odyssée, mise en scène de Irina Brook, Tony Mpoudja, dans une ambiance agréable et décontractée, vient à me parler de la pluralité de ses passions.

1- Entre le cinéma, le théâtre, la musique et la littérature, est-ce que tu te considères comme un artiste complet ?
Je ne me considère pas encore comme un artiste complet (rires) puisqu’il y a des choses qui sont en projet et que, dans cette société moderne, on n’est un artiste qu’à partir du moment où il y a un succès. Mais en tout cas, je me considère comme un artiste.

2- Dans quel ordre te sont venues tes envies ? Est-ce que tu as eu une évolution particulière dans les différents arts ?
J’ai commencé par le cinéma il y 13 ans, par un film La Squale, une aventure qui a duré un an et demi. À la base, je voulais être professeur d’EPS, mais je me suis dirigé vers une carrière artistique après La Squale. J’ai eu la chance d’avoir le Prix d’interprétation masculine du festival de Paris en 2001 pour ce long-métrage. Puis j’ai commencé à faire du théâtre, vous allez me dire « Le Théâtre, le cinéma, c’est le même métier ! », mais je considère que, même s’il s’agit du même corps, on utilise un support différent et ce sont deux perceptions différentes du jeu que j’ai beaucoup aimé. Après quelques années à faire des films, de la télé et du théâtre, la musique m’est apparue, alors que je tournais un film, je crois que c’est le hasard qui a tout mélangé.  Dans Dans tes rêves, je jouais un rappeur, j’ai donc d’une certaine manière rencontré la musique par le cinéma. Comme je devais tourner des scènes où je devais être un vrai chanteur, muni de vrais textes, devant un public bien réel et comme je suis un peu orgueilleux, j’ai voulu que le public ne voit pas un comédien en train de chanter mais un véritable chanteur. En fait, c’est ma vraie passion d’acteur qui m’a fait avoir mes autres envies par la suite. Je me suis dit « si tu chantes, c’est dommage de pas écrire ce que tu veux chanter », donc j’ai commencé à écrire. Devenir auteur de chansons m’est survenu en même temps que le fait de chanter. Cependant, l’écriture m’est venue avec le théâtre parce que pour moi, le théâtre ça a toujours été un texte donc je me suis mis à écrire, bon, ce n’était pas des pièces mais je commençais à mettre des mots sur un papier pour donner un sens d’une certaine manière à mon existence créative.

3- Tu peux nous en dire plus sur ton livre qui va paraître en 2012 ?
Alors, mon livre, c’est un peu tombé comme une cerise sur un gâteau. Dans Entre nous (titre en cours de modification), je me sers des objets pour parler des êtres humains. C’est donc un recueil de nouvelles dans lequel on suit une robe qui à rendez-vous avec un smoking et il se trouve que ce smoking est un loubard ou encore l’histoire d’une vieille télévision qui en a marre de transmettre de mauvaises images et qui souhaiterait s’éteindre. À travers toutes mes nouvelles, je parle de l’Humanité puisqu’elle est maintenant au centre de tout et parfois nous avons besoin de voir ce qu’il y a autour de nous pour se connaître soi-même. Je raconte donc d’une certaine manière ce qui nous sensibilise d’une manière éloignée, distanciée, avec de l’imagination.
 
4- Tony et les Cyclopes, quand on voit les titres comme « Pénélope », « 7ème art », « Cinéma », « C de Cyclope » on constate que tu fais référence aux autres arts. Pourquoi avoir choisi comme basse l’Odyssée de Homère ?
C’est très simple, j’ai la chance de travailler  avec une metteure en scène très talentueuse qui s’appelle Irina Brook, qui a monté l’Odyssée de Homère dans laquelle j’ai joué. J’ai commencé le travail avec elle en jouant plusieurs personnages. J’ai commencé par Pénélope puis Circé et le Cyclope. Ça m’a marqué cette histoire parce que je l’avais apprise à l’école et tout d’un coup commencer à réfléchir, monter sur scène et se demander ce que l’on ressent quand on est dans la peau d’un Cyclope, que l’on est grand et pas content parce que papa nous a abandonné, etc. Étrangement, je me suis senti très proche de ce personnage, parce que c’est un géant qui a un coeur, qui veut pas manger les humains et c’est dans cette énergie, cette relation que je me suis confondu dans ce personnage. Je suis donc parti dans cette idée de Tony et les Cyclopes comme c’était mon énergie à ce moment là et que je considère tout l’univers de Homère comme la base de la civilisation moderne j’ai voulu m’exprimer à travers ces mythes. Après tout, je trouve que les mythes racontent beaucoup mieux l’histoire de l’humain que les médias.


5- Comment est née ta collaboration avec Irina Brook ?
Je travaillais avec son père (Peter Brook), j’avais rencontré Irina dans le cadre d’une soirée. Deux, trois ans après j’ai arrêté de travailler avec Peter et je me suis plongé dans le cinéma mais Irina à voulu me rencontrer pour un workshop. Par la suite, elle m’a proposé de jouer dans la pièce et on a commencé notre collaboration. Maintenant, je joue le rôle de Caliban dans La Tempête de W. Shakespeare.

6- Peux-tu approfondir ton avis sur la différence entre le cinéma et le théâtre ?
Dans le cinéma, il y a quelque chose de très plastique, j’adore cet art parce que j’aime le rapport avec l’image, même si c’est un rapport très moderne qui ne date pas de si longtemps : fin XIXème, c’est pas si vieux. Je ne voulais pas faire de cinéma avant, mais une fois que tu commences, tu ne peux plus t’arrêter. Comme un drogué, tu as envie d’avoir ce rapport à l’image le plus souvent possible. Mais au-delà de ça, c’est aussi une vérité que la caméra demande c’est un exercice qui n’est pas évident, proche aussi de la photo, cet exercice me plaît, j’aime créer des personnages photogéniques, m’intégrer dans une histoire, monter cette histoire avec un metteur en scène, un scénariste et donner vie à des personnages qui étaient couchés sur papier. Ça c’est ce qui me plaît au cinéma. Après dans le Théâtre, il y a un exercice qui est beaucoup plus difficile pour moi dans le sens où, on doit être dans une concentration constante et que nous devons toujours être sur le qui-vive. Donc ce sont deux exercices très différents que j’apprécie.

7- Ton premier grand rapport à l’image, comment l’as-tu vécu ?
C’était lors de La Squale, j’ai été découvert lors d’un casting sauvage en 1998, je sortais des cours et il y a avait un directeur de casting qui m’a vu passer et il m’a demandé si ça me plairait de faire un casting, donc j’ai dis « Ouais pourquoi pas », j’avais un peu la côte dans mon lycée donc j’y suis allé. Je l’ai passé, le premier jour ils ne me disent rien, ils me demandent de revenir le lendemain. Idem, je devais revenir le jour suivant, et comme ça pendant 2 semaines consécutives ce qui est assez rare lors d’une période d’audition. Et à la fin de ces deux semaines, j’ai été retenu pour  ce film et à partir de là on nous avait préparé pour qu’on puisse envisager cette carrière, je l’ai envisagé et j’ai tout de suite tourné après, les agences sont venues, mais c’est vrai qu’il y a une minorité d’artistes, visibles, qui puissent travailler assez régulièrement dans le cinéma.

8 - Comment définirais-tu ta musique ?
Ma musique, c’est comme quand tu es dans ta chambre et que tu écoutes pour la première fois « Where did you sleep last night » de Kurt Cobain et tu es en train de chanter sur ton lit. Moi j’adore la musique classique, particulièrement la musique de chambre. Mais après pour moi, la musique qu’on fait, c’est des potes qui ont du talent et qui veulent composer pour des auditeurs comme s’ils étaient dans leur chambre, comme s’ils étaient dans l’écoute la plus intime qui soit. La musique, ce que ça provoque chez moi c’est que j’ai vraiment la sensation d’exister quand je monte sur scène, quand je chante des textes qui sont les miens dans un univers que je connais bien, j’ai l’impression de faire passer une énergie, plus qu’un message je fais passer une énergie. J’ai envie que le public reparte de la salle avec quelque chose de positif.

9- Quel était ton rêve d’enfant ?
Étant petit je voulais être clown. Je le sais parce qu’il y a des photos où j’étais déguisé en clown de toutes les couleurs et je faisais rire tous le monde.

10- Quelles sont tes formations artistiques ?
J’ai appris sur le tas mais j’ai eu un peu de formation, un atelier théâtre quand j’étais au lycée. D’ailleurs je tiens à encourager tous les professeurs de théâtre qui font découvrir cet art à des élèves qui n’ont pas l’occasion de voir le théâtre autrement que par l’éducation (le premier rapport que j’ai eu avec le théâtre c’était via l’école). Après, avoir fait La Squale, on a été coaché par une professeur de théâtre pendant un an et demi puis est venue ma collaboration avec Peter Brook, ma plus grande formation a été avec lui. Je ne suis pas passé par une institution, on m’a proposé le Conservatoire, mais je sais que, pour une question de personnalité et parce que je n’ai pas trop l’esprit scolaire, j’ai préféré éviter. Musicalement, je suis un autodidacte, j’ai pris un peu de cours de guitare, un peu de cours de piano, j’aurais pu en prendre d’avantage mais je me sentais bien plus exister par les notes que je créais.

11- Est ce que tu aurais un conseil pour les artistes émergeants ?
Je n’aime pas trop le mot conseil mais par rapport à mon parcours je dirais qu’il faut transmettre, chercher à transmettre, tout le temps.

12 - Et le mot de la fin ?
Underground


In the blue sky we and a bee, c’est Elise et Mikko, c’est aussi un duo frais, vivant, unique, entre une jeune française et un finlandais qui, guitare sur le dos et ukulélé dans les mains, s’en vont donner à des oreilles attentives et sensibles, des bribes de douceurs musicales. In the blue sky we and a bee, c’est un grand verre d’eau fraîche bu d’un trait lors d’une ardente journée d’été caniculaire. Ce sont des cordes qui vibrent, des instruments remis en lumière pour un plaisir auditif savoureux. Tout doucement, la voix sucrée d’Élise dépose sur nos lèvres un léger sourire de bien-être, d’aisance, comme si plus rien n’existait, qu’il ne restait qu’un délicat bonheur d’une mélodie qui soulève les âmes pour les mener vers des cieux toujours bleus, là où il y fait bon vivre. C’est à l’arrière d’une voiture, magnéto en main, sur l’autoroute 14 en direction du gris Paris que j’ai eu la chance d’interviewer Élise.

1  - Comment as tu rencontré ton partenaire ?  J’ai rencontré Mikko à Paris en septembre 2009 dans le 18eme arrondissement à Château Rouge, je partais pour l’Irlande à Dublin et puis je l’ai rencontré par hasard et j’ai voulu rester. 2 - Quel genre de musique faites vous ?  C’est folk, on utilise beaucoup d’instruments, guitare, ukulélé, banjo, batterie, enfin des choses toutes simples, du violoncelle, du piano, on compose simplement et on essaye de faire des trucs sympa avec.3 - Comment avez vous assurés vos premiers concerts ?  En fait, 6 mois après s’être rencontrés, on avait déjà enregistrés 4 titres, on a organisé une tournée en Estonie, en Finlande et on a finit par Paris, c’était très sympa, on a tout booké nous même, on est partis avec notre petite valise et tous nos instruments et on a fait le tour comme on en avait envie. 4 - Et vous avez finit par vous installer à Berlin pour la musique ?  Oui, on y trouve un nid artistique musical assez impressionnant et prometteur, je dirais qu’on peut bien évoluer là bas, à commencer par dénicher un label et puis c’est aussi une expérience parce que Berlin, c’est aussi la capitale européenne de la musique. 
5 - Quelle est ta formation musicale ?J’ai commencé le violoncelle à l’age de 7 ans jusqu’à 16 ans et pour les autres instruments, j’ai appris en regardant les autres ou par moi même. Ceci dit, j’aime bien ne pas savoir jouer d’un instrument, le prendre dans mes mains et trouver des sons avec, c’est génial de ne pas savoir jouer d’un instrument. 6 - Comment décrirais-tu ton duo avec Mikko ?  On est tous les deux très différents, c’est ce qui nous permets de composer et de travailler. Lui, il est assez perfectionniste, il va passer des heures à essayer de finir un morceau, alors que moi, si j’ai pas d’idée, j’attends que l’inspiration vienne, du coup, on est assez complémentaires la dessus même ça été dur par moment. Pour les enregistrements on a tout fait nous même et on a composé l’album en un an alors qu’il était prévu de le faire en trois.  7 - Qu’est ce qui t’inspire ?  Ah beaucoup de choses, tout, la vie en fait. Les autres, mon enfance, les livres, les films, la musique, etc. 8 - Tu es en train d’enregistrer ton premier album, comment comptes tu le promouvoir ?  Alors en fait, on a tout es enregistré nous même, une fois que le mixage sera terminé on cherchera des labels et qui vivra verra ! (rire)  9 - Pourquoi la musique ? Pourquoi le violoncelle ?  Ah c’est dur comme question, le violoncelle quand j’avais 6/7 ans, je voulais jouer du violon, c’était ma passion, je pensais qu’a ça et un jour j’étais invité a un anniversaire d’un des amis de mes parents et je vois un homme qui prends son violoncelle et qui joue et là, je me suis dis : C’est ça quoi ! Gros coup de foudre pour cet instrument et d’ailleurs quand j’en joue, je trouve que c’est celui la qui se rapproche le plus de la voix humaine et j’ai l’impression qu’il me parle quand j’en joue et oui, c’est lui, c’est ça. Et pourquoi la musique, je sais pas, j’ai été élevée dans une famille qui est très portée vers le Théâtre, la musique, alors je pense que c’est lié à mon environnement 10 - Donc ta famille d’artiste t’as aidé à te développer quand même non ?  Oui, ma famille m’inspire beaucoup oui, ma mère est écrivain, ma soeur actrice. 11 - Ton rêve d’enfance ?  C’est marrant, c’est que quand j’étais toute petite je savais que plus tard, j’habiterai pas en France, que je ferais de la musique et que je parlerai pas ma langue et j’y suis arrivé, je trouve ça drôle. 12 - Tu fais passer un message via ta musique ?  Je sais pas vraiment en fait, je pense toucher beaucoup de gens, ce qui est marrant c’est que quand j’étais jeune j’écrivais vraiment pour moi, et maintenant non, par exemple, j’ai entendu parler d’une femme qui avait enregistré son album pendant la guerre, elle même, pendant que son bébé dormait la nuit et sa fille des années après a retrouvé l’enregistrement et les a publiés sur Spotify, j’ai trouvé ça formidable et j’ai écris sur elle en fait. Je ne cherche pas des messages particulier, j’écris pour le monde, tout ce qui m’inspire. 13 - Qu’est ce qui te fais avancer ?  Je pense que c’est l’amour, c’est un peu cliché mais il y a ma famille qui est très présente et c’est ça qui m’a permis d’aller de l’avant et de suivre mes envies, je ne pense pas trop a l’avenir, je vis sur le moment présent et puis si j’ai envie de partir maintenant, je pars. C’est une grande liberté. 14 - Quel conseil pour les jeunes musiciens ?  D’aller au bout de leurs rêves, vraiment, je suis sûre qu’à force de travailler, de vraiment y croire et bien ça marche. 15 - Et le mot de la fin ?  “Il y a toujours quelqu’un qui nous attends quelque part” A.G.

In the blue sky we and a bee, c’est Elise et Mikko, c’est aussi un duo frais, vivant, unique, entre une jeune française et un finlandais qui, guitare sur le dos et ukulélé dans les mains, s’en vont donner à des oreilles attentives et sensibles, des bribes de douceurs musicales. In the blue sky we and a bee, c’est un grand verre d’eau fraîche bu d’un trait lors d’une ardente journée d’été caniculaire. Ce sont des cordes qui vibrent, des instruments remis en lumière pour un plaisir auditif savoureux. Tout doucement, la voix sucrée d’Élise dépose sur nos lèvres un léger sourire de bien-être, d’aisance, comme si plus rien n’existait, qu’il ne restait qu’un délicat bonheur d’une mélodie qui soulève les âmes pour les mener vers des cieux toujours bleus, là où il y fait bon vivre. C’est à l’arrière d’une voiture, magnéto en main, sur l’autoroute 14 en direction du gris Paris que j’ai eu la chance d’interviewer Élise.

1  - Comment as tu rencontré ton partenaire ?
J’ai rencontré Mikko à Paris en septembre 2009 dans le 18eme arrondissement à Château Rouge, je partais pour l’Irlande à Dublin et puis je l’ai rencontré par hasard et j’ai voulu rester.

2 - Quel genre de musique faites vous ?
C’est folk, on utilise beaucoup d’instruments, guitare, ukulélé, banjo, batterie, enfin des choses toutes simples, du violoncelle, du piano, on compose simplement et on essaye de faire des trucs sympa avec.

3 - Comment avez vous assurés vos premiers concerts ?
En fait, 6 mois après s’être rencontrés, on avait déjà enregistrés 4 titres, on a organisé une tournée en Estonie, en Finlande et on a finit par Paris, c’était très sympa, on a tout booké nous même, on est partis avec notre petite valise et tous nos instruments et on a fait le tour comme on en avait envie.

4 - Et vous avez finit par vous installer à Berlin pour la musique ?
Oui, on y trouve un nid artistique musical assez impressionnant et prometteur, je dirais qu’on peut bien évoluer là bas, à commencer par dénicher un label et puis c’est aussi une expérience parce que Berlin, c’est aussi la capitale européenne de la musique. 

5 - Quelle est ta formation musicale ?
J’ai commencé le violoncelle à l’age de 7 ans jusqu’à 16 ans et pour les autres instruments, j’ai appris en regardant les autres ou par moi même. Ceci dit, j’aime bien ne pas savoir jouer d’un instrument, le prendre dans mes mains et trouver des sons avec, c’est génial de ne pas savoir jouer d’un instrument.

6 - Comment décrirais-tu ton duo avec Mikko ?
On est tous les deux très différents, c’est ce qui nous permets de composer et de travailler. Lui, il est assez perfectionniste, il va passer des heures à essayer de finir un morceau, alors que moi, si j’ai pas d’idée, j’attends que l’inspiration vienne, du coup, on est assez complémentaires la dessus même ça été dur par moment. Pour les enregistrements on a tout fait nous même et on a composé l’album en un an alors qu’il était prévu de le faire en trois. 

7 - Qu’est ce qui t’inspire ?
Ah beaucoup de choses, tout, la vie en fait. Les autres, mon enfance, les livres, les films, la musique, etc.

8 - Tu es en train d’enregistrer ton premier album, comment comptes tu le promouvoir ?
Alors en fait, on a tout es enregistré nous même, une fois que le mixage sera terminé on cherchera des labels et qui vivra verra ! (rire)

9 - Pourquoi la musique ? Pourquoi le violoncelle ?
Ah c’est dur comme question, le violoncelle quand j’avais 6/7 ans, je voulais jouer du violon, c’était ma passion, je pensais qu’a ça et un jour j’étais invité a un anniversaire d’un des amis de mes parents et je vois un homme qui prends son violoncelle et qui joue et là, je me suis dis : C’est ça quoi ! Gros coup de foudre pour cet instrument et d’ailleurs quand j’en joue, je trouve que c’est celui la qui se rapproche le plus de la voix humaine et j’ai l’impression qu’il me parle quand j’en joue et oui, c’est lui, c’est ça. Et pourquoi la musique, je sais pas, j’ai été élevée dans une famille qui est très portée vers le Théâtre, la musique, alors je pense que c’est lié à mon environnement

10 - Donc ta famille d’artiste t’as aidé à te développer quand même non ?
Oui, ma famille m’inspire beaucoup oui, ma mère est écrivain, ma soeur actrice.

11 - Ton rêve d’enfance ?
C’est marrant, c’est que quand j’étais toute petite je savais que plus tard, j’habiterai pas en France, que je ferais de la musique et que je parlerai pas ma langue et j’y suis arrivé, je trouve ça drôle.

12 - Tu fais passer un message via ta musique ?
Je sais pas vraiment en fait, je pense toucher beaucoup de gens, ce qui est marrant c’est que quand j’étais jeune j’écrivais vraiment pour moi, et maintenant non, par exemple, j’ai entendu parler d’une femme qui avait enregistré son album pendant la guerre, elle même, pendant que son bébé dormait la nuit et sa fille des années après a retrouvé l’enregistrement et les a publiés sur Spotify, j’ai trouvé ça formidable et j’ai écris sur elle en fait. Je ne cherche pas des messages particulier, j’écris pour le monde, tout ce qui m’inspire.

13 - Qu’est ce qui te fais avancer ?
Je pense que c’est l’amour, c’est un peu cliché mais il y a ma famille qui est très présente et c’est ça qui m’a permis d’aller de l’avant et de suivre mes envies, je ne pense pas trop a l’avenir, je vis sur le moment présent et puis si j’ai envie de partir maintenant, je pars. C’est une grande liberté.

14 - Quel conseil pour les jeunes musiciens ?
D’aller au bout de leurs rêves, vraiment, je suis sûre qu’à force de travailler, de vraiment y croire et bien ça marche.

15 - Et le mot de la fin ?
Il y a toujours quelqu’un qui nous attends quelque part” A.G.

            Making-of - Création de l’ouvrage Louboutin à l’occasion des 20 ans de la griffe.


"Elle m’a poussée dans mes  retranchements,  m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à  l’absolu : de  l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon.  Elle m’a  disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ?  Pourquoi on  n’en parle pas ?" Parce qu’un heureux évènement, n’est pas  forcément fait que de bonheur indescriptible… Nico et Barbara  conçoivent un enfant dans l’amour parfait. Mais entre les études de  philosophie, la famille, le travail et la gestion d’un nouveau né, la  nouvelle mère va chercher au plus profond d’elle pour assurer le bonheur  de son enfant."

Un heureux événement, voilà un film qui s’annonce particulièrement  jovial et attendrissant. La naissance d’un enfant, “Quoi de plus beau ?”  direz vous “C’est la vie, c’est magique, c’est du gâteau !”. Que nenni !  A ceux qui pensent “C’est renversant et bouleversant” vous pensez juste.  Barbara jeune femme en étude de Philosophie se retrouve un beau jour  enceinte et consentante. Enfin consentante, pour donner la vie oui, pour  les 9 mois de gestation moins. Attention dénonciations, ce film  révèle les aléas d’une grossesse que certaines mères qualifient comme  le plus bel évènement de leur vie. Entre les angoisses, les pulsions  hormonales et l’amour naissant pour son “alien” Barbara, interprétée  sans trop d’exploit par Louise Bourgoin, est seule pourtant entourée de  sa famille (dont le rôle de la mère, tenue par Josiane Balasko, drôle et  sensible, avec ses brèches, sa solitude, ses “inconsciences” d’antan,  son amour pour ses filles) va vivre ce qu’elle appelle ironiquement son  “heureux événement”. C’est ainsi que nous pourrions qualifier sa période  de grossesse de saisissante, son accouchement d’épique et son baby blues  de touchant. Parce que oui, Un heureux évènement, c’est aussi aussi la période post-natale, ou la nouvelle mère est prise de questionnements et  de peurs. En effet, comment donner sa vie a ce petit être fragile sans  pour autant se détruire moralement. Entre des excès de violence et de  désespoir, la seconde partie du long métrage est beaucoup plus noire que  la précédente. Nous assistons, pauvres spectateurs orphelins aux  difficultés d’une jeune femme pour assurer cette nouvelle vie dont  l’enfant est le centre.Seul hic, les trente premières minutes de Un heureux évènemente c’est aussi, ne l’oublions pas, un frauduleux rappel de La guerre est déclarée (de Valérie Donzelli, 2011) On y trouve un gout de déjà-vu, qui ne nous aide guère à nous plonger dans l’aventure maternelle de Barbara. Cependant, Un heureux évènement reste une belle dédicace à la nativité et à l’instinct maternel, sans trop d’artifices, juste ce qu’il faut pour apprécier.

"Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ?" Parce qu’un heureux évènement, n’est pas forcément fait que de bonheur indescriptible… Nico et Barbara conçoivent un enfant dans l’amour parfait. Mais entre les études de philosophie, la famille, le travail et la gestion d’un nouveau né, la nouvelle mère va chercher au plus profond d’elle pour assurer le bonheur de son enfant."

Un heureux événement, voilà un film qui s’annonce particulièrement jovial et attendrissant. La naissance d’un enfant, “Quoi de plus beau ?” direz vous “C’est la vie, c’est magique, c’est du gâteau !”. Que nenni ! A ceux qui pensent “C’est renversant et bouleversant” vous pensez juste. Barbara jeune femme en étude de Philosophie se retrouve un beau jour enceinte et consentante. Enfin consentante, pour donner la vie oui, pour les 9 mois de gestation moins. Attention dénonciations, ce film révèle les aléas d’une grossesse que certaines mères qualifient comme le plus bel évènement de leur vie. Entre les angoisses, les pulsions hormonales et l’amour naissant pour son “alien” Barbara, interprétée sans trop d’exploit par Louise Bourgoin, est seule pourtant entourée de sa famille (dont le rôle de la mère, tenue par Josiane Balasko, drôle et sensible, avec ses brèches, sa solitude, ses “inconsciences” d’antan, son amour pour ses filles) va vivre ce qu’elle appelle ironiquement son “heureux événement”. C’est ainsi que nous pourrions qualifier sa période de grossesse de saisissante, son accouchement d’épique et son baby blues de touchant. Parce que oui, Un heureux évènement, c’est aussi aussi la période post-natale, ou la nouvelle mère est prise de questionnements et de peurs. En effet, comment donner sa vie a ce petit être fragile sans pour autant se détruire moralement. Entre des excès de violence et de désespoir, la seconde partie du long métrage est beaucoup plus noire que la précédente. Nous assistons, pauvres spectateurs orphelins aux difficultés d’une jeune femme pour assurer cette nouvelle vie dont l’enfant est le centre.

Seul hic, les trente premières minutes de Un heureux évènemente c’est aussi, ne l’oublions pas, un frauduleux rappel de La guerre est déclarée (de Valérie Donzelli, 2011) On y trouve un gout de déjà-vu, qui ne nous aide guère à nous plonger dans l’aventure maternelle de Barbara. Cependant, Un heureux évènement reste une belle dédicace à la nativité et à l’instinct maternel, sans trop d’artifices, juste ce qu’il faut pour apprécier.


" Nigel est un petit garçon anglais vivant entre ses parents et les boites de conserves que sa mère fait chaque soir bouillir dans une marmite. Mais Nigel à un secret, la passion de la bonne nourriture et rêve secrètement de la cuisine européenne. Au décès de sa mère, il n’a d’autre plaisir inavoué que de cuisiner pour son père, mais l’arrivée d’une gouvernante, excellente cuisinière, contre-carre ses plans. Dans son passage de l’enfant à l’adulte, Nigel va tenter de disputer l’amour de son père à coup de bons petits plats." 

 
Inspiré de la jeunesse du chef cuisinier Nigel Slater, Toast, est avant tout une ode à la cuisine et à l’amour maternel. Dans Toast, ce que l’on retient, c’est avant tout la puissance de la cuisine sur nos états-d’âmes, elle nous est ici présentées comme étant une continuité de notre être. C’est ainsi que ce jeune garçon, même avec une mère piètre cuisinière, sait savourer un toast rapidement cuit au grille-pain et lestement recouvert de beurre à la fleur de sel. Toast, c’est aussi un enfant touché par la perte fulgurante de sa mère. En effet, dans des scènes aussi dramatiques que cathartiques destinées à faire renaître les moments de tendresse maternelle, nous assistons au deuil douloureux du père, puis du fils ébranlé par ce vide absolu que laisse sa mère sur qui il avait posé son monde candide et sucré. Ainsi, entre son rire, sa complicité perdue avec le jardinier, ses larmes et ses premiers émois, Nigel tente de consoler son père, malgré plusieurs échec, par la cuisine. Étrangement, ce n’est pas par les mots que le spectateur est projeté dans cette intimité père/fils, l’épaisseur des personnages et leur véracité sont mises en exergue par de justes silences et des regards chargés d’émotions. 
Toast, c’est aussi du conflit. C’est la mise en scène de la dualité entre “le fiston” et “la nouvelle femme de papa”. En effet, Mrs Potter, judicieusement interprétée par Helena Bonham Carter, débarque dans la vie de Nigel un beau matin avec ses produits ménagers, sa cuisine étouffe-chrétien, son hypocrisie, et sa condition pour ravager du coup de tablier les maigres liens qu’un fils commençait à tisser avec son père. C’est ainsi que l’expression "tenir un homme par le ventre" prend alors tout son sens. Cette femme, débarquée de son foyer d’accueil, infecte avec le petit garçon qui devient sous ses yeux un jeune homme, obtiendra un mari, un foyer et une illusoire image de famille. S’instaure alors entre Nigel et Mrs Potter une lutte intestine (notamment autour d’un Meringué au citron gargantuesque) pour conquérir ce père et cet époux qui malgré les efforts ne voit pas que son fils est en quête de reconnaissance et d’amour.
Enfin, Toast, c’est un doux et délicieux pamphlet à la gastronomie. Pendant une heure et demie, le spectateur salive, la gourmandise fait rage. Passant de saveurs en saveurs, du sucré au salé, de plats en plats, nous sommes contemplatifs face à ce foisonnement d’aliments, cette cuisine chargée d’émotions, de sens que les yeux d’un enfant élèvent en un art culinaire qui est devenu sa force, sa vie.

" Nigel est un petit garçon anglais vivant entre ses parents et les boites de conserves que sa mère fait chaque soir bouillir dans une marmite. Mais Nigel à un secret, la passion de la bonne nourriture et rêve secrètement de la cuisine européenne. Au décès de sa mère, il n’a d’autre plaisir inavoué que de cuisiner pour son père, mais l’arrivée d’une gouvernante, excellente cuisinière, contre-carre ses plans. Dans son passage de l’enfant à l’adulte, Nigel va tenter de disputer l’amour de son père à coup de bons petits plats."

 

Inspiré de la jeunesse du chef cuisinier Nigel Slater, Toast, est avant tout une ode à la cuisine et à l’amour maternel. Dans Toast, ce que l’on retient, c’est avant tout la puissance de la cuisine sur nos états-d’âmes, elle nous est ici présentées comme étant une continuité de notre être. C’est ainsi que ce jeune garçon, même avec une mère piètre cuisinière, sait savourer un toast rapidement cuit au grille-pain et lestement recouvert de beurre à la fleur de sel. Toast, c’est aussi un enfant touché par la perte fulgurante de sa mère. En effet, dans des scènes aussi dramatiques que cathartiques destinées à faire renaître les moments de tendresse maternelle, nous assistons au deuil douloureux du père, puis du fils ébranlé par ce vide absolu que laisse sa mère sur qui il avait posé son monde candide et sucré. Ainsi, entre son rire, sa complicité perdue avec le jardinier, ses larmes et ses premiers émois, Nigel tente de consoler son père, malgré plusieurs échec, par la cuisine. Étrangement, ce n’est pas par les mots que le spectateur est projeté dans cette intimité père/fils, l’épaisseur des personnages et leur véracité sont mises en exergue par de justes silences et des regards chargés d’émotions.

Toast, c’est aussi du conflit. C’est la mise en scène de la dualité entre “le fiston” et “la nouvelle femme de papa”. En effet, Mrs Potter, judicieusement interprétée par Helena Bonham Carter, débarque dans la vie de Nigel un beau matin avec ses produits ménagers, sa cuisine étouffe-chrétien, son hypocrisie, et sa condition pour ravager du coup de tablier les maigres liens qu’un fils commençait à tisser avec son père. C’est ainsi que l’expression "tenir un homme par le ventre" prend alors tout son sens. Cette femme, débarquée de son foyer d’accueil, infecte avec le petit garçon qui devient sous ses yeux un jeune homme, obtiendra un mari, un foyer et une illusoire image de famille. S’instaure alors entre Nigel et Mrs Potter une lutte intestine (notamment autour d’un Meringué au citron gargantuesque) pour conquérir ce père et cet époux qui malgré les efforts ne voit pas que son fils est en quête de reconnaissance et d’amour.

Enfin, Toast, c’est un doux et délicieux pamphlet à la gastronomie. Pendant une heure et demie, le spectateur salive, la gourmandise fait rage. Passant de saveurs en saveurs, du sucré au salé, de plats en plats, nous sommes contemplatifs face à ce foisonnement d’aliments, cette cuisine chargée d’émotions, de sens que les yeux d’un enfant élèvent en un art culinaire qui est devenu sa force, sa vie.


 “Avec pour toile de fond  un  pays déchiré par la guerre, Et maintenant on va où ? raconte  la  détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à   protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant   preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes,   unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif :   distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et   leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique,   jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui   restent ?”

 La  scène d’exposition, forte et poétique, nous  ouvre les yeux sur un petit village perdu au milieu du conflit entres  les musulmans et les chrétiens. Sur le  chemin qui  mène au cimetière du village, une procession de femmes en  noir affronte  la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de  leurs époux,  leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile,  d’autres une  croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence  d’une guerre  funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le  cortège se sépare  en deux : l’un musulman, l’autre chrétien.Et maintenant, on va ou ? C’est aussi des  répliques savoureuses de ces femmes libres, vivantes et belles. Usant  de nombreux stragèmes pour conserver à tout prix une paix vacillante au  sein de cette communauté où la fraternité et le respect règnent  malgré tout, elles nous font chavirer entre les larmes et le sourire. Nous nous laissons transporter  dans une bulle de douceur aux saveurs chaleureuses et délicates préparées avec brio par Nadine Labaki. Entre la beauté de l’image et le jeu poignant des comédiennes, ce film dénonce les méfaits du sectarisme religieux des hommes qui nous est présenté adoucit, effilé par les femmes de ce village. Après Caramel (2007) l’intelligence et la légèreté est toujours là, à demie-cachée sous un humour destiné à alléger un sujet complexe, celui du conflit. De là à aller chercher si oui, ou non, il s’agit d’un film féministe dénonçant la bêtise de l’homme. Trêve de réflexions stériles, ce film est à voir dans sa simplicité. 
Et maintenant, on va ou ? C’est  beau, c’est frais, c’est une belle leçon de vie où le conflit n’a pas sa  place, où la paix est la seule loi, ou l’amour est maître.

 “Avec pour toile de fond un pays déchiré par la guerre, Et maintenant on va où ? raconte la détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes, unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif : distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique, jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui restent ?”

 La  scène d’exposition, forte et poétique, nous ouvre les yeux sur un petit village perdu au milieu du conflit entres les musulmans et les chrétiens. Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d’autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d’une guerre funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux : l’un musulman, l’autre chrétien.
Et maintenant, on va ou ? C’est aussi des répliques savoureuses de ces femmes libres, vivantes et belles. Usant de nombreux stragèmes pour conserver à tout prix une paix vacillante au sein de cette communauté où la fraternité et le respect règnent malgré tout, elles nous font chavirer entre les larmes et le sourire. Nous nous laissons transporter dans une bulle de douceur aux saveurs chaleureuses et délicates préparées avec brio par Nadine Labaki.

Entre la beauté de l’image et le jeu poignant des comédiennes, ce film
dénonce les méfaits du sectarisme religieux des hommes qui nous est présenté adoucit, effilé par les femmes de ce village. Après Caramel (2007) l’intelligence et la légèreté est toujours là, à demie-cachée sous un humour destiné à alléger un sujet complexe, celui du conflit.
De là à aller chercher si oui, ou non, il s’agit d’un film féministe dénonçant la bêtise de l’homme. Trêve de réflexions stériles, ce film est à voir dans sa simplicité. 

Et maintenant, on va ou ? C’est beau, c’est frais, c’est une belle leçon de vie où le conflit n’a pas sa place, où la paix est la seule loi, ou l’amour est maître.


C’est sur la terrasse d’un café du 8ème arrondissement, entre un coca et un jus d’abricot que nous avons rencontré Morgan Mallet, jeune auteur d’Héroic Fantasy, ayant déjà publié le deuxieme tome de sa saga ExiledWorld. L’originalité de ses écrits repose sur le principe de la déstabilisation. En effet, ses personnages, Max et ses amis, transportés dans un monde parallèle s’en retrouvent complètement chamboulé par  l’absence complète de toutes les lois physiques. Ils arrivent dans un univers qui n’est pas le leur, ou la magie est reine et ou la guerre fait rage. Méchants, alliés, secrets, révélations et un suspens très bien conservés qui nous tient en haleine page après page, Morgan Mallet nous transporte dans les hautes sphères de notre imaginaire, pour le plaisir des grands et des petits.

1 - Quand as tu saisis ta plume pour la première fois en te disant : Je vais être auteur ?  Ça m’a prit vers l’âge de 14 ans et demi - 15 ans, j’étais en Seconde, je lisais beaucoup d’Héroic Fantasy et pendant la récréation, je me refaisait l’histoire, je la revivais. Et puis un jour, j’en ai eu marre que tous mes bouquins aient une fin de série, alors j’ai décidé d’écrire. Je me suis basé sur EvelWorld de Katherine Applegate mais je me suis vite rendu compte que je faisait du gros copier-coller, alors j’ai tout recommencé pour me faire quelque chose qui me ressemble plus.
2 - Pourquoi écris tu ? Ça peut paraître fou ou prétentieux, mais j’ai toujours considéré que les écrits ne sont pas faits pour être laissés dans un placard, dès le départ j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de le diffuser, de le faire découvrir aux lecteurs. J’écris pour moi, pour plaire, qu’importe à qui.
3 - Comment as tu rencontré ton éditeur ? Par pur hasard, un jour mon père est rentré dans ce qu’il croyait être une librairie, il s’agissait en fait d’une petite maison d’édition (Édition de l’Officine), il a rencontré l’éditeur et il a parlé de moi.
4 - Ton éditeur t’as demandé de faire des modifications sur ton manuscrit ? Non, il a prit tels quels mes tomes 1 et 2. Mais je pense aller vers une maison d’édition plus importante pour faire publier le tome 3.
5 - Quelle grande maison d’édition ?Bragelonne, maison spécialisée dans le fantastique et la science fiction. J’ai eu la chance d’avoir un contact dans cette maison par un vendeur de la FNAC des Ternes. Je leur ai envoyé mon 1er tome, depuis j’attends, on verra bien.
6 - Pour toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’une petite maison d’édition ? Il y peu d’avantages pour quelques inconvénients. Le plus d’une petite maison d’édition, c’est qu’il te donne ta chance. Les moins c’est que l’on bénéficie d’une diffusion plus restreinte, et que je ne vais pas m’attarder dessus parce que je tiens à ma maison d’édition (rire)
7 - Pourquoi avoir choisit d’écrire de l’Héroic Fantasy ? Oui, de l’Héroic Fantasy, et bien déjà parce que j’y trouve une liberté absolue de création. Je suis entièrement libre de façonner à mon histoire, je n’ai aucune contrainte. Ensuite, écrire dans ce genre, c’est faire appel a des fantasmes d’enfants comme exploser les méchants et faire triompher le bien, ceci dit, c’est aussi un fantasme d’adulte (rire). Cependant, comme tu me parle de Science Fiction, je m’applique à ce que mon univers soit un minimum rattaché à la science, c’est à dire que j’essaye d’expliquer scientifiquement les évènements de mon récit. Ceci dit, pourquoi pas changer de genre plus tard, mais avant je veux finir la saga.
8 - Selon toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’un jeune auteur ? Les inconvénients, c’est qu’on peut manquer de confiance en soi, et du coup qu’il est difficile d’obtenir la confiance des autres, outre forcément ses parents, ses amis, etc. Et puis l’âge peut aussi fermer des portes, comme en ouvrir d’ailleurs, c’est pour ça que c’est aussi un avantage. Le plus gros avantage que je retiendrais c’est qu’écrire son premier tome à 14 ans et le relire à 22 ans, même si parfois durant la relecture on grince des dents, on se rend compte que l’on murit pour et par ses récits. C’est un peu une trace de notre évolution.
9 - As tu fais ta promotion personnelle ? Disons que je n’en parle pas quand je rencontre des gens, je reste discret parce que je considère mon travail comme petit et modeste. Souvent mes amis l’apprennent au détours d’une conversation sans prétention (rire). Mais j’ai été référencé par ma maison d’édition à la FNAC (50 exemplaires vendus la 1ère journée), dans les Virgin dans les salons littéraires, etc. En parallèle, j’ai du faire de la démarche à plus petite échelle, dans les journaux locaux, à la radio. Quand j’étais stagiaire chez France 3, j’ai laissé trainé mon bouquin et je me suis retrouvé avec une interview au JT.
10 - Donc tu cible les jeunes ? Au début oui, mais je me suis rendu compte que ma fourche de lectorat s’est élargie d’elle même. Au début, je ciblais les garçons de 10-12 ans, mais j’ai eu des ventes pour les 7-8 ans et pour les 80 ans et plus. Aujourd’hui, je pourrai dire que mon lectorat est constitué majoritairement de jeunes ados et de jeunes adultes. Garçon et fille, homme et femme confondus, parce que oui, les fillettes de nos jours rêvent aussi de magie et d’exploser des monstres (rire)
11 - Et plus tard ? Avec trois casquettes, celle du réalisateur, celle du scénariste et celle du comédien.
12 - Pourquoi ce penchant pour la comédie ? Je considère que la comédie passe avant l’écriture parce que écrire, c’est un peu jouer les personnages, afin de leur donner une crédibilité. La comédie me permet de vivre mon histoire, on y trouve beaucoup de mes délires personnels, l’écriture c’est le contrôle et la théâtre c’est la liberté. Du coup l’un sert à l’autre. Au théâtre c’est difficile de mettre de coté son coté analytique, d’éviter une réflexion trop importante et de pouvoir vivre la scène sans ça. En gros, c’est dur de mettre en OFF l’auteur qui est en moi en même temps que mettre en ON le comédien que je suis.
13 - As-tu un processus d’écriture ? Le problème, c’est qu’entre mon travail, mes études, et la pluralité de mes activités, j’ai peu de temps libre et je suis fatigué. Donc le temps de calme dont je dispose, j’en profite pour me reposer. Donc dès que je suis en forme et que j’ai du temps, j’écris. Après, je me suis forcé à partir chez mes parents, seul, avec mon ordinateur. Sinon j’écris vraiment en dilettante, j’ai beau être devant ma feuille, je regarde les mouches voler, mais ça c’est pas du travail, c’est de la distraction (rire) Ceci dit, quand je me mets à écrire, j’ai la trame complète en tête, donc je la suis. Parfois, il y a des petits accidents, de léger évènements qui me servent, c’est comme j’ai décidé de ne pas m’axer sur le personnage principal (Max) comme dans le tome 1, mais de faire évoluer psychologiquement mes autres personnages pour éviter qu’ils ne fassent partis du décors, c’est pour ça que Cédric (l’ami de Max) est plus présent dans le tome 2.
14 - Pas trop difficile d’allier vie personnelle et tes activités artistiques ? Si, c’est compliqué d’accorder du temps à sa moitié, à sa famille, ses amis, ect. Parfois, ça hurle dans tout les sens, du coup, ça me demande des sacrifices.15 - Tu as des regrets suite à ces sacrifices ou au contraire, heureusement que tu les as fait ? Je n’ai pas de regrets, parce que il fut un temps j’avais une situation personnelle assez instable. Après certes, je n’ai peut-être pas beaucoup fait la fête, je n’ai peut-être pas vécu tout ce que j’avais à vivre en tant que jeune. Mais après c’est un style de vie, et c’est le mien.16 - Le mot de la fin ?Poursuivre ses rêves, c’est aussi une façon d’exister.

C’est sur la terrasse d’un café du 8ème arrondissement, entre un coca et un jus d’abricot que nous avons rencontré Morgan Mallet, jeune auteur d’Héroic Fantasy, ayant déjà publié le deuxieme tome de sa saga ExiledWorld. L’originalité de ses écrits repose sur le principe de la déstabilisation. En effet, ses personnages, Max et ses amis, transportés dans un monde parallèle s’en retrouvent complètement chamboulé par  l’absence complète de toutes les lois physiques. Ils arrivent dans un univers qui n’est pas le leur, ou la magie est reine et ou la guerre fait rage. Méchants, alliés, secrets, révélations et un suspens très bien conservés qui nous tient en haleine page après page, Morgan Mallet nous transporte dans les hautes sphères de notre imaginaire, pour le plaisir des grands et des petits.

1 - Quand as tu saisis ta plume pour la première fois en te disant : Je vais être auteur ?
Ça m’a prit vers l’âge de 14 ans et demi - 15 ans, j’étais en Seconde, je lisais beaucoup d’Héroic Fantasy et pendant la récréation, je me refaisait l’histoire, je la revivais. Et puis un jour, j’en ai eu marre que tous mes bouquins aient une fin de série, alors j’ai décidé d’écrire. Je me suis basé sur EvelWorld de Katherine Applegate mais je me suis vite rendu compte que je faisait du gros copier-coller, alors j’ai tout recommencé pour me faire quelque chose qui me ressemble plus.

2 - Pourquoi écris tu ?
Ça peut paraître fou ou prétentieux, mais j’ai toujours considéré que les écrits ne sont pas faits pour être laissés dans un placard, dès le départ j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de le diffuser, de le faire découvrir aux lecteurs. J’écris pour moi, pour plaire, qu’importe à qui.

3 - Comment as tu rencontré ton éditeur ?
Par pur hasard, un jour mon père est rentré dans ce qu’il croyait être une librairie, il s’agissait en fait d’une petite maison d’édition (Édition de l’Officine), il a rencontré l’éditeur et il a parlé de moi.

4 - Ton éditeur t’as demandé de faire des modifications sur ton manuscrit ?
Non, il a prit tels quels mes tomes 1 et 2. Mais je pense aller vers une maison d’édition plus importante pour faire publier le tome 3.

5 - Quelle grande maison d’édition ?
Bragelonne, maison spécialisée dans le fantastique et la science fiction. J’ai eu la chance d’avoir un contact dans cette maison par un vendeur de la FNAC des Ternes. Je leur ai envoyé mon 1er tome, depuis j’attends, on verra bien.

6 - Pour toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’une petite maison d’édition ?
Il y peu d’avantages pour quelques inconvénients. Le plus d’une petite maison d’édition, c’est qu’il te donne ta chance. Les moins c’est que l’on bénéficie d’une diffusion plus restreinte, et que je ne vais pas m’attarder dessus parce que je tiens à ma maison d’édition (rire)

7 - Pourquoi avoir choisit d’écrire de l’Héroic Fantasy ?
Oui, de l’Héroic Fantasy, et bien déjà parce que j’y trouve une liberté absolue de création. Je suis entièrement libre de façonner à mon histoire, je n’ai aucune contrainte. Ensuite, écrire dans ce genre, c’est faire appel a des fantasmes d’enfants comme exploser les méchants et faire triompher le bien, ceci dit, c’est aussi un fantasme d’adulte (rire). Cependant, comme tu me parle de Science Fiction, je m’applique à ce que mon univers soit un minimum rattaché à la science, c’est à dire que j’essaye d’expliquer scientifiquement les évènements de mon récit. Ceci dit, pourquoi pas changer de genre plus tard, mais avant je veux finir la saga.

8 - Selon toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’un jeune auteur ?
Les inconvénients, c’est qu’on peut manquer de confiance en soi, et du coup qu’il est difficile d’obtenir la confiance des autres, outre forcément ses parents, ses amis, etc. Et puis l’âge peut aussi fermer des portes, comme en ouvrir d’ailleurs, c’est pour ça que c’est aussi un avantage. Le plus gros avantage que je retiendrais c’est qu’écrire son premier tome à 14 ans et le relire à 22 ans, même si parfois durant la relecture on grince des dents, on se rend compte que l’on murit pour et par ses récits. C’est un peu une trace de notre évolution.

9 - As tu fais ta promotion personnelle ?
Disons que je n’en parle pas quand je rencontre des gens, je reste discret parce que je considère mon travail comme petit et modeste. Souvent mes amis l’apprennent au détours d’une conversation sans prétention (rire). Mais j’ai été référencé par ma maison d’édition à la FNAC (50 exemplaires vendus la 1ère journée), dans les Virgin dans les salons littéraires, etc. En parallèle, j’ai du faire de la démarche à plus petite échelle, dans les journaux locaux, à la radio. Quand j’étais stagiaire chez France 3, j’ai laissé trainé mon bouquin et je me suis retrouvé avec une interview au JT.

10 - Donc tu cible les jeunes ?
Au début oui, mais je me suis rendu compte que ma fourche de lectorat s’est élargie d’elle même. Au début, je ciblais les garçons de 10-12 ans, mais j’ai eu des ventes pour les 7-8 ans et pour les 80 ans et plus. Aujourd’hui, je pourrai dire que mon lectorat est constitué majoritairement de jeunes ados et de jeunes adultes. Garçon et fille, homme et femme confondus, parce que oui, les fillettes de nos jours rêvent aussi de magie et d’exploser des monstres (rire)

11 - Et plus tard ?
Avec trois casquettes, celle du réalisateur, celle du scénariste et celle du comédien.

12 - Pourquoi ce penchant pour la comédie ?
Je considère que la comédie passe avant l’écriture parce que écrire, c’est un peu jouer les personnages, afin de leur donner une crédibilité. La comédie me permet de vivre mon histoire, on y trouve beaucoup de mes délires personnels, l’écriture c’est le contrôle et la théâtre c’est la liberté. Du coup l’un sert à l’autre. Au théâtre c’est difficile de mettre de coté son coté analytique, d’éviter une réflexion trop importante et de pouvoir vivre la scène sans ça. En gros, c’est dur de mettre en OFF l’auteur qui est en moi en même temps que mettre en ON le comédien que je suis.

13 - As-tu un processus d’écriture ?
Le problème, c’est qu’entre mon travail, mes études, et la pluralité de mes activités, j’ai peu de temps libre et je suis fatigué. Donc le temps de calme dont je dispose, j’en profite pour me reposer. Donc dès que je suis en forme et que j’ai du temps, j’écris. Après, je me suis forcé à partir chez mes parents, seul, avec mon ordinateur. Sinon j’écris vraiment en dilettante, j’ai beau être devant ma feuille, je regarde les mouches voler, mais ça c’est pas du travail, c’est de la distraction (rire)
Ceci dit, quand je me mets à écrire, j’ai la trame complète en tête, donc je la suis. Parfois, il y a des petits accidents, de léger évènements qui me servent, c’est comme j’ai décidé de ne pas m’axer sur le personnage principal (Max) comme dans le tome 1, mais de faire évoluer psychologiquement mes autres personnages pour éviter qu’ils ne fassent partis du décors, c’est pour ça que Cédric (l’ami de Max) est plus présent dans le tome 2.

14 - Pas trop difficile d’allier vie personnelle et tes activités artistiques ?
Si, c’est compliqué d’accorder du temps à sa moitié, à sa famille, ses amis, ect. Parfois, ça hurle dans tout les sens, du coup, ça me demande des sacrifices.

15 - Tu as des regrets suite à ces sacrifices ou au contraire, heureusement que tu les as fait ?

Je n’ai pas de regrets, parce que il fut un temps j’avais une situation personnelle assez instable. Après certes, je n’ai peut-être pas beaucoup fait la fête, je n’ai peut-être pas vécu tout ce que j’avais à vivre en tant que jeune. Mais après c’est un style de vie, et c’est le mien.

16 - Le mot de la fin ?
Poursuivre ses rêves, c’est aussi une façon d’exister.


C’est lors d’un été particulièrement doux que l’occasion d’interviewer Anne Menant s’est présentée, auteur de nouvelles, ayant sortit son premier recueil : La Fracture. Entre rêve et réalité, conscient et onirique, elle est partit sur le micro évènement d’une fracture de cheville pour saisir sa plume. Commence alors un voyage initiatique et merveilleux, ou les portraits se dévoilent avec une élégance ciselée. Ainsi, un jeune homme choisit de rejoindre une femme dans un tableau d’art, un homme souffrant de ronflements voit s’effondrer son désir d’élévation, une remplaçante s’immisce dans la vie d’une enseignante qu’elle supplée, une journaliste invente des confessions intimes, une femme au foyer est atteinte de bovarysme, un homme ne reconnait pas ses invités et une muette tente de  clamer sa passion à l’homme qu’elle aime. Ces onze nouvelles rédigée par cette professeur de Lettres dans un style unique et savoureux qui nous amène tantôt le sourire, tantôt les larmes. Nous nous plongeons avec délice dans ces onze vies fracturées sans doute pour l’amour de la littérature. 

1 - Quand avez vous commencé à écrire ?  J’ai toujours écrit : de petits textes, des chansons, des débuts de romans ! Ah la la ! Qu’est-ce que j’ai pu en écrire, des débuts de romans ! La seule chose qui me manquait, c’est le temps … Et, du temps, j’en ai eu de manière inattendue lorsqu’après une chute de vélo, je me suis retrouvée immobilisée  avec une triple fracture de la cheville : cinq mois d’arrêt, c’était pour moi l’occasion rêvée d’écrire ! D’ailleurs, je me demande toujours si les accidents ne sont pas provoqués par notre inconscient afin que nous nous arrêtions et donnions une direction nouvelle à notre vie …
2 - Cependant, les études que vous avez suivies pour devenir professeur de français vous ont- elles aidée à acquérir une technique d’écriture ou n’ont elles rien changé ?J’ai tendance à croire que dans le domaine de l’écriture, il est inutile de suivre des cours. Je suis issue d’une famille ultra-littéraire : mon père était un grand reporter, journaliste-écrivain qui avait obtenu le prix Albert-Londres en 1956 et ma mère écrivait des contes pour enfants. A la maison, il était interdit d’être bon en maths (ce n’était pas formulé directement mais la phobie des maths était telle chez eux qu’il était impossible de ne pas être contaminé par leur angoisse !). J’évoluais au milieu de livres écrits par les meilleurs auteurs (Steinbeck, Hemingway, Maupassant, Proust, et tellement d’autres que je ne peux pas les citer) et, même si je n’ai pas lu tous les livres de leur bibliothèque, j’en ai quand même lu quelques-uns, ce qui, mine de rien, m’a donné une idée du beau style… Ensuite, tout naturellement, j’étais en filière littéraire dure avec latin dès la sixième et grec ancien dès la quatrième jusqu’à mon année de maîtrise dont le sujet était : « Force et faiblesse dans les tragédies d’Euripide ». Donc, bien sûr, tout cela influence mais je ne peux pas dire que ce soient mes études qui m’aient aidée à acquérir une technique d’écriture. En revanche, la lecture mais aussi les ateliers d’écriture auxquels j’ai participé plus tard m’ont aidée à sauter le pas.
3 - Comment avez vous fait pour rencontrer votre éditeur et le convaincre d’éditer vos recueils de nouvelles ?Tout simplement : je lui ai envoyé le manuscrit et il a aimé mes nouvelles !
4 - Est -ce que vous en profitez pour faire lire vos livres à vos élèves ? Plutôt que de leur faire lire mes productions, j’aime les inciter à écrire, notamment par des exercices d’ateliers d’écriture comme par exemple écrire un court texte à partir d’une liste de mots qu’ils ont choisis ou à partir des lettres de leurs noms ou en n’utilisant aucun mot avec la voyelle e, comme Georges Perec dans son livre La disparition. Le résultat les étonnant : ils ne savaient pas qu’il étaient capables de produire des textes intéressants.
5 - Qu’est-ce qui vous inspire pour écrire ?  Tout ce qui trouve un écho en moi : une phrase, une atmosphère, une interrogation, tout ce qui me met au défi de trouver des mots pour les formuler.
6 - Quels seraient vos conseils aux auteurs qui débutent?  Lisez ! Toutes sortes d’auteurs.
7 - Enfant, vous vouliez être ? Ecrivain ! J’ai gardé une rédaction de CM2 (on disait alors la 7ème !) qui en témoigne ! Je disais que je n’écrirais pas de phrases trop longues et, en disant cela, ma phrase faisait trois kilomètres ! Un peu plus tard, c’est le théâtre qui m’est tombé dessus comme un coup de foudre.  Je voulais être comédienne et je l’ai été, d’ailleurs, en m’inscrivant au cours Simon à Paris et en faisant partie d’une compagnie puis, comme il faut bien gagner sa vie, j’ai exercé le métier de  professeur de Lettres. Et maintenant, je reviens à mes premières amours…
8 - Et si vous étiez un animal ?  Une gazelle pour courir avec bonheur dans la savane …
9 - Quand avez-vous pris votre plume pour la première fois en vous disant “Je vais être auteur” ?Je ne me suis pas dit  : « Je vais être auteur » mais : « Je vais essayer d’explorer les raisons qui me poussent à écrire… »
10 - Quelles sont vos influences littéraires ? Elles sont multiples : d’abord, le travail d’écriture  mené par mon père. Je voyais bien qu’écrire était un labeur. Je voyais bien qu’écrire pouvait se comparer au travail du joaillier qui reçoit une matière brute –les mots, pour l’écrivain, – et qui essaie d’en faire un bijou. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, les livres de la bibliothèque parentale, donc de la bonne littérature : en vrac, André Gide, Albert Camus, Maurice Clavel, Colette, Paul Nizan, Roger Nimier, Paul Morand, des écrivains qu’on ne lit plus beaucoup aujourd’hui… Parmi les auteurs contemporains, j’aime Jean-Paul Dubois, Emmanuel Carrère, des auteurs japonais et beaucoup d’autres encore.
11 - Un geste particulier avant d’écrire (un processus d’écriture) ? Pour écrire, vous êtes plutôt oiseau de jour ou de la nuit ?   Pas de geste particulier avant de me lancer. Juste, m’asseoir à ma table, allumer mon ordinateur et me dire que je ne sortirai pas de là tant que je n’aurai pas écrit une page ! Cela dit, il est vrai que j’aime m’entourer de mes objets familiers et j’aime écrire à la maison parce que ma maison est pour moi la maison idéale…Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je suis indéniablement un oiseau de nuit. J’aime la nuit et le silence qu’elle procure quand tout le monde est couché et qu’il n’y a plus aucun bruit extérieur en dehors des chouettes de mon jardin…
12 - Vous écrivez au le jour le jour, ou vous vous imposez un rythme régulier ?Maintenant que j’ai arrêté mon travail de professeur, je compte me mettre à ma table toute la journée. Disons : deux heures d’écriture, une heure de balade et ainsi de suite… Car écrire est un travail physique  qui engendre une tension nerveuse. D’où mon bonheur d’habiter la campagne pour pouvoir alterner les plaisirs de l’esprit et les plaisirs du corps.
13 - Version informatique ou manuscrite ?  Cela dépend. Quand je dispose d’une journée entière, j’écris à l’ordinateur mais, si ce n’est pas le cas, je prends mon petit carnet, je le glisse dans mon sac et je note, je grapille des phrases lues ou entendues car tout est matière pour l’écrivain. D’ailleurs, ce ne sont pas toujours des phrases lues ou entendues mais aussi parfois des pensées fugitives que j’essaie de fixer car elles sont comme des lucioles, elles brillent mais elles vous échappent très vite…
14 - Pourquoi avoir choisi la forme courte de la nouvelle ? Parce que je ne me sentais pas le souffle pour écrire un roman. Par ailleurs, je suis moi-même une grande amatrice de nouvelles. J’aime leur format que je trouve pratique : on peut lire une histoire du début à la fin en prenant le train ou le métro tous les matins. Cela dit, il paraît que les nouvelles ne se vendent pas très bien en France. Mais écrire des nouvelles m’a donné envie d’écrire un roman. C’est ce à quoi je compte m’atteler dès maintenant.
15 - Pour vous, on commence à écrire parce ce que l’on a un juste personnage ? Parce que l’on a une histoire bien ficelée ? Ou c’est le mythe de la “page blanche” ? En ce qui me concerne, je suis plutôt sensible à une atmosphère, un climat. Je pars d’un « matériau » et écrire consiste ensuite à comprendre pourquoi j’ai été frappée par ce qui constitue ce matériau. Les personnages viennent ensuite. Cela dit,  pour le roman, qui demande du souffle, je pense qu’il set préférable d’avoir une petite idée des personnages et de l’intrigue avant de commencer …
16 - D’ailleurs, pourquoi écrivez vous ?  Parce que la vie telle qu’on la perçoit immédiatement demande à mon avis d’être complétée. Je la trouve trop étroite et, que ce soit à travers mon envie d’incarner des personnages au théâtre ou à travers l’écriture, j’ai besoin de la multiplier…
17 - Plutôt perfectionniste ? Ou grosse prise de liberté ? Perfectionniste. Je suis tombée dans la marmite très tôt. L’écriture est une contrainte mais, de cette contrainte naît une liberté extraordinaire.
18 - Pensez vous que vos écrits actuels pourraient être meilleurs si vous les écriviez avec quelques années en plus, ou les jugez-vous comme étant l’instantané d’une époque ?  Je ne me pose pas ce genre de question. Avec quelques années de plus, je n’écrirais peut-être pas les mêmes choses mais je pense que la musique des mots, le style sont intemporels. Ce n’est pas un hasard si l’on joue encore Molière, Marivaux ou Shakespeare. Leurs œuvres sont toujours d’actualité…
19 - “La fracture” est un recueil de nouvelles possédant plusieurs couleurs, plusieurs atmosphère ? Souhaitez vous continuer d’écrire sous cette forme ou seriez vous tentée par la forme plus courte, ou plus longue ?  Je compte m’atteler à l’écriture d’un roman car je dispose désormais de temps.
20 - Certains personnages de votre recueil semblent légèrement usurper l’identité de certains de vos proches ? Est-ce vrai ? Est-ce voulu ? Comment ces “proches” ont-ils réagi ?Je ne sais plus qui a dit que l’écrivain était un prédateur. Il est vrai qu’il peut être difficile de vivre avec un écrivain car, encore une fois, pour celui-ci, tout est matière, en particulier ses proches. C’est un risque évidemment, de se fâcher avec ses proches mais écrire est une épreuve d’authenticité. Impossible de tricher.  En ce qui concerne mes nouvelles, les proches qui se sont reconnus n’en ont pas pris ombrage. Je relevais une faille, une souffrance, rien de méchant à leur égard. Il y a juste une personne qui aurait pu être blessée en lisant la peinture que je fais d’elle mais je ne pense pas qu’elle ait lu mes nouvelles…
21 - Quel a été le personnage que vous avez pris le plus de plaisir à dépeindre? Question intéressante … Ce personnage-là, justement … Mais j’ai aimé également évoquer la femme qui s’ennuie dans son foyer. J’ai pris plaisir à dépeindre son éveil à la sensualité…
22 - Votre livre ne marque pas distinctement la frontière entre le rêve et le vie, entre l’onirique et la réalité, entre le songe et le vrai. Est-ce voulu ? Est-ce pour déstabiliser le lecteur ?  Ce n’était pas une volonté délibérée de ma part de déstabiliser le lecteur. Juste que je ne sais pas faire autrement. La réalité ne me satisfait pas. Heureusement que nous possédons le rêve et l’imaginaire pour sortir de notre condition. Et parfois, les choses lues, rêvées ou imaginées existent davantage et la réalité passe comme un rêve… Les frontières sont ténues…
23 - En tant qu’auteur, pensez vous qu’avoir une influence sur internet peut aider ?  Sans doute. Mais je suis pal placée pour répondre : je n’ai pas de site d’auteur, ni de blog, ni de facebook auteur… ! Il faudra que je songe à tous ces outils qui permettent un contact direct avec ses lecteurs. Mais je me méfie de l’approximation qui règne parfois sur Internet…
24 - Pour vous, quels sont les bons côtés du métier d’auteur ?  … et les mauvais ?  Le bon côté ? Je me rappelle la réplique d’un personnage dans  un roman américain.. En gros, il disait : « Si tu écris pour  être aimé ou pour séduit, détrompe-toi., ça ne marche pas. » Sinon, dire que l’on écrit engendre en général une réaction admirative. Mais nous sommes en France. Il y a toute une tradition de respect pour la littérature.  Les mauvais côtés, c’est que vous êtes tout le temps interrompu et que c’est difficile de garder le fil. Cela demande de la persévérance et vous éloigne parfois des autres…
25 - Des attentes particulières à propos de votre avenir en tant qu’auteur ?   Avoir un jour le prix Goncourt ou au moins le prix Fémina et être la coqueluche des émissions littéraires ! Trêve de plaisanterie, je serais heureuse si je pouvais simplement continuer à écrire des livres et susciter des échos chez mes lecteurs.

C’est lors d’un été particulièrement doux que l’occasion d’interviewer Anne Menant s’est présentée, auteur de nouvelles, ayant sortit son premier recueil : La Fracture. Entre rêve et réalité, conscient et onirique, elle est partit sur le micro évènement d’une fracture de cheville pour saisir sa plume. Commence alors un voyage initiatique et merveilleux, ou les portraits se dévoilent avec une élégance ciselée. Ainsi, un jeune homme choisit de rejoindre une femme dans un tableau d’art, un homme souffrant de ronflements voit s’effondrer son désir d’élévation, une remplaçante s’immisce dans la vie d’une enseignante qu’elle supplée, une journaliste invente des confessions intimes, une femme au foyer est atteinte de bovarysme, un homme ne reconnait pas ses invités et une muette tente de  clamer sa passion à l’homme qu’elle aime. Ces onze nouvelles rédigée par cette professeur de Lettres dans un style unique et savoureux qui nous amène tantôt le sourire, tantôt les larmes. Nous nous plongeons avec délice dans ces onze vies fracturées sans doute pour l’amour de la littérature.

1 - Quand avez vous commencé à écrire ? 
J’ai toujours écrit : de petits textes, des chansons, des débuts de romans ! Ah la la ! Qu’est-ce que j’ai pu en écrire, des débuts de romans ! La seule chose qui me manquait, c’est le temps … Et, du temps, j’en ai eu de manière inattendue lorsqu’après une chute de vélo, je me suis retrouvée immobilisée  avec une triple fracture de la cheville : cinq mois d’arrêt, c’était pour moi l’occasion rêvée d’écrire ! D’ailleurs, je me demande toujours si les accidents ne sont pas provoqués par notre inconscient afin que nous nous arrêtions et donnions une direction nouvelle à notre vie …

2 - Cependant, les études que vous avez suivies pour devenir professeur de français vous ont- elles aidée à acquérir une technique d’écriture ou n’ont elles rien changé ?
J’ai tendance à croire que dans le domaine de l’écriture, il est inutile de suivre des cours. Je suis issue d’une famille ultra-littéraire : mon père était un grand reporter, journaliste-écrivain qui avait obtenu le prix Albert-Londres en 1956 et ma mère écrivait des contes pour enfants. A la maison, il était interdit d’être bon en maths (ce n’était pas formulé directement mais la phobie des maths était telle chez eux qu’il était impossible de ne pas être contaminé par leur angoisse !). J’évoluais au milieu de livres écrits par les meilleurs auteurs (Steinbeck, Hemingway, Maupassant, Proust, et tellement d’autres que je ne peux pas les citer) et, même si je n’ai pas lu tous les livres de leur bibliothèque, j’en ai quand même lu quelques-uns, ce qui, mine de rien, m’a donné une idée du beau style… Ensuite, tout naturellement, j’étais en filière littéraire dure avec latin dès la sixième et grec ancien dès la quatrième jusqu’à mon année de maîtrise dont le sujet était : « Force et faiblesse dans les tragédies d’Euripide ». Donc, bien sûr, tout cela influence mais je ne peux pas dire que ce soient mes études qui m’aient aidée à acquérir une technique d’écriture. En revanche, la lecture mais aussi les ateliers d’écriture auxquels j’ai participé plus tard m’ont aidée à sauter le pas.

3 - Comment avez vous fait pour rencontrer votre éditeur et le convaincre d’éditer vos recueils de nouvelles ?
Tout simplement : je lui ai envoyé le manuscrit et il a aimé mes nouvelles !

4 - Est -ce que vous en profitez pour faire lire vos livres à vos élèves ?
Plutôt que de leur faire lire mes productions, j’aime les inciter à écrire, notamment par des exercices d’ateliers d’écriture comme par exemple écrire un court texte à partir d’une liste de mots qu’ils ont choisis ou à partir des lettres de leurs noms ou en n’utilisant aucun mot avec la voyelle e, comme Georges Perec dans son livre La disparition. Le résultat les étonnant : ils ne savaient pas qu’il étaient capables de produire des textes intéressants.

5 - Qu’est-ce qui vous inspire pour écrire ? 
Tout ce qui trouve un écho en moi : une phrase, une atmosphère, une interrogation, tout ce qui me met au défi de trouver des mots pour les formuler.

6 - Quels seraient vos conseils aux auteurs qui débutent? 
Lisez ! Toutes sortes d’auteurs.

7 - Enfant, vous vouliez être ?
Ecrivain ! J’ai gardé une rédaction de CM2 (on disait alors la 7ème !) qui en témoigne ! Je disais que je n’écrirais pas de phrases trop longues et, en disant cela, ma phrase faisait trois kilomètres ! Un peu plus tard, c’est le théâtre qui m’est tombé dessus comme un coup de foudre.  Je voulais être comédienne et je l’ai été, d’ailleurs, en m’inscrivant au cours Simon à Paris et en faisant partie d’une compagnie puis, comme il faut bien gagner sa vie, j’ai exercé le métier de  professeur de Lettres. Et maintenant, je reviens à mes premières amours…

8 - Et si vous étiez un animal ? 
Une gazelle pour courir avec bonheur dans la savane …

9 - Quand avez-vous pris votre plume pour la première fois en vous disant “Je vais être auteur” ?
Je ne me suis pas dit  : « Je vais être auteur » mais : « Je vais essayer d’explorer les raisons qui me poussent à écrire… »

10 - Quelles sont vos influences littéraires ?
Elles sont multiples : d’abord, le travail d’écriture  mené par mon père. Je voyais bien qu’écrire était un labeur. Je voyais bien qu’écrire pouvait se comparer au travail du joaillier qui reçoit une matière brute –les mots, pour l’écrivain, – et qui essaie d’en faire un bijou. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, les livres de la bibliothèque parentale, donc de la bonne littérature : en vrac, André Gide, Albert Camus, Maurice Clavel, Colette, Paul Nizan, Roger Nimier, Paul Morand, des écrivains qu’on ne lit plus beaucoup aujourd’hui… Parmi les auteurs contemporains, j’aime Jean-Paul Dubois, Emmanuel Carrère, des auteurs japonais et beaucoup d’autres encore.

11 - Un geste particulier avant d’écrire (un processus d’écriture) ? Pour écrire, vous êtes plutôt oiseau de jour ou de la nuit ?  
Pas de geste particulier avant de me lancer. Juste, m’asseoir à ma table, allumer mon ordinateur et me dire que je ne sortirai pas de là tant que je n’aurai pas écrit une page ! Cela dit, il est vrai que j’aime m’entourer de mes objets familiers et j’aime écrire à la maison parce que ma maison est pour moi la maison idéale…Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je suis indéniablement un oiseau de nuit. J’aime la nuit et le silence qu’elle procure quand tout le monde est couché et qu’il n’y a plus aucun bruit extérieur en dehors des chouettes de mon jardin…

12 - Vous écrivez au le jour le jour, ou vous vous imposez un rythme régulier ?
Maintenant que j’ai arrêté mon travail de professeur, je compte me mettre à ma table toute la journée. Disons : deux heures d’écriture, une heure de balade et ainsi de suite… Car écrire est un travail physique  qui engendre une tension nerveuse. D’où mon bonheur d’habiter la campagne pour pouvoir alterner les plaisirs de l’esprit et les plaisirs du corps.

13 - Version informatique ou manuscrite ? 
Cela dépend. Quand je dispose d’une journée entière, j’écris à l’ordinateur mais, si ce n’est pas le cas, je prends mon petit carnet, je le glisse dans mon sac et je note, je grapille des phrases lues ou entendues car tout est matière pour l’écrivain. D’ailleurs, ce ne sont pas toujours des phrases lues ou entendues mais aussi parfois des pensées fugitives que j’essaie de fixer car elles sont comme des lucioles, elles brillent mais elles vous échappent très vite…

14 - Pourquoi avoir choisi la forme courte de la nouvelle ?
Parce que je ne me sentais pas le souffle pour écrire un roman. Par ailleurs, je suis moi-même une grande amatrice de nouvelles. J’aime leur format que je trouve pratique : on peut lire une histoire du début à la fin en prenant le train ou le métro tous les matins. Cela dit, il paraît que les nouvelles ne se vendent pas très bien en France. Mais écrire des nouvelles m’a donné envie d’écrire un roman. C’est ce à quoi je compte m’atteler dès maintenant.

15 - Pour vous, on commence à écrire parce ce que l’on a un juste personnage ? Parce que l’on a une histoire bien ficelée ? Ou c’est le mythe de la “page blanche” ?
En ce qui me concerne, je suis plutôt sensible à une atmosphère, un climat. Je pars d’un « matériau » et écrire consiste ensuite à comprendre pourquoi j’ai été frappée par ce qui constitue ce matériau. Les personnages viennent ensuite. Cela dit,  pour le roman, qui demande du souffle, je pense qu’il set préférable d’avoir une petite idée des personnages et de l’intrigue avant de commencer …

16 - D’ailleurs, pourquoi écrivez vous ? 
Parce que la vie telle qu’on la perçoit immédiatement demande à mon avis d’être complétée. Je la trouve trop étroite et, que ce soit à travers mon envie d’incarner des personnages au théâtre ou à travers l’écriture, j’ai besoin de la multiplier…

17 - Plutôt perfectionniste ? Ou grosse prise de liberté ?
Perfectionniste. Je suis tombée dans la marmite très tôt. L’écriture est une contrainte mais, de cette contrainte naît une liberté extraordinaire.

18 - Pensez vous que vos écrits actuels pourraient être meilleurs si vous les écriviez avec quelques années en plus, ou les jugez-vous comme étant l’instantané d’une époque ? 
Je ne me pose pas ce genre de question. Avec quelques années de plus, je n’écrirais peut-être pas les mêmes choses mais je pense que la musique des mots, le style sont intemporels. Ce n’est pas un hasard si l’on joue encore Molière, Marivaux ou Shakespeare. Leurs œuvres sont toujours d’actualité…

19 - “La fracture” est un recueil de nouvelles possédant plusieurs couleurs, plusieurs atmosphère ? Souhaitez vous continuer d’écrire sous cette forme ou seriez vous tentée par la forme plus courte, ou plus longue ? 
Je compte m’atteler à l’écriture d’un roman car je dispose désormais de temps.

20 - Certains personnages de votre recueil semblent légèrement usurper l’identité de certains de vos proches ? Est-ce vrai ? Est-ce voulu ? Comment ces “proches” ont-ils réagi ?
Je ne sais plus qui a dit que l’écrivain était un prédateur. Il est vrai qu’il peut être difficile de vivre avec un écrivain car, encore une fois, pour celui-ci, tout est matière, en particulier ses proches. C’est un risque évidemment, de se fâcher avec ses proches mais écrire est une épreuve d’authenticité. Impossible de tricher.  En ce qui concerne mes nouvelles, les proches qui se sont reconnus n’en ont pas pris ombrage. Je relevais une faille, une souffrance, rien de méchant à leur égard. Il y a juste une personne qui aurait pu être blessée en lisant la peinture que je fais d’elle mais je ne pense pas qu’elle ait lu mes nouvelles…

21 - Quel a été le personnage que vous avez pris le plus de plaisir à dépeindre?
Question intéressante … Ce personnage-là, justement … Mais j’ai aimé également évoquer la femme qui s’ennuie dans son foyer. J’ai pris plaisir à dépeindre son éveil à la sensualité…

22 - Votre livre ne marque pas distinctement la frontière entre le rêve et le vie, entre l’onirique et la réalité, entre le songe et le vrai. Est-ce voulu ? Est-ce pour déstabiliser le lecteur ? 
Ce n’était pas une volonté délibérée de ma part de déstabiliser le lecteur. Juste que je ne sais pas faire autrement. La réalité ne me satisfait pas. Heureusement que nous possédons le rêve et l’imaginaire pour sortir de notre condition. Et parfois, les choses lues, rêvées ou imaginées existent davantage et la réalité passe comme un rêve… Les frontières sont ténues…

23 - En tant qu’auteur, pensez vous qu’avoir une influence sur internet peut aider ? 
Sans doute. Mais je suis pal placée pour répondre : je n’ai pas de site d’auteur, ni de blog, ni de facebook auteur… ! Il faudra que je songe à tous ces outils qui permettent un contact direct avec ses lecteurs. Mais je me méfie de l’approximation qui règne parfois sur Internet…

24 - Pour vous, quels sont les bons côtés du métier d’auteur ?  … et les mauvais ? 
Le bon côté ? Je me rappelle la réplique d’un personnage dans  un roman américain.. En gros, il disait : « Si tu écris pour  être aimé ou pour séduit, détrompe-toi., ça ne marche pas. » Sinon, dire que l’on écrit engendre en général une réaction admirative. Mais nous sommes en France. Il y a toute une tradition de respect pour la littérature.  Les mauvais côtés, c’est que vous êtes tout le temps interrompu et que c’est difficile de garder le fil. Cela demande de la persévérance et vous éloigne parfois des autres…

25 - Des attentes particulières à propos de votre avenir en tant qu’auteur ?  
Avoir un jour le prix Goncourt ou au moins le prix Fémina et être la coqueluche des émissions littéraires ! Trêve de plaisanterie, je serais heureuse si je pouvais simplement continuer à écrire des livres et susciter des échos chez mes lecteurs.


1964, une école catholique dans le Bronx.Le père Flynn, un prêtre de la paroisse est soupçonné d’avoir fait des attouchements sur un garçon de douze ans.Soeur Aloysius, directrice de l’école, à de sérieux doutes sur la moralité du prêtre mais n’arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi. Quand soeur James, une soeur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l’école, soeur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre.


Quand on voit la pochette du film, on se dit «oulala, ça se passe chez les cathos, ça va être long » Eh bien pas tant que ça finalement, quand y regarde de plus près, le contexte religieux, on l’oublie bien vite. Et pour cause, on ne nous bassine pas à coup de cantiques (même si c’est un peu présent quand même, mais il faut bien planter un décors et dessiner des personnages !) En effet, nous sommes plongés dans le sujet, ô combien glauque, dès les premières minutes : on voit les yeux apeurés de la none, le visage antipathique de la directrice et le sourire louche du prêtre donc on appuie immédiatement sur le bouton «suspens» et on attend en retenant sa respiration. Oui, on attends. Mais il ne s’agit pas là d’une attente passive, bien au contraire puisque le duo Meryl Strepp - Philippe Seymour Hoffman nous offre une confrontation si forte et si intense que nous, spectateurs, on reste quand même un peu sur le cul (si,si, faut se l’avouer, ils sont très bon tout les deux). Par ailleurs, même si le sujet n’est pas drôle drôle, Meryl Streep (alias Soeur Aoysius pour ceux qui n’ont pas suivi) nous offre quelques touches délicates d’humour, non pas cabotine mais voulant plutôt dire «On souffle un peu, ça va bien se passer, oubliez pas que nous sommes dans un collège, qu’il y à donc plein d’enfants et que les règles de la bienséance font que ça ne va pas se finir en orgie pédophile.» 
Assurément, le huis clos de la pièce est restitué, le jeu théâtral est omniprésent pour le plus grand plaisir des amateurs de théâtre (ce qui, a contrario, peut légèrement chagriner les cinéphiles qui s’attendaient à voir du cinéma et non pas du théâtre filmé) Mais sous le jeu compact des comédiens (y compris pour la naïve Amy Adams) se cache une strate importante du mécanisme humain : la capacité que nous avons à nous créer des convictions, des certitudes, et, si nous allons plus loin, car ce n’est pas tout à fait anodin si la brochette de personnage est dévouée à Dieu, des croyances que nous sommes capables de nous imposer. Au final, c’est un peu dans un essai pseudo catholico-philosophique sur la notion de doute, qui est ici traitée en filigrane, comme  une lame de fond qui parcours le coeur de chacun des personnages et teinte les regards d’une puissance d’esprit assez impressionnante, que nous sommes plongés dans les rouages de la suspicion. 
Bon, certes, quand on y repense au moment du générique, le prête, il avait un peu un tête de violeur d’enfants, avec sa bonhommie, son charisme et son anticonformisme. C’était quand même le portrait type d’un monsieur pas clair qui fait dire aux parents «Regarde le monsieur, fiston, lui, tu t’en approche pas, même s’il à une jolie camionnette» 
Pour finir, nous retiendrons de ce film que le dénouement, ici caractérisé par le procédé de «chute» monumentale est renforcé par l’excellence de Meryl Streep qui nous montre que, dans la vie, tout n’est pas noir.  Même si, au final, le plus triste dans l’affaire, c’est quand l’enfant se rend compte qu’il n’y à PAS de bonbons au fond de la camionnette. 

1964, une école catholique dans le Bronx.
Le père Flynn, un prêtre de la paroisse est soupçonné d’avoir fait des attouchements sur un garçon de douze ans.
Soeur Aloysius, directrice de l’école, à de sérieux doutes sur la moralité du prêtre mais n’arrive pas à établir les preuves nécessaires à son renvoi. Quand soeur James, une soeur naïve, vient lui raconter un événement impliquant le père Flynn et un garçon de l’école, soeur Aloysius estime que ses soupçons sont confirmés. Elle part donc en guerre contre le prêtre.


Quand on voit la pochette du film, on se dit «oulala, ça se passe chez les cathos, ça va être long » Eh bien pas tant que ça finalement, quand y regarde de plus près, le contexte religieux, on l’oublie bien vite. Et pour cause, on ne nous bassine pas à coup de cantiques (même si c’est un peu présent quand même, mais il faut bien planter un décors et dessiner des personnages !) En effet, nous sommes plongés dans le sujet, ô combien glauque, dès les premières minutes : on voit les yeux apeurés de la none, le visage antipathique de la directrice et le sourire louche du prêtre donc on appuie immédiatement sur le bouton «suspens» et on attend en retenant sa respiration. Oui, on attends. Mais il ne s’agit pas là d’une attente passive, bien au contraire puisque le duo Meryl Strepp - Philippe Seymour Hoffman nous offre une confrontation si forte et si intense que nous, spectateurs, on reste quand même un peu sur le cul (si,si, faut se l’avouer, ils sont très bon tout les deux). Par ailleurs, même si le sujet n’est pas drôle drôle, Meryl Streep (alias Soeur Aoysius pour ceux qui n’ont pas suivi) nous offre quelques touches délicates d’humour, non pas cabotine mais voulant plutôt dire «On souffle un peu, ça va bien se passer, oubliez pas que nous sommes dans un collège, qu’il y à donc plein d’enfants et que les règles de la bienséance font que ça ne va pas se finir en orgie pédophile.» 

Assurément, le huis clos de la pièce est restitué, le jeu théâtral est omniprésent pour le plus grand plaisir des amateurs de théâtre (ce qui, a contrario, peut légèrement chagriner les cinéphiles qui s’attendaient à voir du cinéma et non pas du théâtre filmé) Mais sous le jeu compact des comédiens (y compris pour la naïve Amy Adams) se cache une strate importante du mécanisme humain : la capacité que nous avons à nous créer des convictions, des certitudes, et, si nous allons plus loin, car ce n’est pas tout à fait anodin si la brochette de personnage est dévouée à Dieu, des croyances que nous sommes capables de nous imposer. Au final, c’est un peu dans un essai pseudo catholico-philosophique sur la notion de doute, qui est ici traitée en filigrane, comme  une lame de fond qui parcours le coeur de chacun des personnages et teinte les regards d’une puissance d’esprit assez impressionnante, que nous sommes plongés dans les rouages de la suspicion. 

Bon, certes, quand on y repense au moment du générique, le prête, il avait un peu un tête de violeur d’enfants, avec sa bonhommie, son charisme et son anticonformisme. C’était quand même le portrait type d’un monsieur pas clair qui fait dire aux parents «Regarde le monsieur, fiston, lui, tu t’en approche pas, même s’il à une jolie camionnette» 

Pour finir, nous retiendrons de ce film que le dénouement, ici caractérisé par le procédé de «chute» monumentale est renforcé par l’excellence de Meryl Streep qui nous montre que, dans la vie, tout n’est pas noir.  Même si, au final, le plus triste dans l’affaire, c’est quand l’enfant se rend compte qu’il n’y à PAS de bonbons au fond de la camionnette. 


L’école Claude Mathieu, (art et techniques de l’acteur), école de formation d’acteurs a été fondée en 1990 par son actuel directeur. Basée sur l’authenticité de l’apprentissage et de  l’artisanat cet établissement, composé d’une équipe d’une quinzaine de professeurs, offre un large choix de disciplines (entre autres : clown, masque, acting in English, interprétations diverses - classique, moderne - travail vocal, corporel et improvisation) durant un cursus de trois ans. C’est rue l’Olive (XVIIIème arrondissement) au fond d’une cour intérieure que Claude Mathieu, ancien assistant de René Simon, ex co-directeur du Studio 34, clame à chaque nouvelle promotion son amour pour le théâtre. Dans le cocon de son bureau, nous avons évoqué son parcours :

1 - Quel était votre rêve d’enfant ? 
Tout petit je m’échappais dans le rêve, je jouais des comédies écrites par l’un de mes frères avec, pour seul public, ma famille. Tous mes jeux avec mes camarades étaient basés sur des situations, des personnages à inventer. 
2 - Quels sont vos premiers contacts avec le théâtre ?
J’ai débuté au Conservatoire de Dijon à 16 ans : ma première expérience fut Poil de carottede Jules Renard ; j’ai eu la chance d’interpréter ce premier rôle grâce à mon jeune âge. Ça à été le coup de foudre. J’ai eu immédiatement la passion de l’échange avec mes partenaires et avec le public. Puis est venu Le Paquebot Tenacity de Charles Vilbrac dont la création avait été réalisée par Jacques Copeau au Vieux-Colombier ; un élève du Conservatoire à voulu monter cette pièce par filiation à Jacques Copeau qui nous avait accordé son patronage mais n’a pas pu  assister à une représentation car il était déjà très malade. Ce fut donc un hommage. C’est là que j’ai découvert la notion d’héritage par rapport à ce père du théâtre contemporain et cette notion d’échange, primordiale au théâtre. 
3 - Comment travailliez vous vos personnages ?
 Je n’avais pas de méthode particulière, je travaillais à l’instinct. N’ayant pas une mémoire visuelle mais auditive, je lisais deux ou trois fois mon texte puis le répétais avec des tiers. 
Pédagogue, j’ai beaucoup évolué : le travail change en fonction des êtres, des acteurs, des personnages. Hier, avec René Simon, nous travaillions surtout sur l’instinct, le viscéral ; aujourd’hui, nous ajoutons à cet élément capital un gros travail sur le corps, l’espace, la compréhension inlassable, profonde, du texte. Très exigeant, je n’ai pas perdu ce goût du perfectionnisme qui me préoccupait tant à mes débuts.
4 - Quel a été le déclic précis pour fonder l’école Claude Mathieu ? 
J’étais, à l’époque, co-directeur, avec Philippe Brigaud, de l’ex Studio 34, sous l’égide d’un gérant qui ne nous laissait pas évoluer comme bon nous semblait. Je sentais que la structure du Studio 34 était un frein, à la fois artistique, éthique et matériel, qu’il me fallait briser ; mais, avant le Studio, je manquais de confiance en moi ; il m’a fallu du temps pour vaincre une excessive modestie et prendre la décision de me rapprocher de mon rêve d’école.  5 - Comment caractériseriez-vous votre entourage, c’est-à-dire, vos professeurs et vos élèves ?  
Ce qui domine, je crois, c’est l’authenticité, la vérité humaine. Pour les professeurs, je sais que je peux compter sur leurs compétences, leur dévouement, et leur diversité ; ils ont un point commun : ils croient à l’artisanat de ce métier et de son apprentissage. Aux apprentis comédiens, je demande sincérité, goût du travail, esprit de groupe et absence de cabotinage.  6 - À quoi reconnait-on les élèves de Claude Mathieu après votre formation ? 
On dit souvent qu’un professeur marque ces élèves, ne serait-ce que par mimétisme. Or il y à actuellement dans l’école seize professeurs, tous différents … Alors ?! Cependant, on peut reconnaître les jeunes comédiens formés rue l’Olive à leur bonne technique, leur absence de prétention, et une certaine façon de travailler. 7 - Que diriez-vous à ceux qui ne passeront pas par votre école ? 
Je leur dis : Il faut réussir sa vie ; la réussir à ses yeux ; pouvoir se dire : «C’est ça que j’ai voulu faire !» il faut rester au plus près de son désir intime, au plus près de son rêve, toujours essayer de garder son cap. Il ne faut jamais tomber dans l’amertume ; il n’y à rien de plus triste que l’amertume. 8 - Quel est votre moteur pour avancer ? 
La passion, l’intérêt pour les autres, l’amour de la VIE ! 9 - Quels sont vos auteurs de prédilection ? 
D’abord Racine, parce que c’est l’art pur : splendeur de la forme, éternité du fond ; Jules Renard, un homme de grande souffrance et de grande intelligence qui possédait une étonnante concision du verbe ; mais tant d’autres : Claudel (la lutte entre la chair et l’esprit) , Molière, Koltès, Lagarce … 
10 - Et le mot de la fin ? 
Ce mot de mon cher René Simon : «Le talent est très utile au théâtre, et le travail tout de suite après. Car le travail sans le talent, ce n’est rien, mais le talent sans travail, ce n’est pas grand chose.» 

L’école Claude Mathieu, (art et techniques de l’acteur), école de formation d’acteurs a été fondée en 1990 par son actuel directeur. Basée sur l’authenticité de l’apprentissage et de  l’artisanat cet établissement, composé d’une équipe d’une quinzaine de professeurs, offre un large choix de disciplines (entre autres : clown, masque, acting in English, interprétations diverses - classique, moderne - travail vocal, corporel et improvisation) durant un cursus de trois ans. C’est rue l’Olive (XVIIIème arrondissement) au fond d’une cour intérieure que Claude Mathieu, ancien assistant de René Simon, ex co-directeur du Studio 34, clame à chaque nouvelle promotion son amour pour le théâtre. Dans le cocon de son bureau, nous avons évoqué son parcours :

1 - Quel était votre rêve d’enfant ? 

Tout petit je m’échappais dans le rêve, je jouais des comédies écrites par l’un de mes frères avec, pour seul public, ma famille. Tous mes jeux avec mes camarades étaient basés sur des situations, des personnages à inventer. 


2 - Quels sont vos premiers contacts avec le théâtre ?

J’ai débuté au Conservatoire de Dijon à 16 ans : ma première expérience fut Poil de carottede Jules Renard ; j’ai eu la chance d’interpréter ce premier rôle grâce à mon jeune âge. Ça à été le coup de foudre. J’ai eu immédiatement la passion de l’échange avec mes partenaires et avec le public. Puis est venu Le Paquebot Tenacity de Charles Vilbrac dont la création avait été réalisée par Jacques Copeau au Vieux-Colombier ; un élève du Conservatoire à voulu monter cette pièce par filiation à Jacques Copeau qui nous avait accordé son patronage mais n’a pas pu  assister à une représentation car il était déjà très malade. Ce fut donc un hommage. C’est là que j’ai découvert la notion d’héritage par rapport à ce père du théâtre contemporain et cette notion d’échange, primordiale au théâtre. 


3 - Comment travailliez vous vos personnages ?

Je n’avais pas de méthode particulière, je travaillais à l’instinct. N’ayant pas une mémoire visuelle mais auditive, je lisais deux ou trois fois mon texte puis le répétais avec des tiers. 

Pédagogue, j’ai beaucoup évolué : le travail change en fonction des êtres, des acteurs, des personnages. Hier, avec René Simon, nous travaillions surtout sur l’instinct, le viscéral ; aujourd’hui, nous ajoutons à cet élément capital un gros travail sur le corps, l’espace, la compréhension inlassable, profonde, du texte. Très exigeant, je n’ai pas perdu ce goût du perfectionnisme qui me préoccupait tant à mes débuts.


4 - Quel a été le déclic précis pour fonder l’école Claude Mathieu ? 

J’étais, à l’époque, co-directeur, avec Philippe Brigaud, de l’ex Studio 34, sous l’égide d’un gérant qui ne nous laissait pas évoluer comme bon nous semblait. Je sentais que la structure du Studio 34 était un frein, à la fois artistique, éthique et matériel, qu’il me fallait briser ; mais, avant le Studio, je manquais de confiance en moi ; il m’a fallu du temps pour vaincre une excessive modestie et prendre la décision de me rapprocher de mon rêve d’école.  

5 - Comment caractériseriez-vous votre entourage, c’est-à-dire, vos professeurs et vos élèves ?  

Ce qui domine, je crois, c’est l’authenticité, la vérité humaine. Pour les professeurs, je sais que je peux compter sur leurs compétences, leur dévouement, et leur diversité ; ils ont un point commun : ils croient à l’artisanat de ce métier et de son apprentissage.
Aux apprentis comédiens, je demande sincérité, goût du travail, esprit de groupe et absence de cabotinage.  


6 - À quoi reconnait-on les élèves de Claude Mathieu après votre formation ? 

On dit souvent qu’un professeur marque ces élèves, ne serait-ce que par mimétisme. Or il y à actuellement dans l’école seize professeurs, tous différents … Alors ?! Cependant, on peut reconnaître les jeunes comédiens formés rue l’Olive à leur bonne technique, leur absence de prétention, et une certaine façon de travailler. 


7 - Que diriez-vous à ceux qui ne passeront pas par votre école ? 

Je leur dis : Il faut réussir sa vie ; la réussir à ses yeux ; pouvoir se dire : «C’est ça que j’ai voulu faire !» il faut rester au plus près de son désir intime, au plus près de son rêve, toujours essayer de garder son cap. Il ne faut jamais tomber dans l’amertume ; il n’y à rien de plus triste que l’amertume. 


8 - Quel est votre moteur pour avancer ? 

La passion, l’intérêt pour les autres, l’amour de la VIE ! 


9 - Quels sont vos auteurs de prédilection ? 

D’abord Racine, parce que c’est l’art pur : splendeur de la forme, éternité du fond ; Jules Renard, un homme de grande souffrance et de grande intelligence qui possédait une étonnante concision du verbe ; mais tant d’autres : Claudel (la lutte entre la chair et l’esprit) , Molière, Koltès, Lagarce … 


10 - Et le mot de la fin ? 

Ce mot de mon cher René Simon : «Le talent est très utile au théâtre, et le travail tout de suite après. Car le travail sans le talent, ce n’est rien, mais le talent sans travail, ce n’est pas grand chose.» 


Ainsi donc Diane Kruger enfile la robe de Marie Antoinette et illustre la délicieuse rumeur des amours lesbiens de celle qui voulu donner de la brioche aux Français. Dans le décor somptueusement neuf du château de Versailles, la reine de France à l’accent germanique erre en se satisfaisant de quelques menus plaisirs comme celui de l’étude de la mode du siècle ou encore de quelques légères lectures orchestrées par Sidonie Laborde interprétée par Léa Seydoux au visage lisse et quelque peu malsain dans la persistance de ses regards. Nous soulignerons par ailleurs que la préférée de la reine, Mme de Poliniac (Virginie Ledoyen) à été traité comme un personnage « Tais-toi et soit belle », exerçant sa domination sur la reine par ses yeux de biche et son visage d’ange, qui parle peu mais bien et qui reste assez correctement conservée pour que Benoit Jacquôt puisse se permettre un plan séquence nu intégral de la belle endormie. 

Outre le caractère historico-véridique du film traduit part un Louis XVI (Xavier Beauvois) suant la désolation de sa puissance déchue, nous retiendrons la délicate présence de Noémie Lvovsky qui use à outrance de son penchant pour les films d’époque dans lesquels elle excelle et interprète exclusivement des femmes de seconde main à l’air hautain de fausse riche (à quand un film contemporain, un vrai ! Vite !). Bon certes, on note la présence «discrète» mais essentielles du Français avec Julie Marie Parmentier (Honorine), Grégory Gadebois (Le Comte de Provence) et Michel Robin (Jacob Nicolas Moreau) qui ne font que parfaire le délicat panel d’acteurs. Plongée dans une esthétique finement léchée, cette tripotée de talents évolue dans de magnifiques étoffes et nous présente la vie souterraine de la Cour. Celle faite de conversations à portes closes, de bruit de couloirs (longs, les couloirs, très longs) ainsi que de la vie anodine et légère du petit personnel de la puissance royale française.Revenons sur le sujet, nous disions donc, les hypothétiques amours féminines de la reine. Le trio est agréablement  dessiné. Les femmes s’aiment et se haïssent, mais en finesse. Cependant, selon la grande loi du trio amoureux qui définit que si A, B et C doivent vivre ensemble, on ne parvient jamais à produire : A + B + C = Parfait Bonheur. Par conséquent, la règle exige que ce soit C qui dégage (formulé donc sous la forme : A + B - C = Amours Idylliques) C, en l’occurrence c’est Léa Seydoux, possédée par un amour obsédant et interdit envers sa maîtresse, passant sous silence les caprices de sa reine, devenant confidente, tantôt bafouée, tantôt brisée, elle court au péril de sa vie pour alimenter chaque jour la flamme d’un amour adolescent au profit de B (ici Virginie Ledoyen) qui opte pour un amour moins catholique mais plus fusionnel en tenant d’une main de fer la reine (ici A) assurément soumise. 

Au final, on assiste à une jolie fresque tressée de sentiments fort, de passions puissantes. Traitée avec pudeur, retenue et dotée d’une plastique parfaite, peut-être trop mais qu’importe, c’est beau, alors on dit rien et on en profite.  

Ainsi donc Diane Kruger enfile la robe de Marie Antoinette et illustre la délicieuse rumeur des amours lesbiens de celle qui voulu donner de la brioche aux Français. Dans le décor somptueusement neuf du château de Versailles, la reine de France à l’accent germanique erre en se satisfaisant de quelques menus plaisirs comme celui de l’étude de la mode du siècle ou encore de quelques légères lectures orchestrées par Sidonie Laborde interprétée par Léa Seydoux au visage lisse et quelque peu malsain dans la persistance de ses regards. Nous soulignerons par ailleurs que la préférée de la reine, Mme de Poliniac (Virginie Ledoyen) à été traité comme un personnage « Tais-toi et soit belle », exerçant sa domination sur la reine par ses yeux de biche et son visage d’ange, qui parle peu mais bien et qui reste assez correctement conservée pour que Benoit Jacquôt puisse se permettre un plan séquence nu intégral de la belle endormie. 



Outre le caractère historico-véridique du film traduit part un Louis XVI (Xavier Beauvois) suant la désolation de sa puissance déchue, nous retiendrons la délicate présence de Noémie Lvovsky qui use à outrance de son penchant pour les films d’époque dans lesquels elle excelle et interprète exclusivement des femmes de seconde main à l’air hautain de fausse riche (à quand un film contemporain, un vrai ! Vite !). Bon certes, on note la présence «discrète» mais essentielles du Français avec Julie Marie Parmentier (Honorine), Grégory Gadebois (Le Comte de Provence) et Michel Robin (Jacob Nicolas Moreau) qui ne font que parfaire le délicat panel d’acteurs. Plongée dans une esthétique finement léchée, cette tripotée de talents évolue dans de magnifiques étoffes et nous présente la vie souterraine de la Cour. Celle faite de conversations à portes closes, de bruit de couloirs (longs, les couloirs, très longs) ainsi que de la vie anodine et légère du petit personnel de la puissance royale française.

Revenons sur le sujet, nous disions donc, les hypothétiques amours féminines de la reine. Le trio est agréablement  dessiné. Les femmes s’aiment et se haïssent, mais en finesse. Cependant, selon la grande loi du trio amoureux qui définit que si A, B et C doivent vivre ensemble, on ne parvient jamais à produire : A + B + C = Parfait Bonheur. Par conséquent, la règle exige que ce soit C qui dégage (formulé donc sous la forme : A + B - C = Amours Idylliques) C, en l’occurrence c’est Léa Seydoux, possédée par un amour obsédant et interdit envers sa maîtresse, passant sous silence les caprices de sa reine, devenant confidente, tantôt bafouée, tantôt brisée, elle court au péril de sa vie pour alimenter chaque jour la flamme d’un amour adolescent au profit de B (ici Virginie Ledoyen) qui opte pour un amour moins catholique mais plus fusionnel en tenant d’une main de fer la reine (ici A) assurément soumise. 

Au final, on assiste à une jolie fresque tressée de sentiments fort, de passions puissantes. Traitée avec pudeur, retenue et dotée d’une plastique parfaite, peut-être trop mais qu’importe, c’est beau, alors on dit rien et on en profite.  


Âgé de 21 ans et très attiré par le milieu de la photographie, du dessin, de la peinture et de la mode (cela va de paire me direz-vous)  Guillaume, sautant de sa Normandie natale jusque dans la capitale, après un CAP Signalétique Enseigne et Décors à Rouen (où il découvre les techniques de la peinture et de l’adhésif décoratif), un Brevet des Métiers d’Arts en décoration de surfaces et volumes à Paris (où il y travaille l’art du trompe l’oeil, les textures et les differentes peintures) dont il sort Major de sa promotion et une classe préparatoire en arts à l’école supérieur d’art de Rueil Malmaison, il plonge à bras le corps dans SON univers. Un petit monde pop, coloré et acidulé dans lequel le port de lunettes de soleil est prescrit pour ne pas s’hypnotiser face à son visuel saisissant.
Vous l’aurez compris, entre la photographie, la peinture, le dessin, Guillaume ne sait plus ou donner de la tête. Il laisse donc trainer son pinceau sur un peu tout les supports et appose son oeil artistique, frais et haut en couleurs, sur le monde bariolé qui l’entoure.
Allez, il n’échappe à la règle, dix questions rapides et concises pour tâcher d’en savoir un peu plus sur cet enfant de l’art né sans doute avec un pinceau dans la main : 


1 - Comment est venue ta passion pour la création ?C’est un besoin de m’exprimer avant tout. Je crée lorsque j’ai une idée, lorsque j’ai une envie. J’ai besoin de poser mes idées pour réaliser du concret avant que ça m’échappe parce que j’ai un cerveau en fusion qui ne fonctionne que par période (de créativité). La création me permet l’absence de frustration. 
2 - Pour quel(s) but(s) ? Partager, partager, partager, mes envies et mes idées, mon univers et rencontrer du monde à travers lui dans une optique de projets professionnels.
3 - Dans quel(s) grand(s) mouvement(s) penses tu t’inspirer ? Sans hésiter le pop art ! Pour les couleurs, les formes etc … C’est dans cette période que j’ai trouvé mes maîtres et ceux qui m’ont donné avant tout le courage de suivre leur chemin. J’ai bien évidement jeté un oeil dans les autres grands mouvements afin de trouver mes repères et de définir mes envies. Mais, il faut le dire, certains courants ne m’inspire pas. Cependant, je surveille toujours les artistes émergeants qui se rapprochent de mon style, je pousse souvent les portes des petites galeries lorsque qu’une oeuvre me tape dans l’oeil . 4 - N’as tu guère peur du déjà-vu ? Ça, c’est la réflexion quotidienne ! Celle qui se pose à chaque début de projet. Celle qui peux aussi tuer l’envie de créer. Bien sûr que j’en ai peur, mais aujourd’hui qui n’a jamais fait du déjà-vu ? Alors oui, certains diront que je n’ai guère d’idées ou de style, d’autres diront que je ne fait que de la copie mais qu’importe ! Il est sûr que je ne pense pas ré-inventer l’art ou devenir le pionnier d’un grand mouvement. Mais voila lorsque je fais une chose, j’essaie d’innover, et puis il m’arrive de revenir sur certains procédés pour les améliorer ou en faire des séries, de ce fait, cette démarche s’inscrit pas dans du déjà-vu mais dans perspective de continuité .
5 - Quel est l’intérêt dans le contexte actuel de portraitiser ceux qui le sont déjà à outrance ?Dans mes premiers travaux de peinture j’ai pratiqué le portrait stylisé. J’ai donc, depuis quelques années, réalisé beaucoup de portraits. J’ai eu beaucoup de commandes, en 4 années j’ai dû réaliser une quarantaine de portraits de personnes de tous âges. Puis j’ai souhaité toucher un plus large public, parce que faire le portrait de «Mamie Henriette» ou de « Tonton Claude» n’intéressaient qu’un cercle familial beaucoup trop restreint. Alors j’ai commencer ma série de performance. Au départ, j’ai pris cela comme un exercice puisque j’ai commencé par mon autoportrait.  Puis j’ai compris que pour toucher encore plus de monde je devais réaliser des portraits de personnes célèbres que l’on peut reconnaitre d’un coup d’oeil. J’ai donc fait le portrait de Rihanna, de Karl Lagerfeld après l’avoir vu, Lady Gaga suite à un concours, de Mika suite à un concert, d’Adèle suite à son dernier album que j’ai du écouter 60 fois ! (rires) et puis celui d’Amy Winehouse suite à sa disparition. Ces personnalités m’ont toute touché et c’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de réaliser leurs portraits. Bien évidement, je sais que je ne peux pas imposer mon style avec ce type de peinture, des peintre performers il y en a des millions ! Il suffit de regarder sur internet, de voir le nombres de performances vidéos est monstrueux. Je suis une fourmi dans une fourmilière. Ceci dit, je ne considère pas ces portraits comme étant le plus important dans mon travail, pour moi c’est sont des exercices de style. 
6 - L’univers artistique dans lequel tu évolues n’est-il pas restrictif ?Oui et non. En peinture j’aurais tendance à dire oui puisque l’on retrouve souvent le même procédé, les même couleurs etc … pour le reste c’est mitigé . Je lie plusieurs univers au mien. Cela devient un melting-pot artistique. Notamment une chose qui est flagrante c’est le contraste très poussé entre mes travaux en noir et blanc et ceux en couleurs. Je passe d’un extrême à l’autre mais c’est aussi ça mon univers, un monde incertain, qui peut changer d’un moment a l’autre, au grès de mes idées et de mes envies. J’essaie tout de même de rester dans la même voie, le même milieu, comme une sorte de signature posée sur mes créations, que l’on se dise “Ça ressemble à du Guii Mart ” un peu comme du Keith Haring ou Basquiat. Créer un style imposé et reconnaissable.
7 - À quand les créations dans lesquelles s’inscrivent des réflexions, des interrogations (sans pour autant délaisser l’esthétisme grâce auquel tu prime) ? Pour l’instant ce n’est pas ce qui me préoccupe (d’où le fait que je ne m’attribue pas entièrement le statut d’artiste) puisque je ne réfléchis pas à la perception public de mes tableaux. Je préfère me définir comme un créateur d’images et non comme un artiste peintre. Il existe des artistes qui affirment que leurs travaux ne sont jamais aboutis et définitifs, ils ne cherchent pas à poser un nom, une réflexion ou un argumentaire dessus, ils se contentent de produire. Je suis de ceux là, moi je compose, découpe, recoupe, peint, colorise, colle, mixte, bref, c’est la création avant la réflexion. Je compose, non pas pour définir, dénoncer, interroger, juste pour assouvir ma créativité.
8 - Selon toi, comment est perçu tes créations par le public ?Naze, Ouah, Ouais, Oh Cool, Rooh le mec, Ok aucun style, Ça déchire, Superbe, Il aurait pu faire mieux, Je déteste, C’est beau, J’adore, Bof, Nul, De la pure copie, C’est original, Monstrueux, Pop, Joli, Sans intérêt, Magnifique .
9 - Un projet en cours ?Photo et ou vidéo, mais a voir . 10 - Et le mot de la fin ?  MerciBien sûr : Vous pourrez pour le plaisir des yeux, trouver les créations de ce jeune artiste ici, et puis là et même par là !

Âgé de 21 ans et très attiré par le milieu de la photographie, du dessin, de la peinture et de la mode (cela va de paire me direz-vous)  Guillaume, sautant de sa Normandie natale jusque dans la capitale, après un CAP Signalétique Enseigne et Décors à Rouen (où il découvre les techniques de la peinture et de l’adhésif décoratif), un Brevet des Métiers d’Arts en décoration de surfaces et volumes à Paris (où il y travaille l’art du trompe l’oeil, les textures et les differentes peintures) dont il sort Major de sa promotion et une classe préparatoire en arts à l’école supérieur d’art de Rueil Malmaison, il plonge à bras le corps dans SON univers. Un petit monde pop, coloré et acidulé dans lequel le port de lunettes de soleil est prescrit pour ne pas s’hypnotiser face à son visuel saisissant.

Vous l’aurez compris, entre la photographie, la peinture, le dessin, Guillaume ne sait plus ou donner de la tête. Il laisse donc trainer son pinceau sur un peu tout les supports et appose son oeil artistique, frais et haut en couleurs, sur le monde bariolé qui l’entoure.

Allez, il n’échappe à la règle, dix questions rapides et concises pour tâcher d’en savoir un peu plus sur cet enfant de l’art né sans doute avec un pinceau dans la main :


1 - Comment est venue ta passion pour la création ?
C’est un besoin de m’exprimer avant tout. Je crée lorsque j’ai une idée, lorsque j’ai une envie. J’ai besoin de poser mes idées pour réaliser du concret avant que ça m’échappe parce que j’ai un cerveau en fusion qui ne fonctionne que par période (de créativité). La création me permet l’absence de frustration.

2 - Pour quel(s) but(s) ?
Partager, partager, partager, mes envies et mes idées, mon univers et rencontrer du monde à travers lui dans une optique de projets professionnels.

3 - Dans quel(s) grand(s) mouvement(s) penses tu t’inspirer ?
Sans hésiter le pop art ! Pour les couleurs, les formes etc … C’est dans cette période que j’ai trouvé mes maîtres et ceux qui m’ont donné avant tout le courage de suivre leur chemin. J’ai bien évidement jeté un oeil dans les autres grands mouvements afin de trouver mes repères et de définir mes envies. Mais, il faut le dire, certains courants ne m’inspire pas. Cependant, je surveille toujours les artistes émergeants qui se rapprochent de mon style, je pousse souvent les portes des petites galeries lorsque qu’une oeuvre me tape dans l’oeil .

4 - N’as tu guère peur du déjà-vu ?
Ça, c’est la réflexion quotidienne ! Celle qui se pose à chaque début de projet. Celle qui peux aussi tuer l’envie de créer. Bien sûr que j’en ai peur, mais aujourd’hui qui n’a jamais fait du déjà-vu ? Alors oui, certains diront que je n’ai guère d’idées ou de style, d’autres diront que je ne fait que de la copie mais qu’importe ! Il est sûr que je ne pense pas ré-inventer l’art ou devenir le pionnier d’un grand mouvement. Mais voila lorsque je fais une chose, j’essaie d’innover, et puis il m’arrive de revenir sur certains procédés pour les améliorer ou en faire des séries, de ce fait, cette démarche s’inscrit pas dans du déjà-vu mais dans perspective de continuité .

5 - Quel est l’intérêt dans le contexte actuel de portraitiser ceux qui le sont déjà à outrance ?
Dans mes premiers travaux de peinture j’ai pratiqué le portrait stylisé. J’ai donc, depuis quelques années, réalisé beaucoup de portraits. J’ai eu beaucoup de commandes, en 4 années j’ai dû réaliser une quarantaine de portraits de personnes de tous âges. Puis j’ai souhaité toucher un plus large public, parce que faire le portrait de «Mamie Henriette» ou de « Tonton Claude» n’intéressaient qu’un cercle familial beaucoup trop restreint. Alors j’ai commencer ma série de performance. Au départ, j’ai pris cela comme un exercice puisque j’ai commencé par mon autoportrait.  Puis j’ai compris que pour toucher encore plus de monde je devais réaliser des portraits de personnes célèbres que l’on peut reconnaitre d’un coup d’oeil. J’ai donc fait le portrait de Rihanna, de Karl Lagerfeld après l’avoir vu, Lady Gaga suite à un concours, de Mika suite à un concert, d’Adèle suite à son dernier album que j’ai du écouter 60 fois ! (rires) et puis celui d’Amy Winehouse suite à sa disparition. Ces personnalités m’ont toute touché et c’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de réaliser leurs portraits. Bien évidement, je sais que je ne peux pas imposer mon style avec ce type de peinture, des peintre performers il y en a des millions ! Il suffit de regarder sur internet, de voir le nombres de performances vidéos est monstrueux. Je suis une fourmi dans une fourmilière. Ceci dit, je ne considère pas ces portraits comme étant le plus important dans mon travail, pour moi c’est sont des exercices de style.

6 - L’univers artistique dans lequel tu évolues n’est-il pas restrictif ?
Oui et non. En peinture j’aurais tendance à dire oui puisque l’on retrouve souvent le même procédé, les même couleurs etc … pour le reste c’est mitigé . Je lie plusieurs univers au mien. Cela devient un melting-pot artistique. Notamment une chose qui est flagrante c’est le contraste très poussé entre mes travaux en noir et blanc et ceux en couleurs. Je passe d’un extrême à l’autre mais c’est aussi ça mon univers, un monde incertain, qui peut changer d’un moment a l’autre, au grès de mes idées et de mes envies. J’essaie tout de même de rester dans la même voie, le même milieu, comme une sorte de signature posée sur mes créations, que l’on se dise “Ça ressemble à du Guii Mart ” un peu comme du Keith Haring ou Basquiat. Créer un style imposé et reconnaissable.

7 - À quand les créations dans lesquelles s’inscrivent des réflexions, des interrogations (sans pour autant délaisser l’esthétisme grâce auquel tu prime) ?
Pour l’instant ce n’est pas ce qui me préoccupe (d’où le fait que je ne m’attribue pas entièrement le statut d’artiste) puisque je ne réfléchis pas à la perception public de mes tableaux. Je préfère me définir comme un créateur d’images et non comme un artiste peintre. Il existe des artistes qui affirment que leurs travaux ne sont jamais aboutis et définitifs, ils ne cherchent pas à poser un nom, une réflexion ou un argumentaire dessus, ils se contentent de produire. Je suis de ceux là, moi je compose, découpe, recoupe, peint, colorise, colle, mixte, bref, c’est la création avant la réflexion. Je compose, non pas pour définir, dénoncer, interroger, juste pour assouvir ma créativité.

8 - Selon toi, comment est perçu tes créations par le public ?
Naze, Ouah, Ouais, Oh Cool, Rooh le mec, Ok aucun style, Ça déchire, Superbe, Il aurait pu faire mieux, Je déteste, C’est beau, J’adore, Bof, Nul, De la pure copie, C’est original, Monstrueux, Pop, Joli, Sans intérêt, Magnifique .

9 - Un projet en cours ?
Photo et ou vidéo, mais a voir .

10 - Et le mot de la fin ?
Merci

Bien sûr : Vous pourrez pour le plaisir des yeux, trouver les créations de ce jeune artiste ici, et puis et même par  !




Né à Clamart en 1993, le petit Ian, calme et solitaire, est exilé en Normandie dans une cellule résistante face à la mondialisation et de toutes choses barbares. Il y découvre la littérature durant un été lycéen. De fil en aiguille, il se lance dans l’écriture lors d’une période sombre pour chercher à «évacuer un surplus d’émotions». De là, nait la passion pour la page vierge. Actuellement en L1 de Mathématiques à Jussieu, le petit Ian voulant devenir grand réalise que la réorientation littéraire n’a jamais fait de mal à personne et y songe plus que jamais. Comme ses contemporains, le petit Ian, sociable et bon vivant, cherche un sens à la Vie. Témoin et acteur d’une génération relativement paumée, il écrit et écrit encore afin de répondre à ses camarades aussi désoeuvrés et lucides que lui face au monde dans lequel il évolue tant bien que mal. Ainsi, le petit Ian écrit et rêve de trouver par la Littérature des réponses qui lui permettrons d’avancer, d’atteindre la substantifique moelle de la Vie et ainsi faire en sorte que le petit Ian devienne grand. Et le voilà en ce froid mardi de janvier à Abbesses racontant à une oreille attentive ses premiers pas dans le monde des Lettres.


1 - Pourquoi l’écriture ? 
Je dirais par hasard. Par passion pour la littérature, c’est sûr, qui m’est venue il a y deux ans. J’ai voulu m’essayer, je vivais une période assez sombre où j’ai beaucoup intériorisé les conséquences des évènements qui se déroulaient devant moi. L’écriture m’a permis de déverser ce trop-plein. Au début, c’était strictement personnel, il n’y avait aucune dimension artistique dans mes écrits, c’était juste pour me vider puis la forme est venue petit à petit. Avec du recul, je dirais que seule l’écriture posée sur un papier permet de se livrer comme on se dévoile à un confident, un confident qui reste objective face à toi. C’est une manière de ne pas prendre de risque tout en se soulageant l’âme. 2 - A voir tes premiers écrits, aurais-tu une tendance à la forme de la nouvelle ? Oui, en ce moment du moins, je suis en période d’essai dans cette forme là, je ne suis qu’un tout nouveau né plongé dans le monde de la littérature et j’ai encore tout à apprendre. Pour m’avancer, je me suis inscrit à l’atelier d’écriture de Emmanuel Bing pour tenter tout les horizons qui se profilent devant moi.  3 - Les sujets de tes textes se ciblent sur les mouvements de l’âme, les illusions et les questions existentielles d’un jeune garçon de ton âge. Tente tu de dresser un portrait de la jeunesse ou du moins de la tienne et n’as tu pas peur de tomber dans le cliché, la mièvrerie ? J’essaye de m’approcher le plus possible de ma génération, j’ai entendu quelque part que cette dernière était gavée et qu’elle vomit tout ce qu’on lui donne, et je me suis sentis concerné. Je pense qu’on est beaucoup à être dans ce mal-être. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de «crise d’adolescence» mais je pense que c’est avant cette crise qu’on est le plus paisible, et c’est la prise de conscience qui nous amène à ce mal-être, sinon nous n’aurions pas à ressentir le désir de nous révolter contre notre environnement. Après, face au cliché et à la mièvrerie, certes, des personnes plus âgées ne prennent pa mes écrits au sérieux mais il y à une bonne réception de la part des jeunes gens comme moi, de personnes de ma génération, car ils se retrouvent dans mes écrits, donc je continue. Après tout, je pense ne pas être tombé dans la mélancolie, j’essaye au maximum d’imbiber mes textes d’émotions mais parallèlement, je travaille à me retirer le plus possible du texte pour le rendre plus accessible. En prenant du recul, en appliquant cette directive, je vais être en capacité de me mieux gérer mon écriture parce que le pas est infime entre l’écriture pour soi et l’écriture pour les autres. 4 - Comment se fait le choix des mots, qui sont justes mais parfois très forts face au contexte dans lequel tu les plonge ?J’aime la précision et j’ai horreur de la répétition. J’emploie la grande diversité du vocabulaire pour montrer la complexité des émotions. J’essaye de faire tout pour faire voyager le lecteur dans mon labyrinthe. J’y glisse parfois quelques cul de sac, quelques passages étonnants et quelques guet-apens pour essayer de le surprendre. 5 - Et maintenant que tu publies tes textes sur Facebook, pour qui écris tu ? Depuis la publication, l’écriture a pris une autre dimension, avant mes textes étaient sous cadenas tout simplement parce qu’ils étaient moi. À l’époque j’étais plutôt solitaire et je trouvais périlleux de publier mes textes, ce serait comme me livrer à nu sur un plateau d’argent à la face du monde. Puis, je me suis rendu compte que ces textes se retrouvaient dans d’autres personnes, et ça m’a donné l’impulsion pour la publication. Au bout du compte à force d’écrire pour soi, on fini par tourner en rond et ça devient frustrant de ne n’avoir ni de pouvoir se développer d’avantage ni d’avoir de retour. 6 - Donc la finalité serait la publication papier ? J’y pense, mais je n’ai pas la prétention de me faire publier maintenant, je pourrais mais je pense qu’il vaut mieux roder la machine avant de la présenter. Je suis maintenant dans l’étude de la littéture, j’essaye de lire le plus de livres afin de voir ce qui a été fait auparavant et extraire tout le substrat des autres afin d’éviter la pâle copie. 7 - Pour l’instant tu utilise Facebook pour publier tes textes, tu n’es pas sans savoir que toute donnée mise en ligne via cette base est automatiquement plongée dans le domaine publique. Tu crains pas une éventuelle usurpation ? C’est un risque il est vrai. Mais après je choisis les personnes à qui je donne accès à mes textes. Cependant, il faut que je réfléchisse au problème. Mes premières publications n’étaient dues qu’à l’euphorie du partage. Il y à aussi que mon niveau n’est pas assez bon pour que je puisse craindre l’usurpation. Après tout, je pense qu’il faut prendre des risques pour tenter de se faire connaître. 8 - Qu’est ce qui te différencie des autres auteurs naissants de ton âge ? Dans la manière de dire les choses. Certaines choses vont être plus parlantes pour certaines personnes et d’autres non. Je pense que l’écriture c’est passer au dessus du langage universel, ou plutôt conventionnel. Je pose sur du papier une perception brute sans apports, c’est subjectif ! Mais aujourd’hui, qu’est ce qui n’est pas subjectif ? (rire) 9 - Quelques auteurs en particulier ?  Sartre et Vian, pour l’ensemble de leurs oeuvres, Verlaine pour ses «Poèmes saturniens», Hugo pour ses «Contemplations» et Lautréamont pour ses «Chants de Maldoror».
10 - Et le mot de la fin ? Créer
Et c’est tout beau, c’est tout chaud, un extrait de « Harcelé »:
« Isolé, mon univers dans son expansion se constitue de plus en plus de matière noire ; n’ayant personne pour évacuer cette déflagration grandissante qui ne laisse rien derrière elle qu’un nuage de cendres, mêlé à la pluie salée de mes pleurs désespérés, j’étouffe. Fréquemment, une vieillarde vient me voir lorsque je suis seul, dehors, dans la rue, dans les bois, dans ma chambre. Elle s’approche d’un pas flottant, elle glisse sur le sol, vêtue de noir, morbide mais sereine. Une fois à mon oreille, elle me susurre : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? Rien ne te retient dans ce monde, aucune chose, personne. Partir sans aucun bruit, par une belle soirée d’automne, avoir pour unique cortège funèbre des milliers de feuilles mortes, une brume grise, un silence hanté par le hululement lugubre d’une chouette grave. Je peux t’offrir ça. Laisse ces aveugles errer dans leurs propres déjections, abandonne ces fous avides de vide, désirants plus que tout obtenir de futiles choses, du vide, ils désirent du vide. Viens avec moi. » Un glacial frisson rampe le long de ma colonne vertébrale, tel une larve rongeant mon échine. Le spasme de l’indécision. Après tout elle n’a pas tort, toutes mes ancres sont coupées, tranchées par la hache douloureuse de la tristesse. Je ne suis plus que pour moi, je dispose ainsi de mon existence. Revoilà l’éternel tourmenteur : le choix. Je n’ai aucune raison de vivre, ni de mourir. Je stagne. Je barbotte dans une eau croupie, débordante de sangsues, d’amibes, de cadavres. Libre, j’ai choisi de résider dans ces marécages répugnants, à l’odeur trop fortes d’intestins d’éventrés en décomposition, accueillant des légions de vermines. Je feins d’être un corps inerte, j’imite mes défunts voisins mais la frigorifique pluie ne me rappelle que trop tôt ma visqueuse existence, celle qui m’est propre. J’existe pour moi, eux n’existent que par moi, soulagés d’une existence de moins. Je hais Descartes. Même dans ce marais la vieille femme au voile sombre vient me perturber de son discours trop réaliste : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Je fuis, loin des aveugles, loin des morts, encore plus loin des vivants ; mais cet obscur corbeau traverse les tempêtes aux foudres vengeresses, les ouragans aux vents dévastateurs, les mers déchainées aux lames destructrices, les tremblements de terre aux vibrations pourfendeuses, les espaces aux vides gelés. Elle me traque sans relâche, sachant que seule son aide peut m’être précieuse. Mais je fuis, comme le fou au bruit d’une porte qui claque, comme le stupide démon au bruissement du nom « Jésus ». Je fuis, à la recherche d’une raison, sous les cailloux, dans les hautes canopées, parmi les fourmis, entre les nuages gorgés d’ombre. Et quand ayant cru trouver cette raison dans des âmes humaines, je ne fis que ralentir ma course folle, abusé par un traquenard sentimentale, plein de perfidies, traîtres! Vous vous étiez peint des iris sur vos paupières closes mais vos globes sont tout aussi blancs, livides, que ceux des autres. Et je fuis, j’entends toujours dans mon sillage : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Sage décision. »

Né à Clamart en 1993, le petit Ian, calme et solitaire, est exilé en Normandie dans une cellule résistante face à la mondialisation et de toutes choses barbares. Il y découvre la littérature durant un été lycéen. De fil en aiguille, il se lance dans l’écriture lors d’une période sombre pour chercher à «évacuer un surplus d’émotions». De là, nait la passion pour la page vierge. Actuellement en L1 de Mathématiques à Jussieu, le petit Ian voulant devenir grand réalise que la réorientation littéraire n’a jamais fait de mal à personne et y songe plus que jamais. Comme ses contemporains, le petit Ian, sociable et bon vivant, cherche un sens à la Vie. Témoin et acteur d’une génération relativement paumée, il écrit et écrit encore afin de répondre à ses camarades aussi désoeuvrés et lucides que lui face au monde dans lequel il évolue tant bien que mal. Ainsi, le petit Ian écrit et rêve de trouver par la Littérature des réponses qui lui permettrons d’avancer, d’atteindre la substantifique moelle de la Vie et ainsi faire en sorte que le petit Ian devienne grand. Et le voilà en ce froid mardi de janvier à Abbesses racontant à une oreille attentive ses premiers pas dans le monde des Lettres.

1 - Pourquoi l’écriture ? 
Je dirais par hasard. Par passion pour la littérature, c’est sûr, qui m’est venue il a y deux ans. J’ai voulu m’essayer, je vivais une période assez sombre où j’ai beaucoup intériorisé les conséquences des évènements qui se déroulaient devant moi. L’écriture m’a permis de déverser ce trop-plein. Au début, c’était strictement personnel, il n’y avait aucune dimension artistique dans mes écrits, c’était juste pour me vider puis la forme est venue petit à petit. Avec du recul, je dirais que seule l’écriture posée sur un papier permet de se livrer comme on se dévoile à un confident, un confident qui reste objective face à toi. C’est une manière de ne pas prendre de risque tout en se soulageant l’âme.

2 - A voir tes premiers écrits, aurais-tu une tendance à la forme de la nouvelle ?
Oui, en ce moment du moins, je suis en période d’essai dans cette forme là, je ne suis qu’un tout nouveau né plongé dans le monde de la littérature et j’ai encore tout à apprendre. Pour m’avancer, je me suis inscrit à l’atelier d’écriture de Emmanuel Bing pour tenter tout les horizons qui se profilent devant moi.

3 - Les sujets de tes textes se ciblent sur les mouvements de l’âme, les illusions et les questions existentielles d’un jeune garçon de ton âge. Tente tu de dresser un portrait de la jeunesse ou du moins de la tienne et n’as tu pas peur de tomber dans le cliché, la mièvrerie ?
J’essaye de m’approcher le plus possible de ma génération, j’ai entendu quelque part que cette dernière était gavée et qu’elle vomit tout ce qu’on lui donne, et je me suis sentis concerné. Je pense qu’on est beaucoup à être dans ce mal-être. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de «crise d’adolescence» mais je pense que c’est avant cette crise qu’on est le plus paisible, et c’est la prise de conscience qui nous amène à ce mal-être, sinon nous n’aurions pas à ressentir le désir de nous révolter contre notre environnement. Après, face au cliché et à la mièvrerie, certes, des personnes plus âgées ne prennent pa mes écrits au sérieux mais il y à une bonne réception de la part des jeunes gens comme moi, de personnes de ma génération, car ils se retrouvent dans mes écrits, donc je continue. Après tout, je pense ne pas être tombé dans la mélancolie, j’essaye au maximum d’imbiber mes textes d’émotions mais parallèlement, je travaille à me retirer le plus possible du texte pour le rendre plus accessible. En prenant du recul, en appliquant cette directive, je vais être en capacité de me mieux gérer mon écriture parce que le pas est infime entre l’écriture pour soi et l’écriture pour les autres.

4 - Comment se fait le choix des mots, qui sont justes mais parfois très forts face au contexte dans lequel tu les plonge ?
J’aime la précision et j’ai horreur de la répétition. J’emploie la grande diversité du vocabulaire pour montrer la complexité des émotions. J’essaye de faire tout pour faire voyager le lecteur dans mon labyrinthe. J’y glisse parfois quelques cul de sac, quelques passages étonnants et quelques guet-apens pour essayer de le surprendre.

5 - Et maintenant que tu publies tes textes sur Facebook, pour qui écris tu ?
Depuis la publication, l’écriture a pris une autre dimension, avant mes textes étaient sous cadenas tout simplement parce qu’ils étaient moi. À l’époque j’étais plutôt solitaire et je trouvais périlleux de publier mes textes, ce serait comme me livrer à nu sur un plateau d’argent à la face du monde. Puis, je me suis rendu compte que ces textes se retrouvaient dans d’autres personnes, et ça m’a donné l’impulsion pour la publication. Au bout du compte à force d’écrire pour soi, on fini par tourner en rond et ça devient frustrant de ne n’avoir ni de pouvoir se développer d’avantage ni d’avoir de retour.

6 - Donc la finalité serait la publication papier ?
J’y pense, mais je n’ai pas la prétention de me faire publier maintenant, je pourrais mais je pense qu’il vaut mieux roder la machine avant de la présenter. Je suis maintenant dans l’étude de la littéture, j’essaye de lire le plus de livres afin de voir ce qui a été fait auparavant et extraire tout le substrat des autres afin d’éviter la pâle copie.

7 - Pour l’instant tu utilise Facebook pour publier tes textes, tu n’es pas sans savoir que toute donnée mise en ligne via cette base est automatiquement plongée dans le domaine publique. Tu crains pas une éventuelle usurpation ?
C’est un risque il est vrai. Mais après je choisis les personnes à qui je donne accès à mes textes. Cependant, il faut que je réfléchisse au problème. Mes premières publications n’étaient dues qu’à l’euphorie du partage. Il y à aussi que mon niveau n’est pas assez bon pour que je puisse craindre l’usurpation. Après tout, je pense qu’il faut prendre des risques pour tenter de se faire connaître.

8 - Qu’est ce qui te différencie des autres auteurs naissants de ton âge ?
Dans la manière de dire les choses. Certaines choses vont être plus parlantes pour certaines personnes et d’autres non. Je pense que l’écriture c’est passer au dessus du langage universel, ou plutôt conventionnel. Je pose sur du papier une perception brute sans apports, c’est subjectif ! Mais aujourd’hui, qu’est ce qui n’est pas subjectif ? (rire)

9 - Quelques auteurs en particulier ?
Sartre et Vian, pour l’ensemble de leurs oeuvres, Verlaine pour ses «Poèmes saturniens», Hugo pour ses «Contemplations» et Lautréamont pour ses «Chants de Maldoror».

10 - Et le mot de la fin ?
Créer


Et c’est tout beau, c’est tout chaud, un extrait de « Harcelé »:


« Isolé, mon univers dans son expansion se constitue de plus en plus de matière noire ; n’ayant personne pour évacuer cette déflagration grandissante qui ne laisse rien derrière elle qu’un nuage de cendres, mêlé à la pluie salée de mes pleurs désespérés, j’étouffe. Fréquemment, une vieillarde vient me voir lorsque je suis seul, dehors, dans la rue, dans les bois, dans ma chambre. Elle s’approche d’un pas flottant, elle glisse sur le sol, vêtue de noir, morbide mais sereine. Une fois à mon oreille, elle me susurre : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? Rien ne te retient dans ce monde, aucune chose, personne. Partir sans aucun bruit, par une belle soirée d’automne, avoir pour unique cortège funèbre des milliers de feuilles mortes, une brume grise, un silence hanté par le hululement lugubre d’une chouette grave. Je peux t’offrir ça. Laisse ces aveugles errer dans leurs propres déjections, abandonne ces fous avides de vide, désirants plus que tout obtenir de futiles choses, du vide, ils désirent du vide. Viens avec moi. » Un glacial frisson rampe le long de ma colonne vertébrale, tel une larve rongeant mon échine. Le spasme de l’indécision. Après tout elle n’a pas tort, toutes mes ancres sont coupées, tranchées par la hache douloureuse de la tristesse. Je ne suis plus que pour moi, je dispose ainsi de mon existence. Revoilà l’éternel tourmenteur : le choix. Je n’ai aucune raison de vivre, ni de mourir. Je stagne. Je barbotte dans une eau croupie, débordante de sangsues, d’amibes, de cadavres. Libre, j’ai choisi de résider dans ces marécages répugnants, à l’odeur trop fortes d’intestins d’éventrés en décomposition, accueillant des légions de vermines. Je feins d’être un corps inerte, j’imite mes défunts voisins mais la frigorifique pluie ne me rappelle que trop tôt ma visqueuse existence, celle qui m’est propre. J’existe pour moi, eux n’existent que par moi, soulagés d’une existence de moins. Je hais Descartes. Même dans ce marais la vieille femme au voile sombre vient me perturber de son discours trop réaliste : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Je fuis, loin des aveugles, loin des morts, encore plus loin des vivants ; mais cet obscur corbeau traverse les tempêtes aux foudres vengeresses, les ouragans aux vents dévastateurs, les mers déchainées aux lames destructrices, les tremblements de terre aux vibrations pourfendeuses, les espaces aux vides gelés. Elle me traque sans relâche, sachant que seule son aide peut m’être précieuse. Mais je fuis, comme le fou au bruit d’une porte qui claque, comme le stupide démon au bruissement du nom « Jésus ». Je fuis, à la recherche d’une raison, sous les cailloux, dans les hautes canopées, parmi les fourmis, entre les nuages gorgés d’ombre. Et quand ayant cru trouver cette raison dans des âmes humaines, je ne fis que ralentir ma course folle, abusé par un traquenard sentimentale, plein de perfidies, traîtres! Vous vous étiez peint des iris sur vos paupières closes mais vos globes sont tout aussi blancs, livides, que ceux des autres. Et je fuis, j’entends toujours dans mon sillage : « Ne penses-tu pas qu’il est temps ? » Sage décision. »


« Anne, journaliste dans un grand magazine féminin, enquête sur la prostitution estudiantine. Alicja et Charlotte, étudiantes à Paris, se confient à elle sans tabou ni pudeur. Ces confessions vont trouver chez Anne un écho inattendu. Et c’est toute sa vie qui va en être bouleversée. » 

En fait , Elles, c’est un peu un bon roman de Sade : Trois scènes de cul pour une séquence de réflexion. 
Certes, Juliette Binoche vaut coup d’oeil niveau prestation. Hurler de rire en crachant des pâtes, c’est sensationnel, mais malgré son naturel désarmant en bourgeoise parisienne fatiguée par sa vie de couple foireuse, l’éducation douteuse de ses fils et son job tellement pourri qu’elle mets une semaine à torcher une première de couverture, on à du mal à être touché par le malheur de cette pauvre femme sexuellement frustrée, humainement démotivée, mais professionnellement volontaire ! (Quoiqu’il lui en coûte d’ailleurs)  
Faut dire aussi que quand on veut traiter un sujet aussi délicat que la prostitution estudiantine EN MÊME TEMPS que les déboires familiaux d’une mère qui bouffe bio, c’est pas facile d’éviter le faux pas.  
Admettons que l’esthétique en vaut le coup : On montre tout mais on reste dans le domaine moral. Enfin, moral, pas vraiment, puisqu’à voir les silhouettes se détacher sur le grand écran en se levant au fur et à mesure pour quitter la salle parce que, selon les dires de Madame J’ai-mes-valeurs et de sa fille Mademoiselle Je-vis-dans-un-monde-tout-rose, le sujet est«révoltant», «inadmissible», «improbable» et «inexistant». Ainsi donc, curieuses personnes pourtant majeures et vaccinées, vous faites de la prostitution estudiantine un mythe urbain qui n’a jamais été confirmé ? Voilà, Elles, c’est du lourd, du lourd sur la conscience, un peu comme Polisse de Maïwenn (2012) mais bon, en ce moment, c’est la tendance, on aime choquer les esprits, juste assez pour les remettre à leur juste place.  Ainsi donc après trois scènes de fellations, deux de coït et une de sodomie à la bouteille de champagne, on se dit en sortant : «Mais en fait, c’était quoi le sujet ?» Faire du porno propre genre L’empire des sens, re-re-re et refait ? Parler de prostitution bien que le sujet à déjà été suffisament traité dans l’Apollonide de B. Bonello ? Illustrer les déboires d’une parisienne tellement stéréotypée que ça en deviendrait vexant pour qui se retrouverait dans le personnage ?  Ouais, bon, même si la Binoche nous offre un large répertoire très agréable de ces jeux de regards, on ira pas dire à ses amis étudiants : Ouais je suis trop d’accord, la prostitution estudiantine, c’est dégueulasse ! » mais bien plutôt : «Hier j’ai vu un film, j’ai pas pigé le sujet.»  

« Anne, journaliste dans un grand magazine féminin, enquête sur la prostitution estudiantine. Alicja et Charlotte, étudiantes à Paris, se confient à elle sans tabou ni pudeur. Ces confessions vont trouver chez Anne un écho inattendu. Et c’est toute sa vie qui va en être bouleversée. » 

En fait , Elles, c’est un peu un bon roman de Sade : Trois scènes de cul pour une séquence de réflexion. 

Certes, Juliette Binoche vaut coup d’oeil niveau prestation. Hurler de rire en crachant des pâtes, c’est sensationnel, mais malgré son naturel désarmant en bourgeoise parisienne fatiguée par sa vie de couple foireuse, l’éducation douteuse de ses fils et son job tellement pourri qu’elle mets une semaine à torcher une première de couverture, on à du mal à être touché par le malheur de cette pauvre femme sexuellement frustrée, humainement démotivée, mais professionnellement volontaire ! (Quoiqu’il lui en coûte d’ailleurs)  

Faut dire aussi que quand on veut traiter un sujet aussi délicat que la prostitution estudiantine EN MÊME TEMPS que les déboires familiaux d’une mère qui bouffe bio, c’est pas facile d’éviter le faux pas.  

Admettons que l’esthétique en vaut le coup : On montre tout mais on reste dans le domaine moral. Enfin, moral, pas vraiment, puisqu’à voir les silhouettes se détacher sur le grand écran en se levant au fur et à mesure pour quitter la salle parce que, selon les dires de Madame J’ai-mes-valeurs et de sa fille Mademoiselle Je-vis-dans-un-monde-tout-rose, le sujet est«révoltant», «inadmissible», «improbable» et «inexistant». Ainsi donc, curieuses personnes pourtant majeures et vaccinées, vous faites de la prostitution estudiantine un mythe urbain qui n’a jamais été confirmé ?

Voilà, Elles, c’est du lourd, du lourd sur la conscience, un peu comme Polisse de Maïwenn (2012) mais bon, en ce moment, c’est la tendance, on aime choquer les esprits, juste assez pour les remettre à leur juste place.

Ainsi donc après trois scènes de fellations, deux de coït et une de sodomie à la bouteille de champagne, on se dit en sortant : «Mais en fait, c’était quoi le sujet ?» Faire du porno propre genre L’empire des sens, re-re-re et refait ? Parler de prostitution bien que le sujet à déjà été suffisament traité dans l’Apollonide de B. Bonello ? Illustrer les déboires d’une parisienne tellement stéréotypée que ça en deviendrait vexant pour qui se retrouverait dans le personnage ?

Ouais, bon, même si la Binoche nous offre un large répertoire très agréable de ces jeux de regards, on ira pas dire à ses amis étudiants : Ouais je suis trop d’accord, la prostitution estudiantine, c’est dégueulasse ! » mais bien plutôt : «Hier j’ai vu un film, j’ai pas pigé le sujet.»  


C’est dans son quartier des Abbesses que Tony Mpoudja, auteur, comédien, acteur et musicien, a bien voulu revenir sur son parcours artistique. Actuellement dans La Tempête de W. Shakespeare et dans l’Odyssée, mise en scène de Irina Brook, Tony Mpoudja, dans une ambiance agréable et décontractée, vient à me parler de la pluralité de ses passions.

1- Entre le cinéma, le théâtre, la musique et la littérature, est-ce que tu te considères comme un artiste complet ? Je ne me considère pas encore comme un artiste complet (rires) puisqu’il y a des choses qui sont en projet et que, dans cette société moderne, on n’est un artiste qu’à partir du moment où il y a un succès. Mais en tout cas, je me considère comme un artiste.
2- Dans quel ordre te sont venues tes envies ? Est-ce que tu as eu une évolution particulière dans les différents arts ?  J’ai commencé par le cinéma il y 13 ans, par un film La Squale, une aventure qui a duré un an et demi. À la base, je voulais être professeur d’EPS, mais je me suis dirigé vers une carrière artistique après La Squale. J’ai eu la chance d’avoir le Prix d’interprétation masculine du festival de Paris en 2001 pour ce long-métrage. Puis j’ai commencé à faire du théâtre, vous allez me dire « Le Théâtre, le cinéma, c’est le même métier ! », mais je considère que, même s’il s’agit du même corps, on utilise un support différent et ce sont deux perceptions différentes du jeu que j’ai beaucoup aimé. Après quelques années à faire des films, de la télé et du théâtre, la musique m’est apparue, alors que je tournais un film, je crois que c’est le hasard qui a tout mélangé.  Dans Dans tes rêves, je jouais un rappeur, j’ai donc d’une certaine manière rencontré la musique par le cinéma. Comme je devais tourner des scènes où je devais être un vrai chanteur, muni de vrais textes, devant un public bien réel et comme je suis un peu orgueilleux, j’ai voulu que le public ne voit pas un comédien en train de chanter mais un véritable chanteur. En fait, c’est ma vraie passion d’acteur qui m’a fait avoir mes autres envies par la suite. Je me suis dit « si tu chantes, c’est dommage de pas écrire ce que tu veux chanter », donc j’ai commencé à écrire. Devenir auteur de chansons m’est survenu en même temps que le fait de chanter. Cependant, l’écriture m’est venue avec le théâtre parce que pour moi, le théâtre ça a toujours été un texte donc je me suis mis à écrire, bon, ce n’était pas des pièces mais je commençais à mettre des mots sur un papier pour donner un sens d’une certaine manière à mon existence créative.
3- Tu peux nous en dire plus sur ton livre qui va paraître en 2012 ? Alors, mon livre, c’est un peu tombé comme une cerise sur un gâteau. Dans Entre nous (titre en cours de modification), je me sers des objets pour parler des êtres humains. C’est donc un recueil de nouvelles dans lequel on suit une robe qui à rendez-vous avec un smoking et il se trouve que ce smoking est un loubard ou encore l’histoire d’une vieille télévision qui en a marre de transmettre de mauvaises images et qui souhaiterait s’éteindre. À travers toutes mes nouvelles, je parle de l’Humanité puisqu’elle est maintenant au centre de tout et parfois nous avons besoin de voir ce qu’il y a autour de nous pour se connaître soi-même. Je raconte donc d’une certaine manière ce qui nous sensibilise d’une manière éloignée, distanciée, avec de l’imagination.  4- Tony et les Cyclopes, quand on voit les titres comme « Pénélope », « 7ème art », « Cinéma », « C de Cyclope » on constate que tu fais référence aux autres arts. Pourquoi avoir choisi comme basse l’Odyssée de Homère ? C’est très simple, j’ai la chance de travailler  avec une metteure en scène très talentueuse qui s’appelle Irina Brook, qui a monté l’Odyssée de Homère dans laquelle j’ai joué. J’ai commencé le travail avec elle en jouant plusieurs personnages. J’ai commencé par Pénélope puis Circé et le Cyclope. Ça m’a marqué cette histoire parce que je l’avais apprise à l’école et tout d’un coup commencer à réfléchir, monter sur scène et se demander ce que l’on ressent quand on est dans la peau d’un Cyclope, que l’on est grand et pas content parce que papa nous a abandonné, etc. Étrangement, je me suis senti très proche de ce personnage, parce que c’est un géant qui a un coeur, qui veut pas manger les humains et c’est dans cette énergie, cette relation que je me suis confondu dans ce personnage. Je suis donc parti dans cette idée de Tony et les Cyclopes comme c’était mon énergie à ce moment là et que je considère tout l’univers de Homère comme la base de la civilisation moderne j’ai voulu m’exprimer à travers ces mythes. Après tout, je trouve que les mythes racontent beaucoup mieux l’histoire de l’humain que les médias.
5- Comment est née ta collaboration avec Irina Brook ? Je travaillais avec son père (Peter Brook), j’avais rencontré Irina dans le cadre d’une soirée. Deux, trois ans après j’ai arrêté de travailler avec Peter et je me suis plongé dans le cinéma mais Irina à voulu me rencontrer pour un workshop. Par la suite, elle m’a proposé de jouer dans la pièce et on a commencé notre collaboration. Maintenant, je joue le rôle de Caliban dans La Tempête de W. Shakespeare. 6- Peux-tu approfondir ton avis sur la différence entre le cinéma et le théâtre ? Dans le cinéma, il y a quelque chose de très plastique, j’adore cet art parce que j’aime le rapport avec l’image, même si c’est un rapport très moderne qui ne date pas de si longtemps : fin XIXème, c’est pas si vieux. Je ne voulais pas faire de cinéma avant, mais une fois que tu commences, tu ne peux plus t’arrêter. Comme un drogué, tu as envie d’avoir ce rapport à l’image le plus souvent possible. Mais au-delà de ça, c’est aussi une vérité que la caméra demande c’est un exercice qui n’est pas évident, proche aussi de la photo, cet exercice me plaît, j’aime créer des personnages photogéniques, m’intégrer dans une histoire, monter cette histoire avec un metteur en scène, un scénariste et donner vie à des personnages qui étaient couchés sur papier. Ça c’est ce qui me plaît au cinéma. Après dans le Théâtre, il y a un exercice qui est beaucoup plus difficile pour moi dans le sens où, on doit être dans une concentration constante et que nous devons toujours être sur le qui-vive. Donc ce sont deux exercices très différents que j’apprécie.
7- Ton premier grand rapport à l’image, comment l’as-tu vécu ? C’était lors de La Squale, j’ai été découvert lors d’un casting sauvage en 1998, je sortais des cours et il y a avait un directeur de casting qui m’a vu passer et il m’a demandé si ça me plairait de faire un casting, donc j’ai dis « Ouais pourquoi pas », j’avais un peu la côte dans mon lycée donc j’y suis allé. Je l’ai passé, le premier jour ils ne me disent rien, ils me demandent de revenir le lendemain. Idem, je devais revenir le jour suivant, et comme ça pendant 2 semaines consécutives ce qui est assez rare lors d’une période d’audition. Et à la fin de ces deux semaines, j’ai été retenu pour  ce film et à partir de là on nous avait préparé pour qu’on puisse envisager cette carrière, je l’ai envisagé et j’ai tout de suite tourné après, les agences sont venues, mais c’est vrai qu’il y a une minorité d’artistes, visibles, qui puissent travailler assez régulièrement dans le cinéma. 8 - Comment définirais-tu ta musique ? Ma musique, c’est comme quand tu es dans ta chambre et que tu écoutes pour la première fois « Where did you sleep last night » de Kurt Cobain et tu es en train de chanter sur ton lit. Moi j’adore la musique classique, particulièrement la musique de chambre. Mais après pour moi, la musique qu’on fait, c’est des potes qui ont du talent et qui veulent composer pour des auditeurs comme s’ils étaient dans leur chambre, comme s’ils étaient dans l’écoute la plus intime qui soit. La musique, ce que ça provoque chez moi c’est que j’ai vraiment la sensation d’exister quand je monte sur scène, quand je chante des textes qui sont les miens dans un univers que je connais bien, j’ai l’impression de faire passer une énergie, plus qu’un message je fais passer une énergie. J’ai envie que le public reparte de la salle avec quelque chose de positif. 9- Quel était ton rêve d’enfant ? Étant petit je voulais être clown. Je le sais parce qu’il y a des photos où j’étais déguisé en clown de toutes les couleurs et je faisais rire tous le monde. 10- Quelles sont tes formations artistiques ? J’ai appris sur le tas mais j’ai eu un peu de formation, un atelier théâtre quand j’étais au lycée. D’ailleurs je tiens à encourager tous les professeurs de théâtre qui font découvrir cet art à des élèves qui n’ont pas l’occasion de voir le théâtre autrement que par l’éducation (le premier rapport que j’ai eu avec le théâtre c’était via l’école). Après, avoir fait La Squale, on a été coaché par une professeur de théâtre pendant un an et demi puis est venue ma collaboration avec Peter Brook, ma plus grande formation a été avec lui. Je ne suis pas passé par une institution, on m’a proposé le Conservatoire, mais je sais que, pour une question de personnalité et parce que je n’ai pas trop l’esprit scolaire, j’ai préféré éviter. Musicalement, je suis un autodidacte, j’ai pris un peu de cours de guitare, un peu de cours de piano, j’aurais pu en prendre d’avantage mais je me sentais bien plus exister par les notes que je créais. 11- Est ce que tu aurais un conseil pour les artistes émergeants ? Je n’aime pas trop le mot conseil mais par rapport à mon parcours je dirais qu’il faut transmettre, chercher à transmettre, tout le temps.
12 - Et le mot de la fin ? Underground

C’est dans son quartier des Abbesses que Tony Mpoudja, auteur, comédien, acteur et musicien, a bien voulu revenir sur son parcours artistique. Actuellement dans La Tempête de W. Shakespeare et dans l’Odyssée, mise en scène de Irina Brook, Tony Mpoudja, dans une ambiance agréable et décontractée, vient à me parler de la pluralité de ses passions.

1- Entre le cinéma, le théâtre, la musique et la littérature, est-ce que tu te considères comme un artiste complet ?
Je ne me considère pas encore comme un artiste complet (rires) puisqu’il y a des choses qui sont en projet et que, dans cette société moderne, on n’est un artiste qu’à partir du moment où il y a un succès. Mais en tout cas, je me considère comme un artiste.

2- Dans quel ordre te sont venues tes envies ? Est-ce que tu as eu une évolution particulière dans les différents arts ?
J’ai commencé par le cinéma il y 13 ans, par un film La Squale, une aventure qui a duré un an et demi. À la base, je voulais être professeur d’EPS, mais je me suis dirigé vers une carrière artistique après La Squale. J’ai eu la chance d’avoir le Prix d’interprétation masculine du festival de Paris en 2001 pour ce long-métrage. Puis j’ai commencé à faire du théâtre, vous allez me dire « Le Théâtre, le cinéma, c’est le même métier ! », mais je considère que, même s’il s’agit du même corps, on utilise un support différent et ce sont deux perceptions différentes du jeu que j’ai beaucoup aimé. Après quelques années à faire des films, de la télé et du théâtre, la musique m’est apparue, alors que je tournais un film, je crois que c’est le hasard qui a tout mélangé.  Dans Dans tes rêves, je jouais un rappeur, j’ai donc d’une certaine manière rencontré la musique par le cinéma. Comme je devais tourner des scènes où je devais être un vrai chanteur, muni de vrais textes, devant un public bien réel et comme je suis un peu orgueilleux, j’ai voulu que le public ne voit pas un comédien en train de chanter mais un véritable chanteur. En fait, c’est ma vraie passion d’acteur qui m’a fait avoir mes autres envies par la suite. Je me suis dit « si tu chantes, c’est dommage de pas écrire ce que tu veux chanter », donc j’ai commencé à écrire. Devenir auteur de chansons m’est survenu en même temps que le fait de chanter. Cependant, l’écriture m’est venue avec le théâtre parce que pour moi, le théâtre ça a toujours été un texte donc je me suis mis à écrire, bon, ce n’était pas des pièces mais je commençais à mettre des mots sur un papier pour donner un sens d’une certaine manière à mon existence créative.

3- Tu peux nous en dire plus sur ton livre qui va paraître en 2012 ?
Alors, mon livre, c’est un peu tombé comme une cerise sur un gâteau. Dans Entre nous (titre en cours de modification), je me sers des objets pour parler des êtres humains. C’est donc un recueil de nouvelles dans lequel on suit une robe qui à rendez-vous avec un smoking et il se trouve que ce smoking est un loubard ou encore l’histoire d’une vieille télévision qui en a marre de transmettre de mauvaises images et qui souhaiterait s’éteindre. À travers toutes mes nouvelles, je parle de l’Humanité puisqu’elle est maintenant au centre de tout et parfois nous avons besoin de voir ce qu’il y a autour de nous pour se connaître soi-même. Je raconte donc d’une certaine manière ce qui nous sensibilise d’une manière éloignée, distanciée, avec de l’imagination.
 
4- Tony et les Cyclopes, quand on voit les titres comme « Pénélope », « 7ème art », « Cinéma », « C de Cyclope » on constate que tu fais référence aux autres arts. Pourquoi avoir choisi comme basse l’Odyssée de Homère ?
C’est très simple, j’ai la chance de travailler  avec une metteure en scène très talentueuse qui s’appelle Irina Brook, qui a monté l’Odyssée de Homère dans laquelle j’ai joué. J’ai commencé le travail avec elle en jouant plusieurs personnages. J’ai commencé par Pénélope puis Circé et le Cyclope. Ça m’a marqué cette histoire parce que je l’avais apprise à l’école et tout d’un coup commencer à réfléchir, monter sur scène et se demander ce que l’on ressent quand on est dans la peau d’un Cyclope, que l’on est grand et pas content parce que papa nous a abandonné, etc. Étrangement, je me suis senti très proche de ce personnage, parce que c’est un géant qui a un coeur, qui veut pas manger les humains et c’est dans cette énergie, cette relation que je me suis confondu dans ce personnage. Je suis donc parti dans cette idée de Tony et les Cyclopes comme c’était mon énergie à ce moment là et que je considère tout l’univers de Homère comme la base de la civilisation moderne j’ai voulu m’exprimer à travers ces mythes. Après tout, je trouve que les mythes racontent beaucoup mieux l’histoire de l’humain que les médias.


5- Comment est née ta collaboration avec Irina Brook ?
Je travaillais avec son père (Peter Brook), j’avais rencontré Irina dans le cadre d’une soirée. Deux, trois ans après j’ai arrêté de travailler avec Peter et je me suis plongé dans le cinéma mais Irina à voulu me rencontrer pour un workshop. Par la suite, elle m’a proposé de jouer dans la pièce et on a commencé notre collaboration. Maintenant, je joue le rôle de Caliban dans La Tempête de W. Shakespeare.

6- Peux-tu approfondir ton avis sur la différence entre le cinéma et le théâtre ?
Dans le cinéma, il y a quelque chose de très plastique, j’adore cet art parce que j’aime le rapport avec l’image, même si c’est un rapport très moderne qui ne date pas de si longtemps : fin XIXème, c’est pas si vieux. Je ne voulais pas faire de cinéma avant, mais une fois que tu commences, tu ne peux plus t’arrêter. Comme un drogué, tu as envie d’avoir ce rapport à l’image le plus souvent possible. Mais au-delà de ça, c’est aussi une vérité que la caméra demande c’est un exercice qui n’est pas évident, proche aussi de la photo, cet exercice me plaît, j’aime créer des personnages photogéniques, m’intégrer dans une histoire, monter cette histoire avec un metteur en scène, un scénariste et donner vie à des personnages qui étaient couchés sur papier. Ça c’est ce qui me plaît au cinéma. Après dans le Théâtre, il y a un exercice qui est beaucoup plus difficile pour moi dans le sens où, on doit être dans une concentration constante et que nous devons toujours être sur le qui-vive. Donc ce sont deux exercices très différents que j’apprécie.

7- Ton premier grand rapport à l’image, comment l’as-tu vécu ?
C’était lors de La Squale, j’ai été découvert lors d’un casting sauvage en 1998, je sortais des cours et il y a avait un directeur de casting qui m’a vu passer et il m’a demandé si ça me plairait de faire un casting, donc j’ai dis « Ouais pourquoi pas », j’avais un peu la côte dans mon lycée donc j’y suis allé. Je l’ai passé, le premier jour ils ne me disent rien, ils me demandent de revenir le lendemain. Idem, je devais revenir le jour suivant, et comme ça pendant 2 semaines consécutives ce qui est assez rare lors d’une période d’audition. Et à la fin de ces deux semaines, j’ai été retenu pour  ce film et à partir de là on nous avait préparé pour qu’on puisse envisager cette carrière, je l’ai envisagé et j’ai tout de suite tourné après, les agences sont venues, mais c’est vrai qu’il y a une minorité d’artistes, visibles, qui puissent travailler assez régulièrement dans le cinéma.

8 - Comment définirais-tu ta musique ?
Ma musique, c’est comme quand tu es dans ta chambre et que tu écoutes pour la première fois « Where did you sleep last night » de Kurt Cobain et tu es en train de chanter sur ton lit. Moi j’adore la musique classique, particulièrement la musique de chambre. Mais après pour moi, la musique qu’on fait, c’est des potes qui ont du talent et qui veulent composer pour des auditeurs comme s’ils étaient dans leur chambre, comme s’ils étaient dans l’écoute la plus intime qui soit. La musique, ce que ça provoque chez moi c’est que j’ai vraiment la sensation d’exister quand je monte sur scène, quand je chante des textes qui sont les miens dans un univers que je connais bien, j’ai l’impression de faire passer une énergie, plus qu’un message je fais passer une énergie. J’ai envie que le public reparte de la salle avec quelque chose de positif.

9- Quel était ton rêve d’enfant ?
Étant petit je voulais être clown. Je le sais parce qu’il y a des photos où j’étais déguisé en clown de toutes les couleurs et je faisais rire tous le monde.

10- Quelles sont tes formations artistiques ?
J’ai appris sur le tas mais j’ai eu un peu de formation, un atelier théâtre quand j’étais au lycée. D’ailleurs je tiens à encourager tous les professeurs de théâtre qui font découvrir cet art à des élèves qui n’ont pas l’occasion de voir le théâtre autrement que par l’éducation (le premier rapport que j’ai eu avec le théâtre c’était via l’école). Après, avoir fait La Squale, on a été coaché par une professeur de théâtre pendant un an et demi puis est venue ma collaboration avec Peter Brook, ma plus grande formation a été avec lui. Je ne suis pas passé par une institution, on m’a proposé le Conservatoire, mais je sais que, pour une question de personnalité et parce que je n’ai pas trop l’esprit scolaire, j’ai préféré éviter. Musicalement, je suis un autodidacte, j’ai pris un peu de cours de guitare, un peu de cours de piano, j’aurais pu en prendre d’avantage mais je me sentais bien plus exister par les notes que je créais.

11- Est ce que tu aurais un conseil pour les artistes émergeants ?
Je n’aime pas trop le mot conseil mais par rapport à mon parcours je dirais qu’il faut transmettre, chercher à transmettre, tout le temps.

12 - Et le mot de la fin ?
Underground


In the blue sky we and a bee, c’est Elise et Mikko, c’est aussi un duo frais, vivant, unique, entre une jeune française et un finlandais qui, guitare sur le dos et ukulélé dans les mains, s’en vont donner à des oreilles attentives et sensibles, des bribes de douceurs musicales. In the blue sky we and a bee, c’est un grand verre d’eau fraîche bu d’un trait lors d’une ardente journée d’été caniculaire. Ce sont des cordes qui vibrent, des instruments remis en lumière pour un plaisir auditif savoureux. Tout doucement, la voix sucrée d’Élise dépose sur nos lèvres un léger sourire de bien-être, d’aisance, comme si plus rien n’existait, qu’il ne restait qu’un délicat bonheur d’une mélodie qui soulève les âmes pour les mener vers des cieux toujours bleus, là où il y fait bon vivre. C’est à l’arrière d’une voiture, magnéto en main, sur l’autoroute 14 en direction du gris Paris que j’ai eu la chance d’interviewer Élise.

1  - Comment as tu rencontré ton partenaire ?  J’ai rencontré Mikko à Paris en septembre 2009 dans le 18eme arrondissement à Château Rouge, je partais pour l’Irlande à Dublin et puis je l’ai rencontré par hasard et j’ai voulu rester. 2 - Quel genre de musique faites vous ?  C’est folk, on utilise beaucoup d’instruments, guitare, ukulélé, banjo, batterie, enfin des choses toutes simples, du violoncelle, du piano, on compose simplement et on essaye de faire des trucs sympa avec.3 - Comment avez vous assurés vos premiers concerts ?  En fait, 6 mois après s’être rencontrés, on avait déjà enregistrés 4 titres, on a organisé une tournée en Estonie, en Finlande et on a finit par Paris, c’était très sympa, on a tout booké nous même, on est partis avec notre petite valise et tous nos instruments et on a fait le tour comme on en avait envie. 4 - Et vous avez finit par vous installer à Berlin pour la musique ?  Oui, on y trouve un nid artistique musical assez impressionnant et prometteur, je dirais qu’on peut bien évoluer là bas, à commencer par dénicher un label et puis c’est aussi une expérience parce que Berlin, c’est aussi la capitale européenne de la musique. 
5 - Quelle est ta formation musicale ?J’ai commencé le violoncelle à l’age de 7 ans jusqu’à 16 ans et pour les autres instruments, j’ai appris en regardant les autres ou par moi même. Ceci dit, j’aime bien ne pas savoir jouer d’un instrument, le prendre dans mes mains et trouver des sons avec, c’est génial de ne pas savoir jouer d’un instrument. 6 - Comment décrirais-tu ton duo avec Mikko ?  On est tous les deux très différents, c’est ce qui nous permets de composer et de travailler. Lui, il est assez perfectionniste, il va passer des heures à essayer de finir un morceau, alors que moi, si j’ai pas d’idée, j’attends que l’inspiration vienne, du coup, on est assez complémentaires la dessus même ça été dur par moment. Pour les enregistrements on a tout fait nous même et on a composé l’album en un an alors qu’il était prévu de le faire en trois.  7 - Qu’est ce qui t’inspire ?  Ah beaucoup de choses, tout, la vie en fait. Les autres, mon enfance, les livres, les films, la musique, etc. 8 - Tu es en train d’enregistrer ton premier album, comment comptes tu le promouvoir ?  Alors en fait, on a tout es enregistré nous même, une fois que le mixage sera terminé on cherchera des labels et qui vivra verra ! (rire)  9 - Pourquoi la musique ? Pourquoi le violoncelle ?  Ah c’est dur comme question, le violoncelle quand j’avais 6/7 ans, je voulais jouer du violon, c’était ma passion, je pensais qu’a ça et un jour j’étais invité a un anniversaire d’un des amis de mes parents et je vois un homme qui prends son violoncelle et qui joue et là, je me suis dis : C’est ça quoi ! Gros coup de foudre pour cet instrument et d’ailleurs quand j’en joue, je trouve que c’est celui la qui se rapproche le plus de la voix humaine et j’ai l’impression qu’il me parle quand j’en joue et oui, c’est lui, c’est ça. Et pourquoi la musique, je sais pas, j’ai été élevée dans une famille qui est très portée vers le Théâtre, la musique, alors je pense que c’est lié à mon environnement 10 - Donc ta famille d’artiste t’as aidé à te développer quand même non ?  Oui, ma famille m’inspire beaucoup oui, ma mère est écrivain, ma soeur actrice. 11 - Ton rêve d’enfance ?  C’est marrant, c’est que quand j’étais toute petite je savais que plus tard, j’habiterai pas en France, que je ferais de la musique et que je parlerai pas ma langue et j’y suis arrivé, je trouve ça drôle. 12 - Tu fais passer un message via ta musique ?  Je sais pas vraiment en fait, je pense toucher beaucoup de gens, ce qui est marrant c’est que quand j’étais jeune j’écrivais vraiment pour moi, et maintenant non, par exemple, j’ai entendu parler d’une femme qui avait enregistré son album pendant la guerre, elle même, pendant que son bébé dormait la nuit et sa fille des années après a retrouvé l’enregistrement et les a publiés sur Spotify, j’ai trouvé ça formidable et j’ai écris sur elle en fait. Je ne cherche pas des messages particulier, j’écris pour le monde, tout ce qui m’inspire. 13 - Qu’est ce qui te fais avancer ?  Je pense que c’est l’amour, c’est un peu cliché mais il y a ma famille qui est très présente et c’est ça qui m’a permis d’aller de l’avant et de suivre mes envies, je ne pense pas trop a l’avenir, je vis sur le moment présent et puis si j’ai envie de partir maintenant, je pars. C’est une grande liberté. 14 - Quel conseil pour les jeunes musiciens ?  D’aller au bout de leurs rêves, vraiment, je suis sûre qu’à force de travailler, de vraiment y croire et bien ça marche. 15 - Et le mot de la fin ?  “Il y a toujours quelqu’un qui nous attends quelque part” A.G.

In the blue sky we and a bee, c’est Elise et Mikko, c’est aussi un duo frais, vivant, unique, entre une jeune française et un finlandais qui, guitare sur le dos et ukulélé dans les mains, s’en vont donner à des oreilles attentives et sensibles, des bribes de douceurs musicales. In the blue sky we and a bee, c’est un grand verre d’eau fraîche bu d’un trait lors d’une ardente journée d’été caniculaire. Ce sont des cordes qui vibrent, des instruments remis en lumière pour un plaisir auditif savoureux. Tout doucement, la voix sucrée d’Élise dépose sur nos lèvres un léger sourire de bien-être, d’aisance, comme si plus rien n’existait, qu’il ne restait qu’un délicat bonheur d’une mélodie qui soulève les âmes pour les mener vers des cieux toujours bleus, là où il y fait bon vivre. C’est à l’arrière d’une voiture, magnéto en main, sur l’autoroute 14 en direction du gris Paris que j’ai eu la chance d’interviewer Élise.

1  - Comment as tu rencontré ton partenaire ?
J’ai rencontré Mikko à Paris en septembre 2009 dans le 18eme arrondissement à Château Rouge, je partais pour l’Irlande à Dublin et puis je l’ai rencontré par hasard et j’ai voulu rester.

2 - Quel genre de musique faites vous ?
C’est folk, on utilise beaucoup d’instruments, guitare, ukulélé, banjo, batterie, enfin des choses toutes simples, du violoncelle, du piano, on compose simplement et on essaye de faire des trucs sympa avec.

3 - Comment avez vous assurés vos premiers concerts ?
En fait, 6 mois après s’être rencontrés, on avait déjà enregistrés 4 titres, on a organisé une tournée en Estonie, en Finlande et on a finit par Paris, c’était très sympa, on a tout booké nous même, on est partis avec notre petite valise et tous nos instruments et on a fait le tour comme on en avait envie.

4 - Et vous avez finit par vous installer à Berlin pour la musique ?
Oui, on y trouve un nid artistique musical assez impressionnant et prometteur, je dirais qu’on peut bien évoluer là bas, à commencer par dénicher un label et puis c’est aussi une expérience parce que Berlin, c’est aussi la capitale européenne de la musique. 

5 - Quelle est ta formation musicale ?
J’ai commencé le violoncelle à l’age de 7 ans jusqu’à 16 ans et pour les autres instruments, j’ai appris en regardant les autres ou par moi même. Ceci dit, j’aime bien ne pas savoir jouer d’un instrument, le prendre dans mes mains et trouver des sons avec, c’est génial de ne pas savoir jouer d’un instrument.

6 - Comment décrirais-tu ton duo avec Mikko ?
On est tous les deux très différents, c’est ce qui nous permets de composer et de travailler. Lui, il est assez perfectionniste, il va passer des heures à essayer de finir un morceau, alors que moi, si j’ai pas d’idée, j’attends que l’inspiration vienne, du coup, on est assez complémentaires la dessus même ça été dur par moment. Pour les enregistrements on a tout fait nous même et on a composé l’album en un an alors qu’il était prévu de le faire en trois. 

7 - Qu’est ce qui t’inspire ?
Ah beaucoup de choses, tout, la vie en fait. Les autres, mon enfance, les livres, les films, la musique, etc.

8 - Tu es en train d’enregistrer ton premier album, comment comptes tu le promouvoir ?
Alors en fait, on a tout es enregistré nous même, une fois que le mixage sera terminé on cherchera des labels et qui vivra verra ! (rire)

9 - Pourquoi la musique ? Pourquoi le violoncelle ?
Ah c’est dur comme question, le violoncelle quand j’avais 6/7 ans, je voulais jouer du violon, c’était ma passion, je pensais qu’a ça et un jour j’étais invité a un anniversaire d’un des amis de mes parents et je vois un homme qui prends son violoncelle et qui joue et là, je me suis dis : C’est ça quoi ! Gros coup de foudre pour cet instrument et d’ailleurs quand j’en joue, je trouve que c’est celui la qui se rapproche le plus de la voix humaine et j’ai l’impression qu’il me parle quand j’en joue et oui, c’est lui, c’est ça. Et pourquoi la musique, je sais pas, j’ai été élevée dans une famille qui est très portée vers le Théâtre, la musique, alors je pense que c’est lié à mon environnement

10 - Donc ta famille d’artiste t’as aidé à te développer quand même non ?
Oui, ma famille m’inspire beaucoup oui, ma mère est écrivain, ma soeur actrice.

11 - Ton rêve d’enfance ?
C’est marrant, c’est que quand j’étais toute petite je savais que plus tard, j’habiterai pas en France, que je ferais de la musique et que je parlerai pas ma langue et j’y suis arrivé, je trouve ça drôle.

12 - Tu fais passer un message via ta musique ?
Je sais pas vraiment en fait, je pense toucher beaucoup de gens, ce qui est marrant c’est que quand j’étais jeune j’écrivais vraiment pour moi, et maintenant non, par exemple, j’ai entendu parler d’une femme qui avait enregistré son album pendant la guerre, elle même, pendant que son bébé dormait la nuit et sa fille des années après a retrouvé l’enregistrement et les a publiés sur Spotify, j’ai trouvé ça formidable et j’ai écris sur elle en fait. Je ne cherche pas des messages particulier, j’écris pour le monde, tout ce qui m’inspire.

13 - Qu’est ce qui te fais avancer ?
Je pense que c’est l’amour, c’est un peu cliché mais il y a ma famille qui est très présente et c’est ça qui m’a permis d’aller de l’avant et de suivre mes envies, je ne pense pas trop a l’avenir, je vis sur le moment présent et puis si j’ai envie de partir maintenant, je pars. C’est une grande liberté.

14 - Quel conseil pour les jeunes musiciens ?
D’aller au bout de leurs rêves, vraiment, je suis sûre qu’à force de travailler, de vraiment y croire et bien ça marche.

15 - Et le mot de la fin ?
Il y a toujours quelqu’un qui nous attends quelque part” A.G.

            Making-of - Création de l’ouvrage Louboutin à l’occasion des 20 ans de la griffe.


"Elle m’a poussée dans mes  retranchements,  m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à  l’absolu : de  l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon.  Elle m’a  disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ?  Pourquoi on  n’en parle pas ?" Parce qu’un heureux évènement, n’est pas  forcément fait que de bonheur indescriptible… Nico et Barbara  conçoivent un enfant dans l’amour parfait. Mais entre les études de  philosophie, la famille, le travail et la gestion d’un nouveau né, la  nouvelle mère va chercher au plus profond d’elle pour assurer le bonheur  de son enfant."

Un heureux événement, voilà un film qui s’annonce particulièrement  jovial et attendrissant. La naissance d’un enfant, “Quoi de plus beau ?”  direz vous “C’est la vie, c’est magique, c’est du gâteau !”. Que nenni !  A ceux qui pensent “C’est renversant et bouleversant” vous pensez juste.  Barbara jeune femme en étude de Philosophie se retrouve un beau jour  enceinte et consentante. Enfin consentante, pour donner la vie oui, pour  les 9 mois de gestation moins. Attention dénonciations, ce film  révèle les aléas d’une grossesse que certaines mères qualifient comme  le plus bel évènement de leur vie. Entre les angoisses, les pulsions  hormonales et l’amour naissant pour son “alien” Barbara, interprétée  sans trop d’exploit par Louise Bourgoin, est seule pourtant entourée de  sa famille (dont le rôle de la mère, tenue par Josiane Balasko, drôle et  sensible, avec ses brèches, sa solitude, ses “inconsciences” d’antan,  son amour pour ses filles) va vivre ce qu’elle appelle ironiquement son  “heureux événement”. C’est ainsi que nous pourrions qualifier sa période  de grossesse de saisissante, son accouchement d’épique et son baby blues  de touchant. Parce que oui, Un heureux évènement, c’est aussi aussi la période post-natale, ou la nouvelle mère est prise de questionnements et  de peurs. En effet, comment donner sa vie a ce petit être fragile sans  pour autant se détruire moralement. Entre des excès de violence et de  désespoir, la seconde partie du long métrage est beaucoup plus noire que  la précédente. Nous assistons, pauvres spectateurs orphelins aux  difficultés d’une jeune femme pour assurer cette nouvelle vie dont  l’enfant est le centre.Seul hic, les trente premières minutes de Un heureux évènemente c’est aussi, ne l’oublions pas, un frauduleux rappel de La guerre est déclarée (de Valérie Donzelli, 2011) On y trouve un gout de déjà-vu, qui ne nous aide guère à nous plonger dans l’aventure maternelle de Barbara. Cependant, Un heureux évènement reste une belle dédicace à la nativité et à l’instinct maternel, sans trop d’artifices, juste ce qu’il faut pour apprécier.

"Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ?" Parce qu’un heureux évènement, n’est pas forcément fait que de bonheur indescriptible… Nico et Barbara conçoivent un enfant dans l’amour parfait. Mais entre les études de philosophie, la famille, le travail et la gestion d’un nouveau né, la nouvelle mère va chercher au plus profond d’elle pour assurer le bonheur de son enfant."

Un heureux événement, voilà un film qui s’annonce particulièrement jovial et attendrissant. La naissance d’un enfant, “Quoi de plus beau ?” direz vous “C’est la vie, c’est magique, c’est du gâteau !”. Que nenni ! A ceux qui pensent “C’est renversant et bouleversant” vous pensez juste. Barbara jeune femme en étude de Philosophie se retrouve un beau jour enceinte et consentante. Enfin consentante, pour donner la vie oui, pour les 9 mois de gestation moins. Attention dénonciations, ce film révèle les aléas d’une grossesse que certaines mères qualifient comme le plus bel évènement de leur vie. Entre les angoisses, les pulsions hormonales et l’amour naissant pour son “alien” Barbara, interprétée sans trop d’exploit par Louise Bourgoin, est seule pourtant entourée de sa famille (dont le rôle de la mère, tenue par Josiane Balasko, drôle et sensible, avec ses brèches, sa solitude, ses “inconsciences” d’antan, son amour pour ses filles) va vivre ce qu’elle appelle ironiquement son “heureux événement”. C’est ainsi que nous pourrions qualifier sa période de grossesse de saisissante, son accouchement d’épique et son baby blues de touchant. Parce que oui, Un heureux évènement, c’est aussi aussi la période post-natale, ou la nouvelle mère est prise de questionnements et de peurs. En effet, comment donner sa vie a ce petit être fragile sans pour autant se détruire moralement. Entre des excès de violence et de désespoir, la seconde partie du long métrage est beaucoup plus noire que la précédente. Nous assistons, pauvres spectateurs orphelins aux difficultés d’une jeune femme pour assurer cette nouvelle vie dont l’enfant est le centre.

Seul hic, les trente premières minutes de Un heureux évènemente c’est aussi, ne l’oublions pas, un frauduleux rappel de La guerre est déclarée (de Valérie Donzelli, 2011) On y trouve un gout de déjà-vu, qui ne nous aide guère à nous plonger dans l’aventure maternelle de Barbara. Cependant, Un heureux évènement reste une belle dédicace à la nativité et à l’instinct maternel, sans trop d’artifices, juste ce qu’il faut pour apprécier.


" Nigel est un petit garçon anglais vivant entre ses parents et les boites de conserves que sa mère fait chaque soir bouillir dans une marmite. Mais Nigel à un secret, la passion de la bonne nourriture et rêve secrètement de la cuisine européenne. Au décès de sa mère, il n’a d’autre plaisir inavoué que de cuisiner pour son père, mais l’arrivée d’une gouvernante, excellente cuisinière, contre-carre ses plans. Dans son passage de l’enfant à l’adulte, Nigel va tenter de disputer l’amour de son père à coup de bons petits plats." 

 
Inspiré de la jeunesse du chef cuisinier Nigel Slater, Toast, est avant tout une ode à la cuisine et à l’amour maternel. Dans Toast, ce que l’on retient, c’est avant tout la puissance de la cuisine sur nos états-d’âmes, elle nous est ici présentées comme étant une continuité de notre être. C’est ainsi que ce jeune garçon, même avec une mère piètre cuisinière, sait savourer un toast rapidement cuit au grille-pain et lestement recouvert de beurre à la fleur de sel. Toast, c’est aussi un enfant touché par la perte fulgurante de sa mère. En effet, dans des scènes aussi dramatiques que cathartiques destinées à faire renaître les moments de tendresse maternelle, nous assistons au deuil douloureux du père, puis du fils ébranlé par ce vide absolu que laisse sa mère sur qui il avait posé son monde candide et sucré. Ainsi, entre son rire, sa complicité perdue avec le jardinier, ses larmes et ses premiers émois, Nigel tente de consoler son père, malgré plusieurs échec, par la cuisine. Étrangement, ce n’est pas par les mots que le spectateur est projeté dans cette intimité père/fils, l’épaisseur des personnages et leur véracité sont mises en exergue par de justes silences et des regards chargés d’émotions. 
Toast, c’est aussi du conflit. C’est la mise en scène de la dualité entre “le fiston” et “la nouvelle femme de papa”. En effet, Mrs Potter, judicieusement interprétée par Helena Bonham Carter, débarque dans la vie de Nigel un beau matin avec ses produits ménagers, sa cuisine étouffe-chrétien, son hypocrisie, et sa condition pour ravager du coup de tablier les maigres liens qu’un fils commençait à tisser avec son père. C’est ainsi que l’expression "tenir un homme par le ventre" prend alors tout son sens. Cette femme, débarquée de son foyer d’accueil, infecte avec le petit garçon qui devient sous ses yeux un jeune homme, obtiendra un mari, un foyer et une illusoire image de famille. S’instaure alors entre Nigel et Mrs Potter une lutte intestine (notamment autour d’un Meringué au citron gargantuesque) pour conquérir ce père et cet époux qui malgré les efforts ne voit pas que son fils est en quête de reconnaissance et d’amour.
Enfin, Toast, c’est un doux et délicieux pamphlet à la gastronomie. Pendant une heure et demie, le spectateur salive, la gourmandise fait rage. Passant de saveurs en saveurs, du sucré au salé, de plats en plats, nous sommes contemplatifs face à ce foisonnement d’aliments, cette cuisine chargée d’émotions, de sens que les yeux d’un enfant élèvent en un art culinaire qui est devenu sa force, sa vie.

" Nigel est un petit garçon anglais vivant entre ses parents et les boites de conserves que sa mère fait chaque soir bouillir dans une marmite. Mais Nigel à un secret, la passion de la bonne nourriture et rêve secrètement de la cuisine européenne. Au décès de sa mère, il n’a d’autre plaisir inavoué que de cuisiner pour son père, mais l’arrivée d’une gouvernante, excellente cuisinière, contre-carre ses plans. Dans son passage de l’enfant à l’adulte, Nigel va tenter de disputer l’amour de son père à coup de bons petits plats."

 

Inspiré de la jeunesse du chef cuisinier Nigel Slater, Toast, est avant tout une ode à la cuisine et à l’amour maternel. Dans Toast, ce que l’on retient, c’est avant tout la puissance de la cuisine sur nos états-d’âmes, elle nous est ici présentées comme étant une continuité de notre être. C’est ainsi que ce jeune garçon, même avec une mère piètre cuisinière, sait savourer un toast rapidement cuit au grille-pain et lestement recouvert de beurre à la fleur de sel. Toast, c’est aussi un enfant touché par la perte fulgurante de sa mère. En effet, dans des scènes aussi dramatiques que cathartiques destinées à faire renaître les moments de tendresse maternelle, nous assistons au deuil douloureux du père, puis du fils ébranlé par ce vide absolu que laisse sa mère sur qui il avait posé son monde candide et sucré. Ainsi, entre son rire, sa complicité perdue avec le jardinier, ses larmes et ses premiers émois, Nigel tente de consoler son père, malgré plusieurs échec, par la cuisine. Étrangement, ce n’est pas par les mots que le spectateur est projeté dans cette intimité père/fils, l’épaisseur des personnages et leur véracité sont mises en exergue par de justes silences et des regards chargés d’émotions.

Toast, c’est aussi du conflit. C’est la mise en scène de la dualité entre “le fiston” et “la nouvelle femme de papa”. En effet, Mrs Potter, judicieusement interprétée par Helena Bonham Carter, débarque dans la vie de Nigel un beau matin avec ses produits ménagers, sa cuisine étouffe-chrétien, son hypocrisie, et sa condition pour ravager du coup de tablier les maigres liens qu’un fils commençait à tisser avec son père. C’est ainsi que l’expression "tenir un homme par le ventre" prend alors tout son sens. Cette femme, débarquée de son foyer d’accueil, infecte avec le petit garçon qui devient sous ses yeux un jeune homme, obtiendra un mari, un foyer et une illusoire image de famille. S’instaure alors entre Nigel et Mrs Potter une lutte intestine (notamment autour d’un Meringué au citron gargantuesque) pour conquérir ce père et cet époux qui malgré les efforts ne voit pas que son fils est en quête de reconnaissance et d’amour.

Enfin, Toast, c’est un doux et délicieux pamphlet à la gastronomie. Pendant une heure et demie, le spectateur salive, la gourmandise fait rage. Passant de saveurs en saveurs, du sucré au salé, de plats en plats, nous sommes contemplatifs face à ce foisonnement d’aliments, cette cuisine chargée d’émotions, de sens que les yeux d’un enfant élèvent en un art culinaire qui est devenu sa force, sa vie.


 “Avec pour toile de fond  un  pays déchiré par la guerre, Et maintenant on va où ? raconte  la  détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à   protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant   preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes,   unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif :   distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et   leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique,   jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui   restent ?”

 La  scène d’exposition, forte et poétique, nous  ouvre les yeux sur un petit village perdu au milieu du conflit entres  les musulmans et les chrétiens. Sur le  chemin qui  mène au cimetière du village, une procession de femmes en  noir affronte  la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de  leurs époux,  leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile,  d’autres une  croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence  d’une guerre  funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le  cortège se sépare  en deux : l’un musulman, l’autre chrétien.Et maintenant, on va ou ? C’est aussi des  répliques savoureuses de ces femmes libres, vivantes et belles. Usant  de nombreux stragèmes pour conserver à tout prix une paix vacillante au  sein de cette communauté où la fraternité et le respect règnent  malgré tout, elles nous font chavirer entre les larmes et le sourire. Nous nous laissons transporter  dans une bulle de douceur aux saveurs chaleureuses et délicates préparées avec brio par Nadine Labaki. Entre la beauté de l’image et le jeu poignant des comédiennes, ce film dénonce les méfaits du sectarisme religieux des hommes qui nous est présenté adoucit, effilé par les femmes de ce village. Après Caramel (2007) l’intelligence et la légèreté est toujours là, à demie-cachée sous un humour destiné à alléger un sujet complexe, celui du conflit. De là à aller chercher si oui, ou non, il s’agit d’un film féministe dénonçant la bêtise de l’homme. Trêve de réflexions stériles, ce film est à voir dans sa simplicité. 
Et maintenant, on va ou ? C’est  beau, c’est frais, c’est une belle leçon de vie où le conflit n’a pas sa  place, où la paix est la seule loi, ou l’amour est maître.

 “Avec pour toile de fond un pays déchiré par la guerre, Et maintenant on va où ? raconte la détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes, unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif : distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique, jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui restent ?”

 La  scène d’exposition, forte et poétique, nous ouvre les yeux sur un petit village perdu au milieu du conflit entres les musulmans et les chrétiens. Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d’autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d’une guerre funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux : l’un musulman, l’autre chrétien.
Et maintenant, on va ou ? C’est aussi des répliques savoureuses de ces femmes libres, vivantes et belles. Usant de nombreux stragèmes pour conserver à tout prix une paix vacillante au sein de cette communauté où la fraternité et le respect règnent malgré tout, elles nous font chavirer entre les larmes et le sourire. Nous nous laissons transporter dans une bulle de douceur aux saveurs chaleureuses et délicates préparées avec brio par Nadine Labaki.

Entre la beauté de l’image et le jeu poignant des comédiennes, ce film
dénonce les méfaits du sectarisme religieux des hommes qui nous est présenté adoucit, effilé par les femmes de ce village. Après Caramel (2007) l’intelligence et la légèreté est toujours là, à demie-cachée sous un humour destiné à alléger un sujet complexe, celui du conflit.
De là à aller chercher si oui, ou non, il s’agit d’un film féministe dénonçant la bêtise de l’homme. Trêve de réflexions stériles, ce film est à voir dans sa simplicité. 

Et maintenant, on va ou ? C’est beau, c’est frais, c’est une belle leçon de vie où le conflit n’a pas sa place, où la paix est la seule loi, ou l’amour est maître.


C’est sur la terrasse d’un café du 8ème arrondissement, entre un coca et un jus d’abricot que nous avons rencontré Morgan Mallet, jeune auteur d’Héroic Fantasy, ayant déjà publié le deuxieme tome de sa saga ExiledWorld. L’originalité de ses écrits repose sur le principe de la déstabilisation. En effet, ses personnages, Max et ses amis, transportés dans un monde parallèle s’en retrouvent complètement chamboulé par  l’absence complète de toutes les lois physiques. Ils arrivent dans un univers qui n’est pas le leur, ou la magie est reine et ou la guerre fait rage. Méchants, alliés, secrets, révélations et un suspens très bien conservés qui nous tient en haleine page après page, Morgan Mallet nous transporte dans les hautes sphères de notre imaginaire, pour le plaisir des grands et des petits.

1 - Quand as tu saisis ta plume pour la première fois en te disant : Je vais être auteur ?  Ça m’a prit vers l’âge de 14 ans et demi - 15 ans, j’étais en Seconde, je lisais beaucoup d’Héroic Fantasy et pendant la récréation, je me refaisait l’histoire, je la revivais. Et puis un jour, j’en ai eu marre que tous mes bouquins aient une fin de série, alors j’ai décidé d’écrire. Je me suis basé sur EvelWorld de Katherine Applegate mais je me suis vite rendu compte que je faisait du gros copier-coller, alors j’ai tout recommencé pour me faire quelque chose qui me ressemble plus.
2 - Pourquoi écris tu ? Ça peut paraître fou ou prétentieux, mais j’ai toujours considéré que les écrits ne sont pas faits pour être laissés dans un placard, dès le départ j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de le diffuser, de le faire découvrir aux lecteurs. J’écris pour moi, pour plaire, qu’importe à qui.
3 - Comment as tu rencontré ton éditeur ? Par pur hasard, un jour mon père est rentré dans ce qu’il croyait être une librairie, il s’agissait en fait d’une petite maison d’édition (Édition de l’Officine), il a rencontré l’éditeur et il a parlé de moi.
4 - Ton éditeur t’as demandé de faire des modifications sur ton manuscrit ? Non, il a prit tels quels mes tomes 1 et 2. Mais je pense aller vers une maison d’édition plus importante pour faire publier le tome 3.
5 - Quelle grande maison d’édition ?Bragelonne, maison spécialisée dans le fantastique et la science fiction. J’ai eu la chance d’avoir un contact dans cette maison par un vendeur de la FNAC des Ternes. Je leur ai envoyé mon 1er tome, depuis j’attends, on verra bien.
6 - Pour toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’une petite maison d’édition ? Il y peu d’avantages pour quelques inconvénients. Le plus d’une petite maison d’édition, c’est qu’il te donne ta chance. Les moins c’est que l’on bénéficie d’une diffusion plus restreinte, et que je ne vais pas m’attarder dessus parce que je tiens à ma maison d’édition (rire)
7 - Pourquoi avoir choisit d’écrire de l’Héroic Fantasy ? Oui, de l’Héroic Fantasy, et bien déjà parce que j’y trouve une liberté absolue de création. Je suis entièrement libre de façonner à mon histoire, je n’ai aucune contrainte. Ensuite, écrire dans ce genre, c’est faire appel a des fantasmes d’enfants comme exploser les méchants et faire triompher le bien, ceci dit, c’est aussi un fantasme d’adulte (rire). Cependant, comme tu me parle de Science Fiction, je m’applique à ce que mon univers soit un minimum rattaché à la science, c’est à dire que j’essaye d’expliquer scientifiquement les évènements de mon récit. Ceci dit, pourquoi pas changer de genre plus tard, mais avant je veux finir la saga.
8 - Selon toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’un jeune auteur ? Les inconvénients, c’est qu’on peut manquer de confiance en soi, et du coup qu’il est difficile d’obtenir la confiance des autres, outre forcément ses parents, ses amis, etc. Et puis l’âge peut aussi fermer des portes, comme en ouvrir d’ailleurs, c’est pour ça que c’est aussi un avantage. Le plus gros avantage que je retiendrais c’est qu’écrire son premier tome à 14 ans et le relire à 22 ans, même si parfois durant la relecture on grince des dents, on se rend compte que l’on murit pour et par ses récits. C’est un peu une trace de notre évolution.
9 - As tu fais ta promotion personnelle ? Disons que je n’en parle pas quand je rencontre des gens, je reste discret parce que je considère mon travail comme petit et modeste. Souvent mes amis l’apprennent au détours d’une conversation sans prétention (rire). Mais j’ai été référencé par ma maison d’édition à la FNAC (50 exemplaires vendus la 1ère journée), dans les Virgin dans les salons littéraires, etc. En parallèle, j’ai du faire de la démarche à plus petite échelle, dans les journaux locaux, à la radio. Quand j’étais stagiaire chez France 3, j’ai laissé trainé mon bouquin et je me suis retrouvé avec une interview au JT.
10 - Donc tu cible les jeunes ? Au début oui, mais je me suis rendu compte que ma fourche de lectorat s’est élargie d’elle même. Au début, je ciblais les garçons de 10-12 ans, mais j’ai eu des ventes pour les 7-8 ans et pour les 80 ans et plus. Aujourd’hui, je pourrai dire que mon lectorat est constitué majoritairement de jeunes ados et de jeunes adultes. Garçon et fille, homme et femme confondus, parce que oui, les fillettes de nos jours rêvent aussi de magie et d’exploser des monstres (rire)
11 - Et plus tard ? Avec trois casquettes, celle du réalisateur, celle du scénariste et celle du comédien.
12 - Pourquoi ce penchant pour la comédie ? Je considère que la comédie passe avant l’écriture parce que écrire, c’est un peu jouer les personnages, afin de leur donner une crédibilité. La comédie me permet de vivre mon histoire, on y trouve beaucoup de mes délires personnels, l’écriture c’est le contrôle et la théâtre c’est la liberté. Du coup l’un sert à l’autre. Au théâtre c’est difficile de mettre de coté son coté analytique, d’éviter une réflexion trop importante et de pouvoir vivre la scène sans ça. En gros, c’est dur de mettre en OFF l’auteur qui est en moi en même temps que mettre en ON le comédien que je suis.
13 - As-tu un processus d’écriture ? Le problème, c’est qu’entre mon travail, mes études, et la pluralité de mes activités, j’ai peu de temps libre et je suis fatigué. Donc le temps de calme dont je dispose, j’en profite pour me reposer. Donc dès que je suis en forme et que j’ai du temps, j’écris. Après, je me suis forcé à partir chez mes parents, seul, avec mon ordinateur. Sinon j’écris vraiment en dilettante, j’ai beau être devant ma feuille, je regarde les mouches voler, mais ça c’est pas du travail, c’est de la distraction (rire) Ceci dit, quand je me mets à écrire, j’ai la trame complète en tête, donc je la suis. Parfois, il y a des petits accidents, de léger évènements qui me servent, c’est comme j’ai décidé de ne pas m’axer sur le personnage principal (Max) comme dans le tome 1, mais de faire évoluer psychologiquement mes autres personnages pour éviter qu’ils ne fassent partis du décors, c’est pour ça que Cédric (l’ami de Max) est plus présent dans le tome 2.
14 - Pas trop difficile d’allier vie personnelle et tes activités artistiques ? Si, c’est compliqué d’accorder du temps à sa moitié, à sa famille, ses amis, ect. Parfois, ça hurle dans tout les sens, du coup, ça me demande des sacrifices.15 - Tu as des regrets suite à ces sacrifices ou au contraire, heureusement que tu les as fait ? Je n’ai pas de regrets, parce que il fut un temps j’avais une situation personnelle assez instable. Après certes, je n’ai peut-être pas beaucoup fait la fête, je n’ai peut-être pas vécu tout ce que j’avais à vivre en tant que jeune. Mais après c’est un style de vie, et c’est le mien.16 - Le mot de la fin ?Poursuivre ses rêves, c’est aussi une façon d’exister.

C’est sur la terrasse d’un café du 8ème arrondissement, entre un coca et un jus d’abricot que nous avons rencontré Morgan Mallet, jeune auteur d’Héroic Fantasy, ayant déjà publié le deuxieme tome de sa saga ExiledWorld. L’originalité de ses écrits repose sur le principe de la déstabilisation. En effet, ses personnages, Max et ses amis, transportés dans un monde parallèle s’en retrouvent complètement chamboulé par  l’absence complète de toutes les lois physiques. Ils arrivent dans un univers qui n’est pas le leur, ou la magie est reine et ou la guerre fait rage. Méchants, alliés, secrets, révélations et un suspens très bien conservés qui nous tient en haleine page après page, Morgan Mallet nous transporte dans les hautes sphères de notre imaginaire, pour le plaisir des grands et des petits.

1 - Quand as tu saisis ta plume pour la première fois en te disant : Je vais être auteur ?
Ça m’a prit vers l’âge de 14 ans et demi - 15 ans, j’étais en Seconde, je lisais beaucoup d’Héroic Fantasy et pendant la récréation, je me refaisait l’histoire, je la revivais. Et puis un jour, j’en ai eu marre que tous mes bouquins aient une fin de série, alors j’ai décidé d’écrire. Je me suis basé sur EvelWorld de Katherine Applegate mais je me suis vite rendu compte que je faisait du gros copier-coller, alors j’ai tout recommencé pour me faire quelque chose qui me ressemble plus.

2 - Pourquoi écris tu ?
Ça peut paraître fou ou prétentieux, mais j’ai toujours considéré que les écrits ne sont pas faits pour être laissés dans un placard, dès le départ j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de le diffuser, de le faire découvrir aux lecteurs. J’écris pour moi, pour plaire, qu’importe à qui.

3 - Comment as tu rencontré ton éditeur ?
Par pur hasard, un jour mon père est rentré dans ce qu’il croyait être une librairie, il s’agissait en fait d’une petite maison d’édition (Édition de l’Officine), il a rencontré l’éditeur et il a parlé de moi.

4 - Ton éditeur t’as demandé de faire des modifications sur ton manuscrit ?
Non, il a prit tels quels mes tomes 1 et 2. Mais je pense aller vers une maison d’édition plus importante pour faire publier le tome 3.

5 - Quelle grande maison d’édition ?
Bragelonne, maison spécialisée dans le fantastique et la science fiction. J’ai eu la chance d’avoir un contact dans cette maison par un vendeur de la FNAC des Ternes. Je leur ai envoyé mon 1er tome, depuis j’attends, on verra bien.

6 - Pour toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’une petite maison d’édition ?
Il y peu d’avantages pour quelques inconvénients. Le plus d’une petite maison d’édition, c’est qu’il te donne ta chance. Les moins c’est que l’on bénéficie d’une diffusion plus restreinte, et que je ne vais pas m’attarder dessus parce que je tiens à ma maison d’édition (rire)

7 - Pourquoi avoir choisit d’écrire de l’Héroic Fantasy ?
Oui, de l’Héroic Fantasy, et bien déjà parce que j’y trouve une liberté absolue de création. Je suis entièrement libre de façonner à mon histoire, je n’ai aucune contrainte. Ensuite, écrire dans ce genre, c’est faire appel a des fantasmes d’enfants comme exploser les méchants et faire triompher le bien, ceci dit, c’est aussi un fantasme d’adulte (rire). Cependant, comme tu me parle de Science Fiction, je m’applique à ce que mon univers soit un minimum rattaché à la science, c’est à dire que j’essaye d’expliquer scientifiquement les évènements de mon récit. Ceci dit, pourquoi pas changer de genre plus tard, mais avant je veux finir la saga.

8 - Selon toi, quels sont les avantages et les inconvénients d’un jeune auteur ?
Les inconvénients, c’est qu’on peut manquer de confiance en soi, et du coup qu’il est difficile d’obtenir la confiance des autres, outre forcément ses parents, ses amis, etc. Et puis l’âge peut aussi fermer des portes, comme en ouvrir d’ailleurs, c’est pour ça que c’est aussi un avantage. Le plus gros avantage que je retiendrais c’est qu’écrire son premier tome à 14 ans et le relire à 22 ans, même si parfois durant la relecture on grince des dents, on se rend compte que l’on murit pour et par ses récits. C’est un peu une trace de notre évolution.

9 - As tu fais ta promotion personnelle ?
Disons que je n’en parle pas quand je rencontre des gens, je reste discret parce que je considère mon travail comme petit et modeste. Souvent mes amis l’apprennent au détours d’une conversation sans prétention (rire). Mais j’ai été référencé par ma maison d’édition à la FNAC (50 exemplaires vendus la 1ère journée), dans les Virgin dans les salons littéraires, etc. En parallèle, j’ai du faire de la démarche à plus petite échelle, dans les journaux locaux, à la radio. Quand j’étais stagiaire chez France 3, j’ai laissé trainé mon bouquin et je me suis retrouvé avec une interview au JT.

10 - Donc tu cible les jeunes ?
Au début oui, mais je me suis rendu compte que ma fourche de lectorat s’est élargie d’elle même. Au début, je ciblais les garçons de 10-12 ans, mais j’ai eu des ventes pour les 7-8 ans et pour les 80 ans et plus. Aujourd’hui, je pourrai dire que mon lectorat est constitué majoritairement de jeunes ados et de jeunes adultes. Garçon et fille, homme et femme confondus, parce que oui, les fillettes de nos jours rêvent aussi de magie et d’exploser des monstres (rire)

11 - Et plus tard ?
Avec trois casquettes, celle du réalisateur, celle du scénariste et celle du comédien.

12 - Pourquoi ce penchant pour la comédie ?
Je considère que la comédie passe avant l’écriture parce que écrire, c’est un peu jouer les personnages, afin de leur donner une crédibilité. La comédie me permet de vivre mon histoire, on y trouve beaucoup de mes délires personnels, l’écriture c’est le contrôle et la théâtre c’est la liberté. Du coup l’un sert à l’autre. Au théâtre c’est difficile de mettre de coté son coté analytique, d’éviter une réflexion trop importante et de pouvoir vivre la scène sans ça. En gros, c’est dur de mettre en OFF l’auteur qui est en moi en même temps que mettre en ON le comédien que je suis.

13 - As-tu un processus d’écriture ?
Le problème, c’est qu’entre mon travail, mes études, et la pluralité de mes activités, j’ai peu de temps libre et je suis fatigué. Donc le temps de calme dont je dispose, j’en profite pour me reposer. Donc dès que je suis en forme et que j’ai du temps, j’écris. Après, je me suis forcé à partir chez mes parents, seul, avec mon ordinateur. Sinon j’écris vraiment en dilettante, j’ai beau être devant ma feuille, je regarde les mouches voler, mais ça c’est pas du travail, c’est de la distraction (rire)
Ceci dit, quand je me mets à écrire, j’ai la trame complète en tête, donc je la suis. Parfois, il y a des petits accidents, de léger évènements qui me servent, c’est comme j’ai décidé de ne pas m’axer sur le personnage principal (Max) comme dans le tome 1, mais de faire évoluer psychologiquement mes autres personnages pour éviter qu’ils ne fassent partis du décors, c’est pour ça que Cédric (l’ami de Max) est plus présent dans le tome 2.

14 - Pas trop difficile d’allier vie personnelle et tes activités artistiques ?
Si, c’est compliqué d’accorder du temps à sa moitié, à sa famille, ses amis, ect. Parfois, ça hurle dans tout les sens, du coup, ça me demande des sacrifices.

15 - Tu as des regrets suite à ces sacrifices ou au contraire, heureusement que tu les as fait ?

Je n’ai pas de regrets, parce que il fut un temps j’avais une situation personnelle assez instable. Après certes, je n’ai peut-être pas beaucoup fait la fête, je n’ai peut-être pas vécu tout ce que j’avais à vivre en tant que jeune. Mais après c’est un style de vie, et c’est le mien.

16 - Le mot de la fin ?
Poursuivre ses rêves, c’est aussi une façon d’exister.


C’est lors d’un été particulièrement doux que l’occasion d’interviewer Anne Menant s’est présentée, auteur de nouvelles, ayant sortit son premier recueil : La Fracture. Entre rêve et réalité, conscient et onirique, elle est partit sur le micro évènement d’une fracture de cheville pour saisir sa plume. Commence alors un voyage initiatique et merveilleux, ou les portraits se dévoilent avec une élégance ciselée. Ainsi, un jeune homme choisit de rejoindre une femme dans un tableau d’art, un homme souffrant de ronflements voit s’effondrer son désir d’élévation, une remplaçante s’immisce dans la vie d’une enseignante qu’elle supplée, une journaliste invente des confessions intimes, une femme au foyer est atteinte de bovarysme, un homme ne reconnait pas ses invités et une muette tente de  clamer sa passion à l’homme qu’elle aime. Ces onze nouvelles rédigée par cette professeur de Lettres dans un style unique et savoureux qui nous amène tantôt le sourire, tantôt les larmes. Nous nous plongeons avec délice dans ces onze vies fracturées sans doute pour l’amour de la littérature. 

1 - Quand avez vous commencé à écrire ?  J’ai toujours écrit : de petits textes, des chansons, des débuts de romans ! Ah la la ! Qu’est-ce que j’ai pu en écrire, des débuts de romans ! La seule chose qui me manquait, c’est le temps … Et, du temps, j’en ai eu de manière inattendue lorsqu’après une chute de vélo, je me suis retrouvée immobilisée  avec une triple fracture de la cheville : cinq mois d’arrêt, c’était pour moi l’occasion rêvée d’écrire ! D’ailleurs, je me demande toujours si les accidents ne sont pas provoqués par notre inconscient afin que nous nous arrêtions et donnions une direction nouvelle à notre vie …
2 - Cependant, les études que vous avez suivies pour devenir professeur de français vous ont- elles aidée à acquérir une technique d’écriture ou n’ont elles rien changé ?J’ai tendance à croire que dans le domaine de l’écriture, il est inutile de suivre des cours. Je suis issue d’une famille ultra-littéraire : mon père était un grand reporter, journaliste-écrivain qui avait obtenu le prix Albert-Londres en 1956 et ma mère écrivait des contes pour enfants. A la maison, il était interdit d’être bon en maths (ce n’était pas formulé directement mais la phobie des maths était telle chez eux qu’il était impossible de ne pas être contaminé par leur angoisse !). J’évoluais au milieu de livres écrits par les meilleurs auteurs (Steinbeck, Hemingway, Maupassant, Proust, et tellement d’autres que je ne peux pas les citer) et, même si je n’ai pas lu tous les livres de leur bibliothèque, j’en ai quand même lu quelques-uns, ce qui, mine de rien, m’a donné une idée du beau style… Ensuite, tout naturellement, j’étais en filière littéraire dure avec latin dès la sixième et grec ancien dès la quatrième jusqu’à mon année de maîtrise dont le sujet était : « Force et faiblesse dans les tragédies d’Euripide ». Donc, bien sûr, tout cela influence mais je ne peux pas dire que ce soient mes études qui m’aient aidée à acquérir une technique d’écriture. En revanche, la lecture mais aussi les ateliers d’écriture auxquels j’ai participé plus tard m’ont aidée à sauter le pas.
3 - Comment avez vous fait pour rencontrer votre éditeur et le convaincre d’éditer vos recueils de nouvelles ?Tout simplement : je lui ai envoyé le manuscrit et il a aimé mes nouvelles !
4 - Est -ce que vous en profitez pour faire lire vos livres à vos élèves ? Plutôt que de leur faire lire mes productions, j’aime les inciter à écrire, notamment par des exercices d’ateliers d’écriture comme par exemple écrire un court texte à partir d’une liste de mots qu’ils ont choisis ou à partir des lettres de leurs noms ou en n’utilisant aucun mot avec la voyelle e, comme Georges Perec dans son livre La disparition. Le résultat les étonnant : ils ne savaient pas qu’il étaient capables de produire des textes intéressants.
5 - Qu’est-ce qui vous inspire pour écrire ?  Tout ce qui trouve un écho en moi : une phrase, une atmosphère, une interrogation, tout ce qui me met au défi de trouver des mots pour les formuler.
6 - Quels seraient vos conseils aux auteurs qui débutent?  Lisez ! Toutes sortes d’auteurs.
7 - Enfant, vous vouliez être ? Ecrivain ! J’ai gardé une rédaction de CM2 (on disait alors la 7ème !) qui en témoigne ! Je disais que je n’écrirais pas de phrases trop longues et, en disant cela, ma phrase faisait trois kilomètres ! Un peu plus tard, c’est le théâtre qui m’est tombé dessus comme un coup de foudre.  Je voulais être comédienne et je l’ai été, d’ailleurs, en m’inscrivant au cours Simon à Paris et en faisant partie d’une compagnie puis, comme il faut bien gagner sa vie, j’ai exercé le métier de  professeur de Lettres. Et maintenant, je reviens à mes premières amours…
8 - Et si vous étiez un animal ?  Une gazelle pour courir avec bonheur dans la savane …
9 - Quand avez-vous pris votre plume pour la première fois en vous disant “Je vais être auteur” ?Je ne me suis pas dit  : « Je vais être auteur » mais : « Je vais essayer d’explorer les raisons qui me poussent à écrire… »
10 - Quelles sont vos influences littéraires ? Elles sont multiples : d’abord, le travail d’écriture  mené par mon père. Je voyais bien qu’écrire était un labeur. Je voyais bien qu’écrire pouvait se comparer au travail du joaillier qui reçoit une matière brute –les mots, pour l’écrivain, – et qui essaie d’en faire un bijou. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, les livres de la bibliothèque parentale, donc de la bonne littérature : en vrac, André Gide, Albert Camus, Maurice Clavel, Colette, Paul Nizan, Roger Nimier, Paul Morand, des écrivains qu’on ne lit plus beaucoup aujourd’hui… Parmi les auteurs contemporains, j’aime Jean-Paul Dubois, Emmanuel Carrère, des auteurs japonais et beaucoup d’autres encore.
11 - Un geste particulier avant d’écrire (un processus d’écriture) ? Pour écrire, vous êtes plutôt oiseau de jour ou de la nuit ?   Pas de geste particulier avant de me lancer. Juste, m’asseoir à ma table, allumer mon ordinateur et me dire que je ne sortirai pas de là tant que je n’aurai pas écrit une page ! Cela dit, il est vrai que j’aime m’entourer de mes objets familiers et j’aime écrire à la maison parce que ma maison est pour moi la maison idéale…Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je suis indéniablement un oiseau de nuit. J’aime la nuit et le silence qu’elle procure quand tout le monde est couché et qu’il n’y a plus aucun bruit extérieur en dehors des chouettes de mon jardin…
12 - Vous écrivez au le jour le jour, ou vous vous imposez un rythme régulier ?Maintenant que j’ai arrêté mon travail de professeur, je compte me mettre à ma table toute la journée. Disons : deux heures d’écriture, une heure de balade et ainsi de suite… Car écrire est un travail physique  qui engendre une tension nerveuse. D’où mon bonheur d’habiter la campagne pour pouvoir alterner les plaisirs de l’esprit et les plaisirs du corps.
13 - Version informatique ou manuscrite ?  Cela dépend. Quand je dispose d’une journée entière, j’écris à l’ordinateur mais, si ce n’est pas le cas, je prends mon petit carnet, je le glisse dans mon sac et je note, je grapille des phrases lues ou entendues car tout est matière pour l’écrivain. D’ailleurs, ce ne sont pas toujours des phrases lues ou entendues mais aussi parfois des pensées fugitives que j’essaie de fixer car elles sont comme des lucioles, elles brillent mais elles vous échappent très vite…
14 - Pourquoi avoir choisi la forme courte de la nouvelle ? Parce que je ne me sentais pas le souffle pour écrire un roman. Par ailleurs, je suis moi-même une grande amatrice de nouvelles. J’aime leur format que je trouve pratique : on peut lire une histoire du début à la fin en prenant le train ou le métro tous les matins. Cela dit, il paraît que les nouvelles ne se vendent pas très bien en France. Mais écrire des nouvelles m’a donné envie d’écrire un roman. C’est ce à quoi je compte m’atteler dès maintenant.
15 - Pour vous, on commence à écrire parce ce que l’on a un juste personnage ? Parce que l’on a une histoire bien ficelée ? Ou c’est le mythe de la “page blanche” ? En ce qui me concerne, je suis plutôt sensible à une atmosphère, un climat. Je pars d’un « matériau » et écrire consiste ensuite à comprendre pourquoi j’ai été frappée par ce qui constitue ce matériau. Les personnages viennent ensuite. Cela dit,  pour le roman, qui demande du souffle, je pense qu’il set préférable d’avoir une petite idée des personnages et de l’intrigue avant de commencer …
16 - D’ailleurs, pourquoi écrivez vous ?  Parce que la vie telle qu’on la perçoit immédiatement demande à mon avis d’être complétée. Je la trouve trop étroite et, que ce soit à travers mon envie d’incarner des personnages au théâtre ou à travers l’écriture, j’ai besoin de la multiplier…
17 - Plutôt perfectionniste ? Ou grosse prise de liberté ? Perfectionniste. Je suis tombée dans la marmite très tôt. L’écriture est une contrainte mais, de cette contrainte naît une liberté extraordinaire.
18 - Pensez vous que vos écrits actuels pourraient être meilleurs si vous les écriviez avec quelques années en plus, ou les jugez-vous comme étant l’instantané d’une époque ?  Je ne me pose pas ce genre de question. Avec quelques années de plus, je n’écrirais peut-être pas les mêmes choses mais je pense que la musique des mots, le style sont intemporels. Ce n’est pas un hasard si l’on joue encore Molière, Marivaux ou Shakespeare. Leurs œuvres sont toujours d’actualité…
19 - “La fracture” est un recueil de nouvelles possédant plusieurs couleurs, plusieurs atmosphère ? Souhaitez vous continuer d’écrire sous cette forme ou seriez vous tentée par la forme plus courte, ou plus longue ?  Je compte m’atteler à l’écriture d’un roman car je dispose désormais de temps.
20 - Certains personnages de votre recueil semblent légèrement usurper l’identité de certains de vos proches ? Est-ce vrai ? Est-ce voulu ? Comment ces “proches” ont-ils réagi ?Je ne sais plus qui a dit que l’écrivain était un prédateur. Il est vrai qu’il peut être difficile de vivre avec un écrivain car, encore une fois, pour celui-ci, tout est matière, en particulier ses proches. C’est un risque évidemment, de se fâcher avec ses proches mais écrire est une épreuve d’authenticité. Impossible de tricher.  En ce qui concerne mes nouvelles, les proches qui se sont reconnus n’en ont pas pris ombrage. Je relevais une faille, une souffrance, rien de méchant à leur égard. Il y a juste une personne qui aurait pu être blessée en lisant la peinture que je fais d’elle mais je ne pense pas qu’elle ait lu mes nouvelles…
21 - Quel a été le personnage que vous avez pris le plus de plaisir à dépeindre? Question intéressante … Ce personnage-là, justement … Mais j’ai aimé également évoquer la femme qui s’ennuie dans son foyer. J’ai pris plaisir à dépeindre son éveil à la sensualité…
22 - Votre livre ne marque pas distinctement la frontière entre le rêve et le vie, entre l’onirique et la réalité, entre le songe et le vrai. Est-ce voulu ? Est-ce pour déstabiliser le lecteur ?  Ce n’était pas une volonté délibérée de ma part de déstabiliser le lecteur. Juste que je ne sais pas faire autrement. La réalité ne me satisfait pas. Heureusement que nous possédons le rêve et l’imaginaire pour sortir de notre condition. Et parfois, les choses lues, rêvées ou imaginées existent davantage et la réalité passe comme un rêve… Les frontières sont ténues…
23 - En tant qu’auteur, pensez vous qu’avoir une influence sur internet peut aider ?  Sans doute. Mais je suis pal placée pour répondre : je n’ai pas de site d’auteur, ni de blog, ni de facebook auteur… ! Il faudra que je songe à tous ces outils qui permettent un contact direct avec ses lecteurs. Mais je me méfie de l’approximation qui règne parfois sur Internet…
24 - Pour vous, quels sont les bons côtés du métier d’auteur ?  … et les mauvais ?  Le bon côté ? Je me rappelle la réplique d’un personnage dans  un roman américain.. En gros, il disait : « Si tu écris pour  être aimé ou pour séduit, détrompe-toi., ça ne marche pas. » Sinon, dire que l’on écrit engendre en général une réaction admirative. Mais nous sommes en France. Il y a toute une tradition de respect pour la littérature.  Les mauvais côtés, c’est que vous êtes tout le temps interrompu et que c’est difficile de garder le fil. Cela demande de la persévérance et vous éloigne parfois des autres…
25 - Des attentes particulières à propos de votre avenir en tant qu’auteur ?   Avoir un jour le prix Goncourt ou au moins le prix Fémina et être la coqueluche des émissions littéraires ! Trêve de plaisanterie, je serais heureuse si je pouvais simplement continuer à écrire des livres et susciter des échos chez mes lecteurs.

C’est lors d’un été particulièrement doux que l’occasion d’interviewer Anne Menant s’est présentée, auteur de nouvelles, ayant sortit son premier recueil : La Fracture. Entre rêve et réalité, conscient et onirique, elle est partit sur le micro évènement d’une fracture de cheville pour saisir sa plume. Commence alors un voyage initiatique et merveilleux, ou les portraits se dévoilent avec une élégance ciselée. Ainsi, un jeune homme choisit de rejoindre une femme dans un tableau d’art, un homme souffrant de ronflements voit s’effondrer son désir d’élévation, une remplaçante s’immisce dans la vie d’une enseignante qu’elle supplée, une journaliste invente des confessions intimes, une femme au foyer est atteinte de bovarysme, un homme ne reconnait pas ses invités et une muette tente de  clamer sa passion à l’homme qu’elle aime. Ces onze nouvelles rédigée par cette professeur de Lettres dans un style unique et savoureux qui nous amène tantôt le sourire, tantôt les larmes. Nous nous plongeons avec délice dans ces onze vies fracturées sans doute pour l’amour de la littérature.

1 - Quand avez vous commencé à écrire ? 
J’ai toujours écrit : de petits textes, des chansons, des débuts de romans ! Ah la la ! Qu’est-ce que j’ai pu en écrire, des débuts de romans ! La seule chose qui me manquait, c’est le temps … Et, du temps, j’en ai eu de manière inattendue lorsqu’après une chute de vélo, je me suis retrouvée immobilisée  avec une triple fracture de la cheville : cinq mois d’arrêt, c’était pour moi l’occasion rêvée d’écrire ! D’ailleurs, je me demande toujours si les accidents ne sont pas provoqués par notre inconscient afin que nous nous arrêtions et donnions une direction nouvelle à notre vie …

2 - Cependant, les études que vous avez suivies pour devenir professeur de français vous ont- elles aidée à acquérir une technique d’écriture ou n’ont elles rien changé ?
J’ai tendance à croire que dans le domaine de l’écriture, il est inutile de suivre des cours. Je suis issue d’une famille ultra-littéraire : mon père était un grand reporter, journaliste-écrivain qui avait obtenu le prix Albert-Londres en 1956 et ma mère écrivait des contes pour enfants. A la maison, il était interdit d’être bon en maths (ce n’était pas formulé directement mais la phobie des maths était telle chez eux qu’il était impossible de ne pas être contaminé par leur angoisse !). J’évoluais au milieu de livres écrits par les meilleurs auteurs (Steinbeck, Hemingway, Maupassant, Proust, et tellement d’autres que je ne peux pas les citer) et, même si je n’ai pas lu tous les livres de leur bibliothèque, j’en ai quand même lu quelques-uns, ce qui, mine de rien, m’a donné une idée du beau style… Ensuite, tout naturellement, j’étais en filière littéraire dure avec latin dès la sixième et grec ancien dès la quatrième jusqu’à mon année de maîtrise dont le sujet était : « Force et faiblesse dans les tragédies d’Euripide ». Donc, bien sûr, tout cela influence mais je ne peux pas dire que ce soient mes études qui m’aient aidée à acquérir une technique d’écriture. En revanche, la lecture mais aussi les ateliers d’écriture auxquels j’ai participé plus tard m’ont aidée à sauter le pas.

3 - Comment avez vous fait pour rencontrer votre éditeur et le convaincre d’éditer vos recueils de nouvelles ?
Tout simplement : je lui ai envoyé le manuscrit et il a aimé mes nouvelles !

4 - Est -ce que vous en profitez pour faire lire vos livres à vos élèves ?
Plutôt que de leur faire lire mes productions, j’aime les inciter à écrire, notamment par des exercices d’ateliers d’écriture comme par exemple écrire un court texte à partir d’une liste de mots qu’ils ont choisis ou à partir des lettres de leurs noms ou en n’utilisant aucun mot avec la voyelle e, comme Georges Perec dans son livre La disparition. Le résultat les étonnant : ils ne savaient pas qu’il étaient capables de produire des textes intéressants.

5 - Qu’est-ce qui vous inspire pour écrire ? 
Tout ce qui trouve un écho en moi : une phrase, une atmosphère, une interrogation, tout ce qui me met au défi de trouver des mots pour les formuler.

6 - Quels seraient vos conseils aux auteurs qui débutent? 
Lisez ! Toutes sortes d’auteurs.

7 - Enfant, vous vouliez être ?
Ecrivain ! J’ai gardé une rédaction de CM2 (on disait alors la 7ème !) qui en témoigne ! Je disais que je n’écrirais pas de phrases trop longues et, en disant cela, ma phrase faisait trois kilomètres ! Un peu plus tard, c’est le théâtre qui m’est tombé dessus comme un coup de foudre.  Je voulais être comédienne et je l’ai été, d’ailleurs, en m’inscrivant au cours Simon à Paris et en faisant partie d’une compagnie puis, comme il faut bien gagner sa vie, j’ai exercé le métier de  professeur de Lettres. Et maintenant, je reviens à mes premières amours…

8 - Et si vous étiez un animal ? 
Une gazelle pour courir avec bonheur dans la savane …

9 - Quand avez-vous pris votre plume pour la première fois en vous disant “Je vais être auteur” ?
Je ne me suis pas dit  : « Je vais être auteur » mais : « Je vais essayer d’explorer les raisons qui me poussent à écrire… »

10 - Quelles sont vos influences littéraires ?
Elles sont multiples : d’abord, le travail d’écriture  mené par mon père. Je voyais bien qu’écrire était un labeur. Je voyais bien qu’écrire pouvait se comparer au travail du joaillier qui reçoit une matière brute –les mots, pour l’écrivain, – et qui essaie d’en faire un bijou. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, les livres de la bibliothèque parentale, donc de la bonne littérature : en vrac, André Gide, Albert Camus, Maurice Clavel, Colette, Paul Nizan, Roger Nimier, Paul Morand, des écrivains qu’on ne lit plus beaucoup aujourd’hui… Parmi les auteurs contemporains, j’aime Jean-Paul Dubois, Emmanuel Carrère, des auteurs japonais et beaucoup d’autres encore.

11 - Un geste particulier avant d’écrire (un processus d’écriture) ? Pour écrire, vous êtes plutôt oiseau de jour ou de la nuit ?  
Pas de geste particulier avant de me lancer. Juste, m’asseoir à ma table, allumer mon ordinateur et me dire que je ne sortirai pas de là tant que je n’aurai pas écrit une page ! Cela dit, il est vrai que j’aime m’entourer de mes objets familiers et j’aime écrire à la maison parce que ma maison est pour moi la maison idéale…Pour répondre à la deuxième partie de votre question, je suis indéniablement un oiseau de nuit. J’aime la nuit et le silence qu’elle procure quand tout le monde est couché et qu’il n’y a plus aucun bruit extérieur en dehors des chouettes de mon jardin…

12 - Vous écrivez au le jour le jour, ou vous vous imposez un rythme régulier ?
Maintenant que j’ai arrêté mon travail de professeur, je compte me mettre à ma table toute la journée. Disons : deux heures d’écriture, une heure de balade et ainsi de suite… Car écrire est un travail physique  qui engendre une tension nerveuse. D’où mon bonheur d’habiter la campagne pour pouvoir alterner les plaisirs de l’esprit et les plaisirs du corps.

13 - Version informatique ou manuscrite ? 
Cela dépend. Quand je dispose d’une journée entière, j’écris à l’ordinateur mais, si ce n’est pas le cas, je prends mon petit carnet, je le glisse dans mon sac et je note, je grapille des phrases lues ou entendues car tout est matière pour l’écrivain. D’ailleurs, ce ne sont pas toujours des phrases lues ou entendues mais aussi parfois des pensées fugitives que j’essaie de fixer car elles sont comme des lucioles, elles brillent mais elles vous échappent très vite…

14 - Pourquoi avoir choisi la forme courte de la nouvelle ?
Parce que je ne me sentais pas le souffle pour écrire un roman. Par ailleurs, je suis moi-même une grande amatrice de nouvelles. J’aime leur format que je trouve pratique : on peut lire une histoire du début à la fin en prenant le train ou le métro tous les matins. Cela dit, il paraît que les nouvelles ne se vendent pas très bien en France. Mais écrire des nouvelles m’a donné envie d’écrire un roman. C’est ce à quoi je compte m’atteler dès maintenant.

15 - Pour vous, on commence à écrire parce ce que l’on a un juste personnage ? Parce que l’on a une histoire bien ficelée ? Ou c’est le mythe de la “page blanche” ?
En ce qui me concerne, je suis plutôt sensible à une atmosphère, un climat. Je pars d’un « matériau » et écrire consiste ensuite à comprendre pourquoi j’ai été frappée par ce qui constitue ce matériau. Les personnages viennent ensuite. Cela dit,  pour le roman, qui demande du souffle, je pense qu’il set préférable d’avoir une petite idée des personnages et de l’intrigue avant de commencer …

16 - D’ailleurs, pourquoi écrivez vous ? 
Parce que la vie telle qu’on la perçoit immédiatement demande à mon avis d’être complétée. Je la trouve trop étroite et, que ce soit à travers mon envie d’incarner des personnages au théâtre ou à travers l’écriture, j’ai besoin de la multiplier…

17 - Plutôt perfectionniste ? Ou grosse prise de liberté ?
Perfectionniste. Je suis tombée dans la marmite très tôt. L’écriture est une contrainte mais, de cette contrainte naît une liberté extraordinaire.

18 - Pensez vous que vos écrits actuels pourraient être meilleurs si vous les écriviez avec quelques années en plus, ou les jugez-vous comme étant l’instantané d’une époque ? 
Je ne me pose pas ce genre de question. Avec quelques années de plus, je n’écrirais peut-être pas les mêmes choses mais je pense que la musique des mots, le style sont intemporels. Ce n’est pas un hasard si l’on joue encore Molière, Marivaux ou Shakespeare. Leurs œuvres sont toujours d’actualité…

19 - “La fracture” est un recueil de nouvelles possédant plusieurs couleurs, plusieurs atmosphère ? Souhaitez vous continuer d’écrire sous cette forme ou seriez vous tentée par la forme plus courte, ou plus longue ? 
Je compte m’atteler à l’écriture d’un roman car je dispose désormais de temps.

20 - Certains personnages de votre recueil semblent légèrement usurper l’identité de certains de vos proches ? Est-ce vrai ? Est-ce voulu ? Comment ces “proches” ont-ils réagi ?
Je ne sais plus qui a dit que l’écrivain était un prédateur. Il est vrai qu’il peut être difficile de vivre avec un écrivain car, encore une fois, pour celui-ci, tout est matière, en particulier ses proches. C’est un risque évidemment, de se fâcher avec ses proches mais écrire est une épreuve d’authenticité. Impossible de tricher.  En ce qui concerne mes nouvelles, les proches qui se sont reconnus n’en ont pas pris ombrage. Je relevais une faille, une souffrance, rien de méchant à leur égard. Il y a juste une personne qui aurait pu être blessée en lisant la peinture que je fais d’elle mais je ne pense pas qu’elle ait lu mes nouvelles…

21 - Quel a été le personnage que vous avez pris le plus de plaisir à dépeindre?
Question intéressante … Ce personnage-là, justement … Mais j’ai aimé également évoquer la femme qui s’ennuie dans son foyer. J’ai pris plaisir à dépeindre son éveil à la sensualité…

22 - Votre livre ne marque pas distinctement la frontière entre le rêve et le vie, entre l’onirique et la réalité, entre le songe et le vrai. Est-ce voulu ? Est-ce pour déstabiliser le lecteur ? 
Ce n’était pas une volonté délibérée de ma part de déstabiliser le lecteur. Juste que je ne sais pas faire autrement. La réalité ne me satisfait pas. Heureusement que nous possédons le rêve et l’imaginaire pour sortir de notre condition. Et parfois, les choses lues, rêvées ou imaginées existent davantage et la réalité passe comme un rêve… Les frontières sont ténues…

23 - En tant qu’auteur, pensez vous qu’avoir une influence sur internet peut aider ? 
Sans doute. Mais je suis pal placée pour répondre : je n’ai pas de site d’auteur, ni de blog, ni de facebook auteur… ! Il faudra que je songe à tous ces outils qui permettent un contact direct avec ses lecteurs. Mais je me méfie de l’approximation qui règne parfois sur Internet…

24 - Pour vous, quels sont les bons côtés du métier d’auteur ?  … et les mauvais ? 
Le bon côté ? Je me rappelle la réplique d’un personnage dans  un roman américain.. En gros, il disait : « Si tu écris pour  être aimé ou pour séduit, détrompe-toi., ça ne marche pas. » Sinon, dire que l’on écrit engendre en général une réaction admirative. Mais nous sommes en France. Il y a toute une tradition de respect pour la littérature.  Les mauvais côtés, c’est que vous êtes tout le temps interrompu et que c’est difficile de garder le fil. Cela demande de la persévérance et vous éloigne parfois des autres…

25 - Des attentes particulières à propos de votre avenir en tant qu’auteur ?  
Avoir un jour le prix Goncourt ou au moins le prix Fémina et être la coqueluche des émissions littéraires ! Trêve de plaisanterie, je serais heureuse si je pouvais simplement continuer à écrire des livres et susciter des échos chez mes lecteurs.

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